|
AFFIDAVIT
DU PROFESSEUR STEPHEN A. KENT
CITY OF EDMONTON
PROVINCE OF ALBERTA
A comparu devant moi, autorité soussignée,
Stephen A.Kent, que je connais professionnellement, et qui après avoir dûment
juré, m’a affirmé ce qui suit:
1. Je soussigné, Stephen A. Kent , Ph. D. et professeur à l’université
d’Alberta, département de sociologie, au curriculum vitae joint plus bas,
déclare:
2. J’ai passé treize ans à étudier nombre d’organisations dont l"église de
scientologie. J’ai également publié, sous la revue de mes Pairs, des articles
universitaires sur la scientologie et déjà discuté de ses affirmations quant à
être une religion.
3. L’avocat du plaignant m’a demandé de fournir une opinion, basée sur mes
études, expérience et recherches, afin de savoir si la scientologie était
exclusivement et seulement une religion, si l’organisation de services de Flag
était seulement une organisation religieuse, si les "procédures
d’isolement" envers des gens perçus comme psy-
chotiques étaient une pratique
religieuse, si l’audition était seulement et exclusivement une pratique
religieuse et si le Rundown d’Introspection était une pratique
religieuse.
4. Ainsi que je l’explique ensuite, mon opinion est que la scientologie est
une organisation transnationale qui n’est pas exclusivement religieuse.
Parmi les activités non-religieuses, ses pratiques d’isolement de gens perçus
comme psychotiques et l’audition de psychotiques. Ces activités spécifiques sont
pseudo-médicales et pseudo-psychia- triques et non pas religieuses. Ces deux
pratiques collent à un but essentiel et laïque de la scientologie: l’éradi-
cation
de la psychiatrie et le remplacement des traîtements de santé mentale par les
traîtements scientologiques. Du fait que ces traîtements mentaux sont en partie
délivrés dans l’organisation de services de Flag, et pour d’autres raisons
développées ci-après, l’organisation de services de Flag n’est pas uniquement
une organisation religieuse dans son fonctionnement.
5.
Pour déterminer quel rôle – s’il y en a – la religion tient dans
l’organisation de services de Flag et dans les prati- ques qui s’y font, j’utilise
la définition de religion combinée avec les éléments classiques et substantifs,
tels qu’ils paraissent dans la littérature sociale scientifique: la religion
est un ensemble de croyances en des êtres ou forces surnaturels, liés à des
pratiques fournissant aux gens un sens profond et immuable de la signification
et de l’ordre. (ma définition).
6. Pour d’autres termes fondamentaux, j’utiliserai les définitions du
Dictionnaire Oxford. Par conséquent, quand je me servirai du terme
médecine, il s’agira de cette section de la connaissance et de la
pratique ayant trait aux soins, à l’amélioration et à la prévention de la
maladie chez l’humain, et concurremment, à la restauration et à la préservation
de la santé, et l’art de restaurer et préserver la santé d’êtres humains par
l’administration de remèdes, par les régimes, habitudes et conditions de
vie. Par psychiatrie, on entendra le traitement médical des
maladies du mental. Je me servirai souvent dans ce rapport du préfixe
pseudo- en discutant des pratiques
médicales et psychiatriques, ce qui
signifiera faux, contrefait, prétendu ou falsifié.
7.
Cette analyse est fondée sur les documents, décisions légales et études
universitaires sur la scientologie et ses pratiques.
I. VUE D’ENSEMBLE DE LA
SCIENTOLOGIE
8. Bref aperçu des doctrines:
Connu pour sa science-fiction de gare
avant et après la seconde guerre mondiale, L. Ron Hubbard (1911-1986)
introduisit les prémices de la scientologie, sous le nom de dianétique, en 1950.
La diané- tique affirme l’existence de ce qu’Hubbard appelait "le mental
réactif" et le mental analytique". Des incidents douloureux et des
incidents impliquant de l’inconscience sont imprimés dans le mental réactif,
incidents ayant pu se produire à tout moment de l’existence, y compris
prénatale. Ces incidents imprimés sont nommés engrammes, et divers
stimuli peuvent les activer de façon à provoquer un comportement irrationnel ou
nuisible. Le mental analytique ne serait au contraire pas sujet à ces influences
négatives, et le but de la dianétique consiste à libérer le mental analytique en
débarrassant le mental réactif de ses engrammes, ce qui résulterait en un état
connu sous le nom de Clair ou Clear. L’activité permettant de débarrasser
le mental réactif est connue depuis les premiers temps de la dianétique sous le
nom d’audition, et contenait alors des exercices dau cours desquels un
auditeur dirigeait l’attention d’un préclair ou préclear vers des
incidents passés de son existence, afin de découvrir et effacer des engrammes.
Hubbard disait que l’effacement d’engrammes soignait une large gamme de maladies
qu’il décrivait comme psychosomatiques, y compris, parmi d’autres, allergies,
arthrite, asthme, bursite, difficultés oculaires, migraines, maux de tête,
sinusites, certains ennuis coronariens, et ulcères. Hubbard disait aussi que la
dianétique pourrait réduire la folie au niveau d’une névrose. Bien que les
premiers praticiens dianéticiens aient parcouru des incidents de vies
antérieures dès la fin 1950, Hubbard continua à affirmer que la dianétique était
scientifique. Il ne déclara jamais à cette époque qu’il s’agissait d’une
religion.
9. En mars 1952, l’introduction par Hubbard d’un nouvel appareil appelé
électromètre améliora soi-disant l’aptitude de ses adeptes à
auditer/parcourir des incidents datant de cette vie ou de vies antérieures. Cet
appareil mesure la résistance électrique de la peau, car le préclair tient des
électrodes (le plus souvent, une dans chaque main). Les scientologues pensent
que cet appareil donne des indices exacts quant à des changements émotionnels,
et continuent à l’utiliser pour aider l’audition (et souvent, comme supposé
détecteur de mensonge).
10. Hubbard démarra ce qu’il appela "la "scientologie" au
printemps 1952, et l’introduisit alors comme une exten- sion de la supposée
science Dianétique, et non pas comme étant une religion. Ce n’est qu’en décembre 53 qu’il affirma que la
scientologie était une religion. Il y élabora davantage ses idées au sujet des
vies antérieures (y compris dans d’autres galaxies) qu’il ne l’avait fait en
dianétique. L’entité en laquelle croient les scientologues , qui continuerait
d’exister au cours de vies innombrables, s’appelle thétan; elle est grosso-modo similaire à une âme
ou à un esprit qui aurait oublié sa vraie nature.
En 1967, Hubbard annonça qu’il
avait appris que des thétans indivi-duels avaient été collés en conglo- mérats,
qu’il s’agissait d’entités perdues ou dans la confusion, des thétans de corps: ces thétans de corps collés
aux corps des gens seraient le résultat de milliards de victimes mortes alors
qu’un seigneur galactique malfaisant nommé Xenu les aurait capturés et expédiés dans des
zônes volcaniques de la terre, où ils les auraient soumis à des bombes H. Les
cours supérieurs de scientologie, nommés cours de "Thétan Opérant", ou "Thétan Opérationnel",
prétendent débarrasser l’individu et son corps des nombreux conglomérats de
"body thétans" effrayés ou confus.
11. En tant que réseau d’organisation liées, la scientologie insiste sur le
fait qu’elle serait religieuse lorsqu’elle s'auto-désigne désigne aux
Etats-Unis, Canada, Australie, et dans la plupart des pays européens. Pourtant,
en 1983, le scientologie entrait en Grèce en se déclarant association
philosophique et non religion. (Angelis, 1996#3) [100], et deux ans plus
tard, se déclarait philosophie scientologique en pénétrant au Japon. Elle
compromet donc elle-même par rapport à ses propres définitions lorsqu’elle
pénètre dans des pays dont les cultures pourraient ne pas réagir
favorablement à une incursion religieuse étrangère. (Kent 1999A, 155). Comme
le suggère l’auto-dési- gnation de la scientologie, l’organisation est bien
davantage qu’une organisation seulement religieuse. Sa structure complexe
internationale met activement sur le marché, promeut et publicise des matériaux
liés au management d’entreprises, à l’éducation, à la santé mentale, à la
réhabilitation des toxicomanes, à l’impôt, à la revitalisation morale
(ses propres termes) et aux loisirs (Kent 1999A 148). Je discute dans un autre
article des composants de la scientologie dépassant le fait religieux, pour y
inclure ses aspirations politiques, ses affaires commerciales, ses productions
culturelles, ses pratiques pseudo-médicales, ses prétentions
pseudo-psychiatriques et (pour les membres les plus dédiés ayant rejoint
l’organisation maritime, une structure familiale alternative (abstrait
dans Kent 1999b).
12. Dans le sens de ma conclusion quant au fait que la scientologie est bien
plus qu’une organisation religieuse, voici ce que dit M. Norman Starkey,
cadre général officiel de la scientologie, Fondé de pouvoir de la succession de
L. Ron Hubbard, en 1997, lors de la controverse portant sur les efforts
(finalement couronnés de succès) de la scientologie pour faire accepter ses
matériaux éducatifs dans le système scolaire californien (voir Helfand, 1997).
Starkey écrivit une lettre au directeur du Times Los Angeles, où il
annonçait qu’Hubbard avait écrit dans de très nombreux domaines. "Son livre
sur l’étude ne faisait pas partie de la religion scientologique, pas plus que ne
pouvaient l’être ses ouvrages nombreux de science-fiction" (Starkey, 1997).
Sans aller jusqu’à l’analyse du texte de Starkey, entre autres dans le domaine
de la fiction hubbardienne et de la doctrine scientologue, mon argument sur le
Rundown d’Introspection et les pratiques d’isolement qui l’accompagnent, vient
en parrallèle à ce que dit Starkey quant aux écrits hubbardiens. Enoncé sans
détour, le Rundown d’instrospection et les pratiques d’audition et isolement qui
y sont liées font parties des quantités prodigieuses qu’Hubbard écrivit en
matière de pseudo-médecine et pseudo-psychiatrie, et ne sont pas religieuses de
nature ou de contenu.
13. En 1956, Hubbard lui-même identifiait la scientologie comme une
psychologie et une science, et en niait précisément la nature religieuse.
La scientologie est cette branche de la psychologie qui
traîte [sic] de l’aptitude humaine. C’est une extension de la dianétique,
laquelle est en soi une extension de la psychologie de faculté d’il y a quatre
siècles…/… La Scientologie est en réalité une nouvelle psychologie tout à fait
fondamentale, dans le sens le plus précis du terme…/… elle peut changer et
modifie le comportement et l’intelligence et elle est en mesure d’aider et aide
les gens à étudier la vie. (Hubbard, 1956:
[1]).
14. Hubbard proclamait aussi, pour renforcer ses prétentions
scientifiques:
Des dizaines de milliers d’historiques de cas, de dossiers
individuels, tous sous serment, sont en possession des organisations de
scientologie. Aucun autre sujet sur terre, sauf la physique, n’a reçu un tel
banc d'essai.
La scientologie se place dans la définition des sciences,
elle est plus rigoureusement organisée que n'importe quel domaine portant cette
désignation. Elle dérive de très près d’axiomes définis uniformément observables
et applicables dans l’univers physique (Hubbard, 1956:
[2]).
Hubbard ne pouvait être plus clair quant aux affirmations
scientifiques.
15. Pour la religion, voici ce que disait Hubbard:
La scientologie n’est nulle part en conflit avec la vérité,
et l’on découvrira qu’elle colle à tous les faits connus de tous les domaines
qu’elle recouvre. Elle n’est en conflit avec aucune vérité religieuse. Elle
offre au contraire à toutes les religions, chrétienne, juive, bouddhiste,
mahométane [sic], agnostique, et
athée. Elle n’essaie pas de faire changer les croyances, doctrines ou crédos de
l’église de chacun, mais amène au contraire l’individu à une meilleure
compréhension de ces choses, quelles qu’elles soient
(Hubbard, 1956: [2-3]).
Hubbard est très clair quant au fait que dianétique et
scientologie sont des sciences psychologiques, que la scientologie n’est en
conflit avec aucun système religieux ou non religieux de croyance; dans ce
document, Hubbard dit donc que la scientologie n’est pas une
religion.
16. Les allégations d’Hubbard sur la nature pseudo-scientifique de la
scientologie, y compris dans le domaine médical et psychiatrique, font partie
des soi-disant"écritures" scientologiques. Par exemple, l’un des
dictionnaires scientologiques courants dit: "La scientologie reconnaît et
révère le leadership spirituel de L. Ron Hubbard en tant que fondateur et
Source de la philosophie religieuse de la scientologie (Hubbard, 1976,
486, [caractères gras dans l’original]). Par la suite, un groupe supérieur de
l’administration [scientologique] nommé Watchdog Committee pour l’église
internationale de scientologie [comité des chiens de garde etc., ndt] a
publié une lettre de règlements – une "policy directive" intitulée
"Intégrité de la Source" disant:
Par la présente, il est ici fermement affirmé en tant que
lettre de règlements de l’église que les PUBLICATIONS DE LRH (L. Ron Hubbard)
DOIVENT ETRE LAISSEES EN LEUR ETAT DE PUBLICATION.
Nul en dehors de LRH ne peut annuler ses
publications.
Nul en dehors de LRH ne peut réviser ses publications en
ajoutant des changements et en republiant le texte. Toute révision valide doit
donc faire l’objet d’une publication séparée
indiquant la modification et la façon de comprendre la
révision. Elle doit aussi indiquer pourquoi le changement a été effectué, par
exemple, en disant s’il s’agit d’une changement ecclésiastique ou d’un
développement technique.
Les modifications des règlements de l’église deviennent des
règles valides de l’église quand elles sont adoptées [par le Conseil de Direction]…
Cependant, la publication originale de LRH (quelle qu’en soit
la forme) demeurera intacte afin que l’original soit conservé tel quel. De cette
manière, ses écrits gardent leur intégrité et il n’y aura pas de mystère sur
l’auteur de la révision et les causes de cette dernière.
La seule occasion d’une révision d’une publication de LRH est
l’erreur typographique qu’on trouverait dans un original.
Les publications déjà existantes restent intactes et valides.
Tout changement ultérieur sera traîté au coup par coup.
Cette lettre de règlements permettra de remettre en place
l’intégrité de la Source
(Watchdog Committee for the Church of Scientology International,
1982, capitales et soulignements dans l'original])
Par conséquent, lorsque je cite Hubbard dans ce rapport, je cite
les sources qui DOIVENT rester telles quelles dans l’organisation scientologique à moins qu’Hubbard
n’en donne lui-même des
modifications.
II. L’ORGANISATION SCIENTOLOGUE DE SERVICES DE FLAG SERVICES ORG EST-ELLE
UNIQUEMENT ET SEULEMENT RELIGIEUSE ?
17. Cours — actuellement, la scientologie offre nombre de cours à ses
membres, en divers endroits. Les membres peuvent prendre des cours de niveau
inférieur dans des organisations locales, (nommées des "missions"); et
doivent aller dans des organisations plus importantes pour prendre des
"matériaux" plus avancés. L’organisation de services de Flag, Clearwater,
Floride, offre par exemple tous les cours fournis dans d’autres organisations
inférieures, et délivre quantité d’autres cours supérieurs, ainsi que certains
entraînement d’audition exclusifs. Selon une publication scientologue, Flag est
à la fois une retraite religieuse et la "plus grande organisation mondiale de
la scientologie (Church of Scientology International, 1992: 356). Les cours
et entraînements constituent ce que la scientologie nomme le Pont vers la
Liberté totale.
18. Il importe de faire observer la controverse tournant autour de la laïcité
ou religiosité des cours et auditions délivrés à l’organisation de services de
Flag. Par exemple, le rapport de la Charity Commission anglaise de fin 1999 a
décidé que la scientologie ne se qualifiait pas en tant que corps charitable
destiné à la progression de la religion (Charity Commission, 1999b: 1), pour
plusieurs raisons, dont l’une concerne la nature même de l’audition et des
cours.
Les Commissaires ayant considéré les activités
scientologiques d'audition et d'entraînement que la scientologie prétend
constitutifs d’adoration, ont conclu que l'audition était plutôt un genre de
thérapie ou de conseil, tandis que l'entrâinement tendait vers l'étude, et que
ni l'audition ni l'entraînement n'étaient démonstratrices en essence, de
révérence envers un être suprême, et qu'en tant que telles, les activités
scientologiques ne sont pas adoration au regard de la loi
Charity.
(Charity Commission, 1999b: 2).
Dans la version complète de la décision, les Commissaires ont
conclu:
que l’audition paraissait en essence très proche du conseil,
qu’elle se pratique d’individu à individu, et qu’elle s’adresse aux besoins de
l’individu recevant l’audition. Les scientologues eux-mêmes décrivent l’audition
comme du conseil (par exemple dans la présentation video faite aux Commissaires
de la Charity Commission pour l’Angleterre et le Pays de Galles). Globalement,
cela ne parait pas décrire l’audition comme adoration.
(Charity Commission 1999a: 25).
L’audition ne semble pas être par conséquent une activité
religieuse.
190. Pour l’entraînement scientologique, la Commission:
a par ailleurs conclu que l’entraînement scientologique,
impliquant une étude détaillée des œuvres de L. Ron Hubbard, selon des méthodes
particulières, manquait également des éléments de révérence ou de véné- ration
constituant l’adoration. L’entraînement scientologique paraît davantage
constituer davantage une activité éducative (acquisition de connaissances et
d’aptitudes pratiques pour appliquer la théorie et la technologie) qu’une
activité d’adoration ou religieuse dans le sens défini par les commisssaires
(Charity Commission, 1999a: 25).
L’entraînement scientologique ne semble plus religieux que
l’audition.
20. Dans le même ordre d’idée, les commissaires ont "considéré les
pratiques centrales de la scientologie, c’est à dire l’audition et
l’entraînement, et ils ont conclu que leur aspect privé joint à leur
inaccesibilité générale signifiait que ces bénéfices étaient de nature
personnelle, par opposition à nature publique." La commission a donc conclu que
l’application de la scientologie pour obtenir le statut charitable n’était pas
établie dans le but d’un profit public, et que les pratiques d’entraînement et
d’audition n’étaient pas religieuses. (Charity Commission, 1999b: 4; 1999a:
47-49).
21. B. Le système pénal scientologique. Le Projet Force de Réhabilitation
: c’est un facteur supplémentaire pesant à l’encontre de la prétention de
l’organisation de services de Flag quant à être uniquement religieuse; cela se
produit dans ses murs le RPF est du travail forcé et un
programme de ré-endoctrinement: ce programme n'est certainement pas religieux En
outre, il viole presque certainement un bon nombre de conventions de droits de
l’homme, comprenant : le droit à comparaître publiquement devant des juges
impartiaux, le droit à la liberté de pensée, le droit à ne pas subir
d’interférences illégales de la privauté ; le droit à des conditions de travail
justes et favorables ; et le droit à des conditions convenables de santé
physique et mentale.
22. Le RPF est un programme pénal que la scientologie fait fonctionner pour
corriger des violations prétendues de la part de membres de son organisation
d’élite (appelée Sea Org). Les chefs scientologues envoient des membres de la
Sea Org au RPF s’ils émettent certains mouvements d’aiguille de
l’élelctromètre lorsqu’ils sont conseillés (c'est à dire qu’ils
reçoivent ce que la scientologie nomme audition). L’électromètre est un
instrument lisant des réactions galvaniques de la peau. Les membres de la Sea
Org vont aussi au RPF lorsqu’ils ont des résultats de travail médiocres, des
indicateurs médiocres de personnalité (probablement du genre dépression,
grommelements, expression de doutes quant à la scientologie ou ses techniques),
ou qu’ils créent des problèmes (Boards of Directors of the Churches of
Scientology, 1977: 1).
23. Les règles officielles de scientologie permettent à une
personne de refuser le RPF si elle signe une démission de la Sea Org et/ou une
déclaration documentée sur son ou ses crime(s) supposé(s) en même temps qu’un
abandon de droit à toute action légale future à l’encontre du groupe (Voir
anonyme, nd). Cependant, hors officialité, il existe de nombreux récits de
membres de la Sea Org ayant été amenés au RPF contre leur gré. De plus, les gens
qui y sont expédiés et qui dévieraient des règles strictes peuvent être assignés
par leurs supérieurs à un program- me plus dur et plus punitif encore, le
RPF du RPF, et il est improbable
que ces assignations se fassent jamais au gré de la personne.
24. Le RPF implique: confinement forcé, travail physique
pénible, longues heures d’étude, diverses formes sociales de mauvais
traîtements, confessions forcées et (condition finale pour être libéré du
programme), des "lettres de succès " obligatoires (voir par ex.:
Boards of Directors of the Churches of
Scientology, 1980). Les condamnés demeurent au RPF pour un
temps indéterminé, et nous avons des récits d’anciens scientologues qui
indiquent que certains y demeurent pour des périodes dépassant largement un
an.
25. La scientologie fait tourner des programmes RPF en divers
endroits du monde (East Grinstead, Sussex, UK ; Copenhague, Los Angeles; Hemet
and Happy Valley, Californie; l’un d’eux se situe à l’hôtel Fort Harrisson de
Flag service Organization à Clearwater. Les récits publiquement accessibles de
personnes ayant fait la programme comprennent ceux de: Gerry Armstrong; Tonya
Burden; Dennis Erlich; Nefertiti [Pseudonyme]; Anne Rosenblum; Margery
Wakefield; et Hana Whitfield. L’ex-scientologue Lori Taverna a parlé du RPF lors
des auditions de la ville de Clearwater sur la scientologie, en 1982. Erlich a
déclaré avoir été enfermé dans une cage dans les sous-sols du Fort Harrisson
Hotel de l’organisation de services de Flag, et Whitfield a déclaré sous serment
avoir vu une femme (Lynn Froland, qui se trouvait au RPF du RPF) enchaînée aux
tuyaux dans le même sous-sol. Le RPF n’est pas une institution religieuse et il
n’en a apparamment pas été question lors de la discussion portant sur
l’exemption d'impôts pour statuts charitables entre l’IRS et la scientologie.
Son existence et son fonctionnement laissent à réfléchir quant aux aspects
religieux prétendus par Flag.
26. En 1984, le journal Clearwater Sun
écrivait un article sur le RPF. Il commence ainsi:
"Le jeune homme, selon toutes les apparences, un adolescent, est accroupi dans
le noir, récurant un escalier étroit sur six étages de l'ancien Hotel Fort
Harrisson, "la Base à terre de Flag", QG de l’église de scientologie.
Un journaliste questionne: Es-tu au
RPF?
Sir, répond-il calmement, levant les yeux de sa
tâche.
Oui, Sir, j’y suis.
Le RPF est le Projet Force de Réhabilitation, ce qui, selon
celui qui en parle, est soit "une approche de patron pour améliorer les
performances d’un employé dont le travail ne serait pas parfait", soit une
forme de punition pour des scientologues bannis, devant être punis pour leurs
mauvaises actions ou mauvaises pensées.
Deux autres personnes adultes, également habillées en shorts
bleus et vieilles chemises travaillent deux étages plus bas, récurant aussi les
escaliers. Elles ne disent pas un mot. Les anciens scientologues racontent qu’il
est interdit de parler au RPF, à moins que quelqu’un ne vous adresse la
parole.’
Ceux qui ont passé par le RPF au Fort Harrisson parlent du
terrible programme de travail, des 100 heures par semaine et des mois
d’humiliation et d’abus psychologiques sous la coupe d’autres
scientologues.
Mais leurs souvenirs vivaces de travaux forcés et d’abus sont
contredits par les déclarations de l’église de scientologie, qui prétend qu’il
s’agirait d’un "programme fait de leur plein gré". (Shelor, 1984:
1B).
27. Mis bout à bout, ces récits démontrent que le RPF a fonctionné dans
l’hotel Fort Harrisson des scientologues dès les premiers temps à Clearwater.
Depuis, la scientologie a ouvert un site internet dédié au RPF (Church of
Scientology International, 1996). J’ai toutes les raisons de penser que le RPF
fonctionnait alors que Lisa Mc Pherson était sur le Rundown d’Introspection (ou
d’autres programmes scientologiques), et qu’il fonctionne encore.
28. C. Centre de vacances : En plus de servir à l’organisation
de services de Flag pour délivrer les cours et abriter le système pénal du RPF,
cela sert aussi de centre de vacances. Une publication de Flag indique par
exemple:
C’est le moment choisi pour vos vacances à Flag
! Situé sur
la côté ensoleillée de Floride, "un vrai paradis de vacances", Flag offre une
large gamme d’attractions de loisirs. Le directeur social de Flag peut vous
aider à organiser les activités de votre choix. Les plages brillantes de
Clearwater ne sont qu’à quelques minutes, on trouve des attractions familiales
comme le centre Walt Disney et le centre EPCOT, les jardins Busch, le Monde de
la Mer, les jardins de Cyprès, et bien d’autres, accessibles chaque jour lors de
vos excursions. Les sports d’été vous rempliront de joie: ski nautique, voile,
surf, jogging, vélo ou tennis. Vous pouvez aussi simplement vous relaxer au bord
de la piscine et vous réjouir des toutes les activités de Flag! (Flag Crew
Church of Scientology Flag Service Org, Inc., 1989: [8]).
29. Autre annonce semblable, quelques années plus tard
L’été est parfait pour passer vos vacances à Flag ! Situé sur
la Côté ensoleillée, un paradis favori de vacances, Flag convient à toutes
sortes d’attractions de loisirs. Le directeur social de Flag peut vous aider à
organiser les activités de votre choix. Vos enfants
peuvent apprendre la voile à l’école de voile Sea Org des Cadets !
Les magnifiques plages blanches de la baie de Clearwater
ne sont qu’à quelques minutes de là. Des attractions et parcs à thème comme Walt
Disney, les Jardins Busch, Universal Studios, les Jardins des Cyprès et bien
d’autres sont tout près ou peuvent être visités lors d’excursions spéciales en
bus. Les enthousiastes des sports d’été peuvent jouir de ski nautique, surf,
jogging, vélo, tennis et bien d’autres activités. Venez dès maintenant à Flag et
profitez des conditions spéciales de logement
estival pour les visiteurs et vacanciers ! Amenez vos
amis et votre famille ! (Church of Scientology Flag
Service Organization, Inc., 1992: 11; [caractères gras dans
l’original])
30. En gros, Flag vous encourage à vous servir de ses locaux même si vous ne
prenez pas de cours, et de passer vos vacances avec famille et amis.
31. Cette description de l’hotel Fort Harrisson de l’organisation de services
de Flag sous les traits d’un vulgaire hotel correspond aux déclarations de
certains porte-parole de la scientologie à la mort de Lisa Mc Pherson. Les
officiels de l’église ont décrit la période de 17 jours grosso-modo comme une
sorte de séjour de relaxation et de repos. En effet, un des majors de
l’église a récemment suggéré que son décès aurait pu survenir dans n’importe
quel hotel. (Tobin 1997c: 7A). Le cadre général de l’église est Mike Rinder,
qui écrivit au St Petersburg Times dans un effort pour clarifier les
observations qu’il avait tenues dans une émission TV allemande, "Lisa Mc
Pherson est morte dans une chambre d’hotel".(Tobin, 1997b: 8A). Rinder
insiste dans ses explications: "Je cherchais à faire comprendre à une
audience allemande tout à fait ignorante de l’affaire que le seul lien entre
l’église et Lisa Mc Pherson, c’est qu’elle se trouvait dans une chambre d’hotel
de l’église, et que si c’était arrivé dans n’importe quel autre hotel, on n’en
aurait pas entendu parler dans les média." (Rinder quoted in Tobin, 1997b:
8A).
32. Durant leurs vacances, les scientologuess peuvent se rendre à la
librairie de Flag et acheter des produits non religieux qui leur permettront
d’étudier l’art de l’écrivain grâce à des recettes fournies par L. Ron
Hubbard. Une publication de la Base Flag explique aux lecteurs que, dans une
nouveau "magazine de Ron", le sujet ésotérique de l’art littéraire est amené
avec candeur et authenticité par Hubbard en personne puisqu’il faisait
partie des auteurs les plus lus et les plus endurants de science-fiction
populaire, avec 60 millions de mots à son crédit. Les lecteurs sont donc
encouragés à appeler la librairie de Flag pour commander leur exemplaire dès
maintenant (CSI, 1997: [27; emphase dans l’original]). Apprendre l’écriture
de fiction n’est pas une activité religieuse, mais une activité professionnelle
ou de soisirs.
33. L’observation globale de ces matériaux mène à dire que
l’organisation de service de Flag fait marcher un local qui fournit de
l’audition et de l’entraînement, plus proche du conseil et de l’étude que
d’activités religieuses. En plus de cette ambiguïté, l’usage de Flag pour faire
tourner un système pénitentiaire pour certains, et un centre de vacances pour
d'autres. Tout ceci mène à croire que l’organisation de services de Flag n’est
pas une institution religieuse.
III -LE RUNDOWN D’INTROSPECTION SCIENTOLOGUE:
S’AGIT-IL D’UNE PRATIQUE RELIGIEUSE ?
34. Si l’on veut parvenir à une conclusion quant à la
religiosité ou pas de la pratique du rundown d’introspection, il faut garder en
tête la triple intention du procédé. Il est censé corriger les conditions dont
souffrent les psycho- tiques, y compris leurs (fréquents) accès de violence et
destructivité (cf Hubbard 1991 I). Deuxièmement, il tente d’attaquer les
critiques réputés de l’organisation et/ou de l’idéologie scientologiques, et
troisièmement, il essaie d’éliminer la psychiatrie en introduisant un traitement
de la psychose qui rendrait la profession inutile. Selon les enseignements
d’Hubbard aux scientologues, l’introduction du Rundown d’Introspection
SIGNIFIE QUE LA SEULE RAISON EXISTANTE DE CONSERVER LA
PSYCHIATRIE A DISPARU (Hubbard, 1991: 1 [capitales dans
l’original]). Le désir d’Hubbard et ses tentatives pour remplacer la psychiatrie
par ses propres formules de "conseil" apparaissent dès la dianétique, qui
précéda la scientologie. L’examen des matériaux antérieurs en relation à
l’information subsé- quente en scientologie mène à la conclusion inévitable que le
Rundwon d’Introspection est fondamentalement une pratique pseudo-psychiatrique
(donc pseudo-médicale), et non pas une pratique religieuse. L’organisation de
services de Flag fournit les locaux du Fort Harrisson Hotel permettant à la
scientologie de s’engager dans ces pratiques pseudo-psychiatriques et
pseudo-médicales.
35. Deux des allégations fondamentales de l’audition
scientologique ou dianétique paraissent dès l’une des toute premières
publications dianétique. Dans l’édition d’Astounding
Science Fiction, Hubbard inclut ces
affirmations:
1. La Dianétique est une science de la pensée organisée à
partir d’axiomes définis, elle révèle apparemment l’existence de lois naturelles
par lesquelles on peut uniformément causer ou prédire le comportement d’une
unité organique ou de la société.
2. La Dianétique offre une technique thérapeutique grâce à
laquelle traîter toute maladie mentale inorganique et toutes les maladies
psychosomatiques organiques, avec la certitude d’une guérison complète des cas
non présélectionnés. Elle provoque une stabilité du patient "rendu clair" très
largement supérieure aux normes actuelles.
....
13. La dianétique établit une théorie de la maladie en dehors
du concept des germes, englobant – ont estimé des médecins compétents – la
guérison d’au moins 70 % des pathologies humaines.
(Hubbard, 1950a: 85, 86).
36. Pour résumer, Hubbard affirmait dès les premiers moments de l’existence
de son mouvement que la dianétique était une science thérapeutique pouvant
guérir 70 % des maladies, y compris mentales. La scientologie n’a jamais dévié
de ces croyances fondamentales (cf. par exemple, L. Ron Hubbard Library, 1996:
50) et elle a élaboré des procédures (surtout , l’Introspection Rundown) pour
tenter d’y parvenir.
37. Les premières affirmations d’Hubbard sur la dianétique apparurent aussi
en mai 1950 sous forme d’un ouvrage intitulé Dianétique, Science Moderne
de la Santé Mentale [renommé en France vers 1983 "Dianétique, la
Puissance de l’esprit sur le corps, pour des raisons politiques, ndt]. Le
seul titre met largement l’accent sur l'aspect pseudo-scientifique des
allégations sur ces nouvelles pratiques; Hubbard réïtère l’affirmation disant
que 70 % des maladies seraient psychosomatiques (Hubbard, 1950b: 108). Il
affirme aussi que la dianétique éliminerait la psychose. Il dit à ses lecteurs
on ne sait pas encore la durée moyenne pour élever un cas institutionnalisé à
un niveau névrotique: on y a réussi en deux heures, ou en dix, et dans certains
cas, il en a fallu deux cents. (Hubbard, 1950b: 206) Il ajoute, dans une
longue note de bas de page:
L’auditeur dianétique qui pratique uniquement avec des
malades institutionnalisés devrait se procurer lui-même [sic] le texte actuellement en préparation sur ce
sujet: les techniques sont similaires à celles décrites ici [dans le livre] mais penchent en direction de
mesures plus héroïques: le présent volume s'adresse au traîtement de la
personne normale ou du patient névrotique, masi pas assez pour être
institutionnalisé. Cependant, avec intelligence et imagination, ces mêmes
technqiues peuvent être appliquées avec succès à toute maladie mentale ou état
mental. La dianétique Institutionnelle consiste d'abord à réduire la folie au
niveau de la névrose. (Hubbard, 1950b:
206n.).
38. Les affirmations hubbardiennes sur l’efficacité de l’audition contre la
folie et la psychose (Hubbard, 1950b: 151, 152) étaient pseudo-médicales. Il
n’avait pas encore élaboré la scientologie ni les prétentions religieuses de ses
pratiques. Cet ouvrage reste cependant une lecture obligatoire pour les
scientologues, si bien que les prétentions de guérisons médicales sont
familières aux membres, y inclus le personnel de l’organisation de service de
Flag. Hubbard se référa d’ailleurs à cette note de bas de page quinze ans, puis
vingt ans plus tard dans des publications, dont l’une apparut environ trois ans
après le rundown d’instrospection.
39. Six mois plus tard, Hubbard écrit à nouveau sur la psychose. Ce texte est
d’intérêt historique considérable pour l’organisation scientologique qui
suivra, car il établit les bases du Code de l’Auditeur [coe de conduite]
et la règle à respecter en matière de psychotiques: l’organisation le
réimprimera en 1970 sous forme de lettre de règlements. Hubbard y
écrit:
Toutes les écoles du mental du passé ont été victimes de
l’irrationalité connue sous le nom de psychose. La dianétique, qu’elle ait ou
non la solution de la psychose, n’y fait pas exception. Les psychotiques, les
gens ayant un passé connu de crises, de tentatives de suicides, de tendance
homicides, risquent néanmoins de demander l’instruction
dianétique.
.../…
Si l’on découvre un psychotique, il peut être envoyé à
l’audition (s’il s’agit d’une cas moyen, non suicidaire), ou rejeté. Lorsque la
fondation Dianétique possèdera des locaux adaptés à la rétention des
psychotiques, ceux qui auraient été repoussés peuvent être expédiés à cette
unité capable de les recevoir. Des efforts sont en cours, et d’autres en projet,
pour procurer des possibilités sanitaires où l’on pourra s’occuper de les
traîter par la dianétique. (Hubbard, 1970a:
1)
40. On peut estimer très probable qu’après avoir reçu l’exemption d’impôt de
la part de l’IRS en 1993, les sciento- logues aient pensé que les locaux tels que
ceux de l’organisation de services de Flag, Hotel Fort Harrisson, conve- naient
pour le traîtement de psychotiques comme Lisa Mc Pherson.
41. L’animosité exercée à l’encontre de la psychiatrie et du traitement
psychiatrique apparaissent début 1951 dans une lettre de nouvelles publiée par
la Fondation Hubbard de Recherches Dianétique. L'un des instructeurs, David E.
Cary, mourut de meurtre/suicide commis par sa femme psychologiquement dérangée,
Helen. (Los Angeles Times, 1951). Helen devint suicidaire et prit une
overdose de pilules pour dormir. Elle recommença plusieurs fois. Son mari arriva
à temps à chaque fois. Des psychiatres furent appelés. Mais le dernier
jour de son existence, Helen acheta un révolver, tua son mari et se supprima. Le
dianéticien relatant la triste nouvelle concluait:
Directement ou indirectement, Helen et David Cary sont deux
victimes à ajouter à la liste des inaptitudes et inepties psychiatriques. Nous
essayons de ne pas être virulents en dépit du fait que cela nous ait frappés.
Mais même avec une attitude clinique, nous ne pouvons nous empêcher de penser
aux millions de gens ayant des raisons similaires de craindre les échecs de la
psychothérapie reconnue. Oui, David Cary fut attiré par la dianétique, parce que
la psychiatrie avait échoué. Il
l’apprit vraiment, car il voulait aider la femme qu’il aimait, mais ses efforts
pour l’auditer rencontrèrent une résistance énorme (Leonard, 1951:2).
42. L’animosité envers la psychiatrie, le désir (souvent sans la moindre
preuve concluante) de lui assigner les raisons de la tragédie, existaient dès le
départ dans la communauté dianétique, et firent tache d’huile dans la
sous-culture scientologique.
43. Cette animosité envers la psychiatrie entra en scientologie, Hubbard et
ses adeptes continuant à prétendre une efficacité curative des techniques qu’ils
avaient développées. Par exemple, Hubbard disait en 1952 d’une technique nommée
"processus associatif" élaborée par l’inventeur de l’électromètre Volney
Mathieson:
La technique peut être considérée, par rapport à la névrose
ou à la psychose, comme indispensible [sic, même faute
que dans l’original en anglais] à l’auditeur et au
psychanalyste. Il est délicat dans cette situation de trouver, parmi les
bafouillements du patient, le matériel qui, une fois mis à jour, pourrait
éloigner le stress.
Malgré son importance, le processus associatif exige peu de
connaissances techniques ou d’information. Il peut servir à ceux possédant une
instruction élémentaire sur l’électromètre, dans le genre "comment on
l'allume, comment on le branche et comment on garde l’aiguille sur le
cadran".
On donne les électrodes au patient ; s’il est très perturbé,
on les lui attache sur les mains au moyen de sparadrap, et l’on met un moufle
sur l’une d’elles pour empècher qu’il ne les cogne et ne perturbe la lecture de
l’aiguille. (Hubbard, 1952: 5).
44. Insistons ici sur l’instruction d’usage de la force pour coller le
patient psychotique sur les électrodes.
45. Fin 1953, Hubbard publiait des instructions dans la Lettre de Nouvelles
du Conseil scientologique, sur la façon de manier les cas psychotiques, et
certaines de ses instructions continuèrent à apparaîtres des années durant dans
les publications scientologiques.
Etape VII CAS PSYCHOTIQUES, qu’ils soient dans ou hors du
corps.
Le psychotique semble dans un état si désespéré que
l’auditeur se trompe souvent en utilisant des méthodes plus désespérées qu’il ne
le faudrait. Servez-vous des moyens les plus légers possibles.
Donnez au cas [c’est à dire, au
psychotique] de l’espace et de la liberté, si faire se
peut. Faites –lui IMITER (et non faire le MOCK-UP de choses
diverses [mock-up signifie créer une image imaginaire
de]. Faites-lui faire de la DIFFERENTIATION DU TEMPS
PRESENT.
Faites-lui dire la différence entre des objets en les lui
faisant vraiment toucher. Faites-lui localiser, différencier et toucher des
choses qui sont réellement réelles pour lui (de vrais objets ou
éléments).
S’il est inaccessible, imitez-le dans son propre corps,
jusqu’à ce qu’il entre en communication. Faites-lui localiser les coins de la
pièce et les tenir sans penser. Dès qu’il est en communication passez à l’étape
VI [mentionnée plus haut dans le document]
MAIS ASSUREZ-VOUS VRAIMENT qu’il modifie les mock-ups
jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’il s’agit de mock-ups, que ça existe et que
c’est lui qui les fait.
N’auditez pas d’engrammes. Il est psychotique parce que ses
points de vue dans le temps présent sont si rares qu’il est parti dans le passé
chercher des points de vue dont il sait au moins qu’ils existaient. Grâce à la
DIFFERENTIATION DANS LE TEMPS PRESENT, au toucher des objets, redonnez-lui son
idée d’abondance de points de vue dans le temps présent
(Hubbard, 1953: [6; capitales et soulignés dans le texte
original])
Les directives pour obtenir que le psychotique se localise
lui-même dans le présent et dans le lieu présent, jointes aux techniques
d’imitation destinées à obtenir qu’il se réoriente, sont des thèmes récurrents
(et simplistes) apparaissant dans diverses publications.
46. Autre exemple des premiers temps: déclaration portant sur le traitement
des psychotiques parue en janvier 1954, sous la plume d’une membre de
l’Association Hubbard des Scientologues.
Le but de la scientologie est un monde sain. Cela peut
s’atteindre, mais seulement en libérant les gens de leurs aberrations et du
contrôle des autres. Les techniques peuvent être utilisées pour traîter les gens
gravement atteints et les malades mentaux, et il n’existe aucune raison de ne
pas le faire...(O’Connell,
1954: 5).
47. Vers la même période, Hubbard discute à nouveau de certains aspects des
auditions des psychotiques; le texte paraît début 1955:
L’auditeur qui voit un psychotique essaie de comprendre
l’incompréhensible, et s’il fallait cesser d’utiliser le mot psychotique, on
pourrait utiliser le terme d’incompréhensétique
[sic], qui conviendrait parfaitement
bien.
S’il n’a pas cette compréhension de l’incompréhensible,
l’auditeur auditera le psychotique, mais avec des difficultés considérables. La
meilleure façon de manier un psychotique, c’est la forme physique, en lui
faisant imiter la forme physique. Nous avons donc notre premier niveau
d’imitation, et nous plaçons alors un coin de communication. (Hubbard, 1955: 1-2).
48. Ces directives confuses et vagues données aux auditeurs semblent
impliquer qu’il leur faut parvenir à faire communiquer les psychotiques avec
autrui, (et exprimer leurs pensées), grâce à des procédés d’imitation. Bien que
rien ne montre que des scientologues aient tenté de faire ces procédés sur Lisa
Mc Pherson, ils croyaient pourtant pouvoir entrer en communication avec elle
grâce à l’audition. (cf. Hubbard, 1974a: 240-241), qui paraît être du même ordre
que les techniques simplistes de mimique envisagées auparavant par Hubbard. Il
n’y eut pas d’audition de Lisa Mc Pherson. Selon l’avocat et porte-parole
scientologue Elliot Abelson, Lisa Mc Pherson était inéligible pour recevoir
de l’audition [au Fort Harrisson] parce qu’elle avait des difficultés
pour dormir L’audition n’est pas pratiquée sur ceux qui manquent de sommeil,
moins de six à huit heures, disait-il. Une personne doit aussi être
stable pour recevoir de l’audition, a-t’il ajouté. Vers le milieu de son
séjour, Lisa Mc Pherson commença à taper dans les murs, dit-il. "Elle se
trouvait en quelque sorte en mode destructif" (Abelson cité par Tobin,
1997a: 12A). Par conséquent, même si les scientologues considérent l’audition
comme un exercice religieux, Mc Pherson n’y a pas participé durant les 17 jours
précédant sa mort à l’hotel Fort Harrisson.
49. En 1956, une discussion on ne peut plus claire d’Hubbard sur les pouvoirs
affirmés de guérison de la folie. Expliquant un "domaine d’application de la
science psychologique" il disait:"nous avons assumé le contrôle sur la
folie, la névrose, et l’aberration et pouvons vraiment les faire disparaître.
Dans le Livre Un, Dianétique Science moderne de la Santé mentale, on
avait des techniques qui exposaient puis faisaient disparaître toute
manifes- tation connue dans le domaine de la folie, ainsi que toute aberration.
(Hubbard, 1956: [3]). C’est à nouveau une description de la scientologie
sous les traits de science, et non pas de religion, en mesure de traîter la
folie.
50. Au fur et à mesure de l’évolution de la scientologie, Hubbard continuait
à écrire sur la psychose, la folie et les psychotiques. Il produisit en 1960 un
nouveau bulletin intitulé Nouvelle définition de la psychose où il
conclut Un psychotique est une personne ne pouvant recevoir d’ordre d’aucune
sorte, qui reste là sans bouger ou devient folle à la seule idée qu’un autre
déterminisme puisse lui faire faire quelque chose. Vous voulez savoir si
quelqu’un est fou? Donnez-lui un ordre simple. (Hubbard, 1960).
51. Document remarquable de 1968 sous la plume d’Hubbard: il y écrivit qu’il
se croyait en guerre avec son orga- nisation contre toute la profession s’occupant
de santé mentale dans le monde. Dans une Directive de l'Exécutif
intitulée La Guerre, Hubbard proclame: La psychiatrie et la Santé
Mentale est [sic] choisie pour véhicule destiné à détruire l’Occident! Et
nous sommes en travers de leur chemin. (Hubbard, 1968: 1). Sur le défi
scientologie/ psychiatrie, Hubbard déclarait également: C’est une guerre
coriace. Ce n’est pas fini. Notre erreur fut de ne pas prendre le contrôle
absolu de tout ce qui concerne la santé mentale en Occident. Bon, nous allons y
parvenir. (Hubbard, 1968: 2). Il annonçait à nouveau deux ans plus tard
"Je travaille à cohérer [sic, litt. de l’anglais cohere, ndt] tous
ceux qui sont actuellement entraînés par une association professionnelle dans
tous les pays et à préparer la prise en charge de toutes les institutions
s’occupant de santé mentale et d’appropriations sociales sur la planète.
(Hubbard, 1970b: 3).
52. Du milieu des années 60 jusqu’au début des années 70, Hubbard écrivit
beaucoup sur la psychose. On ne peut pas vraiment dénouer l’ensemble de ses
affirmations et recommandations quant à la psychose à cette époque, sinon pour
dire qu’il rejetait l’idée que la psychiatrie puisse soigner la folie, tout en
affirmant que la scientologie le pouvait. On trouve ici et là de nouvelles
assertions pseudo-psychiatriques sur les conditions mentales et les traîtements
supposés les guérir. Par exemple, Hubbard identifie en 1965 ce qu’il appelle
le PTS Type Trois [source potentielle de trouble type trois, ndt]:
"quelqu’un qui est en tel état qu’il est généralement dans une institution ou
devrait s’y trouver. (Hubbard, 1965: 3). La folie de ce type de personne
provient du fait qu’elle a été submergée par un SP [une personne
suppressive; une ennemie de la scientologie] au point que trop de gens
paraissent alors être des SPs pour elle. (Hubbard, 1965: 3).
53. Hubbard conseillait de s’opposer à l’institutionnalisation d’un individu
PTS 3, car ça ne faisait que le mettre à la maison de fous. Il ordonnait
aux scientologues de donner à la personne PTS 3 un environnement relativement
sain, calme, du repos et aucun traitement de nature mentale …/… des soins de
nature très abrutales [sic, litt. de l’anglais unbrutal] tels
alimentation par intra-veineuses et soporifiques (pilules pour dormir et pour
calmer) peuvent être nécessaires. Ces gens sont souvent également malades d’une
maladie ayant des remèdes médicaux (Hubbard, 1965: 4). Par
conséquent, Hubbard donne dans ce bulletin des recommandations à la fois
pseudo-médicales et pseudo-psychiatriques sans qu’un contexte religieux soit
impliqué.
54. Hubbard affirme donc ici que la personne se calmerait suffisamment pour
qu’on puisse l’auditer, ce qui conduirait finalement à découvrir et guérir la
cause de la folie. Il recommande spécifiquement une intervention médicale (il
n’était pas qualifié pour le faire). Il ajoute cependant quelque chose qui
s’applique au procès de la succession Lisa Mc Pherson: Mais il y aura
toujours quelques échecs, car le malade mental se retire parfois dans une
inconscience rigide lui servant de défense finale; parfois on ne peut le
maintenir en vie, parfois ils est trop fébrile et agité pour qu’on puisse jamais
le ramener au calme." (Hubbard, 1965: 4). Il ne dit pas ce qu’on doit faire
dans ces circonstances. Il est plus que probable que les directives de ce
bulletin aient influencé l’avènement du Rundown d’Introspection, et il pensa que
ça tenait la promesse faite dans Dianétique, Science moderne de la Santé
Mentale, à propos de l’établissement de la dianétique
institutionnelle. (Hubbard, 1965: 4).
55. Il reparla de la psychose en 1966 dans un article intitulé "Psychose,
Nevrose et psychiatres", insistant: Toutes les névroses et psychoses
sont DES CAPACITES EXAGERES, CONCENTREES, et nous avons en scientologie la
méthode standard pour éradiquer l’une de ces psychoses ou névroses"(Hubbard,
1966a: 4 [capitales dans l'original]). Les techniques scientologues à
l’esprit, Hubbard conclut pour ses adeptes: Si vous comprenez tout à fait que
l’affaiblissement de la psychiatrie provient de ce qu’ils n’ont pas compris la
santé mentale, il n’y aura plus de spécialiste de la folie au-delà de ce
point. (Hubbard, 1966a: 6).Il écrivit également en 66 un article intitulé
Psychotiques où il annonce La thérapie complète pour un psychotique
institutionnalisé, c’est à dire en fait, la victime d’un véritable psychotique,
consiste seulement à localiser le véritable psychotique dans la vie de la
personne. Il y a une réponse magique ici: la technologie existe, et s’appelle
"Recherche et Découverte" [Search and Discovery, un procédé, ndt]; c’est
un exercice spécifique d’audition en scientologie (Hubbard, 1966b: [6]).
Hubbard ne dit pas non plus ici que ce remède suposé puisse être pratique
religieuse.
56. En 1969, il écrit un paragraphe sur la question du traîtement des malades
mentaux, qu’il ordonne de placer dans les "séries médicales"L’usage de la
dianétique pour les médecins.
On devrait permettre le repos à quelqu’un qui est
momentanément dérangé mentalement suite à un choc émotionnel et lorsqu’il n’y a
pas de maladie médicale, puis on devrait le manier au moyen d’un
assist [procédé d’assitance, ndt] comme indiqué plus haut [dans ce
bulletin], ou par de l’audition dianétique normale. Le
repos et l’absence de contrainte supplémentaires remettront le plus souvent la
personne dans son état normal en peu de temps, quelques jours peut-être, mais
pas si cela se passe dans une atmos- phère terrorisante, par exemple dans un
hopital psychiatrique, où le patient risque d’être blessé ou
tué. (Hubbard, 1969: 3).
Ses commentaires quant au risque d’être tué en hopital
psychiatrique paraissent ironiques quand on songe à ce qui s’est passé pour Mlle
Mc Pherson en scientologie.
57. Fin 1970, longue explication sur la psychose dans un bulletin qui ne
parle que de ce sujet. Hubbard: Grâce à de légers changements de procédure
pour quelques préclairs, j’ai réussi à découvrir les motifs et mécanismes
sous-jacents à la psychose… l’amélioration de la condition de folie a été
atteinte et l’on peut considérer atteint ce que je disais en note de bas de page
de DMSMH à propos de la recherche future. (Hubbard, 1970c: 1). Ce bulletin
est important du fait qu’Hubbard prétend avoir découvert des dimensions plus
graves à la psychose et à la folie, que la psychiatrie ne le disait. Ces
nouvelles dimensions sont une fois encore les mêmes: les personnes
suppressives [souvent identifiées comme ennemies de la
scientologie]
58. L’opposition à la scientologie est donc considérée comme un acte de
folie, les gens qui s’opposent à elle étant dès lors classés parmi les malades
mentaux. Un aspect significatif dess efforts de la scientologie pour contrôler
les membres qui désirent quitter l’organisation (tels Lisa Mc Pherson) consiste
donc à les manier comme des opposants psychotiques.
Lorsqu’Hubbard identifiait
ainsi la meilleure méthode pour qu’un C/S [un superviseur des cas, dans
l’audition] sache détecter les malades mentaux, six ou sept des
caractéristiques qu’il donne ont trait au fait de lutter contre la scientologie
ou de lui faire du tort.
1. Prétendre accomplir son travail et ses
devoirs, alors que le résultat réel régulier est destructif pour le groupe en
termes de casse, d’affaires manquées, d’objets égarés
etc.
2. Le cas ne fait pas de progrès, ou fait
des hauts et des bas, et démontre donc des symptômes PTS
[source potentielle de troubles: une personne de ce type ne peut faire de
progrès parce qu’elle serait liée à un ennemi de la scientologie ou à un
suppressif]
3. Ils sont habituellement chroniquement
physiquement malades
4. Ils ont une haine profonde mais
soigneusement cachée envers quiconque tente de les
aider
5. Quand il "aident", le résultat de
leur aide est blessant.
6. Ils cherchent souvent à être
transférés ou souhaitent partir
7. Ils sont impliqués dans des conflits
invisibles aux autres . On se demande comment ils peuvent être si impliqués dans
tant d’hostilité (Hubbard, 1970c:
1-2).
59. Inutile d’ajouter que Lisa Mc Pherson démontrait certainement la sixième
caractéristique (désir de s’en aller); mais Hubbard ne laissait aucune place à
ceux qui veulent s’en aller pour des circonstances objectives impliquant la
scientologie.
60. Tout au long de ce document de 1970, Hubbard passe de l’attaque envers la
psychiatrie à son maniement de la folie et à sa définition élargie des
psychoses, qui inclut l’étiquetage des ennemis de la scientologie parmi les
malades mentaux. "Le psychotique est motivé par l’intention de faire
du tort, déduisait Hubbard. Chez le psychotique, ces intentions sont tout
à fait conscientes. @
(Hubbard, 1970c: 2). Ces réalisations importaient à Hubbard puisque, dit-il:
j’ai réalisé depuis longtemps qu’il nous faudrait être en mesure de manier la
psychiatrie, puisqu’elle faiblit. J’ai eu l’occasion de travailler là-dessus. Et
je l’ai manié [sic] (Hubbard, 1970c: 4).
61. Le Rundown d’Introspection apparaît pour la première fois le 23 janvier
1974, puis est révisé deux fois au 1er novembre. La révison de
novembre explique qu’il n’a jamais existé de remède à la psychose avant
ça. (Hubbard, 1974a: 346 [soulignement dans l’original]). Après avoir
prétendu que cette procédure résulte du fait qu’un auditeur ait ramené dans
le présent une personne ayant eu une crise de démence, Hubbard proclame
CELA SIGNIFIE QUE LA DERNIERE RAISON D’ETRE DE LA PSYCHIATRIE a disparu.
(Hubbard, 1974a: 346 [cap. dans l’original]). Contrai- rement aux conclusions
d’Hubbard en 65, (disant de ne pas auditer un PTS type 3 tant que la personne
n’est pas calmée), Hubbard ordonne aux scientologues d’isoler le psychotique, de
ne pas lui parler, de lui donner des vitamines et minéraux spécifiques, et
d’entamer l’audition. (Hubbard, 1974a: 347).Le superviseur de cas, pas compétent
en principe en matière médicale ou en psychiatrie, a le pouvoir et la
responsabilité de décider le moment où la personne ayant eu la crise deviendrait
suffisamment sûre pour qu’on arrète sa quarantaine d’isolement. (1974b: 261). La
version révisée en 1991 ajoute une bonne série de questions à celles de 1974
(Hubbard, 1991: 3-23), et enlève les mots finaux joyeux d’Hubbard "LA PLANETE
EST A NOUS." (Hubbard, 1974a: 353).
62. Dans l’ouvrage majeur de l’église de scientologie de Californie
Qu’est-ce que la Scientologie (1978), l’organisa-
tion émet une déclaration
claire et forte disant que la scientologie est capable de soigner les psychoses.
Dans la sous-section intitulée les réussites de la scientologie,
l’organisation écrit:
La scientologie fut la première à effectuer une percée
technique au sujet de la psychose (qui signifie un désir obsessionnel de
destruction). La cause véritable de la psychose fut isolée en 1970, et elle
s’avéra tout à fait correcte au cours des années qui suivirent. L’homme n’a
jamais été en mesure de résoudre les crises de démence. En fait, l’homme craint
le dément, et en désespoir, il l’amène à manier chez la psychia- trie. La
psychiatrie, désespérée à son tour, manquant de technologie efficace, n’a rien
de mieux que d’user de techniques barbares telles les drogues dures, les
électrochocs et les chocs insuliniques qui ne font qu’à demi tuer la personne et
la supprimer. Le fait est qu’il n’a jamais existé jusque là de remède à la crise
de démence. (Church of Scientology of California, 1978:
5).
63. C’est une déclaration nette du fait que la scientologie prétend soigner
les psychotiques, résultat que la psychiatrie n’aurait pas atteint,
dit-elle.
64. Considéré d’un contexte historique, le Rundown d’Introspection est le
sommet des thérapies pseudo-psychia- triques et pseudo-médicales ayant débuté
avant même la dianétique et passant par la scientologie jusqu’à nos jours. Rien
n’est religieux dans le Ruindown d’Introspection. Hubbard annonce son intention
laïque de détruire la psychiatrie: Lisa Mc Pherson est tombée, victime de
l’organisation de services de Flag, dont les membres suivent les règles
scientologiques. Dans sa réponse aux questions que je lui ai posées: "Est-ce
que la pratique sciento- logue consistant à isoler des gens qui souffrent
apparemment de détresse grave est religieuse?", et "La pratique de
l’audition est-elle religieuse", l’avocat du plaignant a répondu: "je dois
répondre que "non" dans le contexte du Rundown d’Introspection. Dans ce
contexte, les deux sont des pratiques psychiatriques que des gens non qualifiés
imposent et qui sont fondées sur des affirmations non scientifiques de la
main du fondateur de la scientologie.
IV. HISTORIQUE SCIENTOLOGIQUE DE L’ISOLEMENT ET DES
TENTATIVES POUR TRAITER LES MEMBRES MENTALEMENT
PERTURBES
65. L’isolement de membres paraissant avoir de graves problèmes
psychiatriques commence très tôt dans l'organi- sation scientologique. Vers
mi-1955, une personne nommée Estrid Anderson Humprheys a obtenu un arrangement
hors des tribunaux lors d’un procès de 9000 $ [environ 400'000 F de nos jours,
ndt] engagé contre L. Ron Hubbard, l’église de scientologie, la fondation
Hubbard de recherche dianétique, l’association Hubbard des sciento- logues et
d’autres, expliquant que sa maison (proche de Phoenix, Arizona) avait été
gravement endommagée par des gens, disait la plainte, à l’esprit
sérieusement dérangé, placés là pour traîtement et soins. La plainte disait
que ces gens dérangés avaient cassé des fenètres, arraché les montants, les
cables électriques, détruit et défoncé des murs et des plafonds, des portes et
encadrements, les cabinets et commis d’autres dégâts. (Gazette,
1955b; Republic 1955a, 1955b).
66. Autre récit d’enfermement par la scientologie de quelqu’un qui avait de
graves ennuis mentaux: celui-ci se trouve dans la déposition sous serment d’un
ancien membre, Homer Schomer, lors de son passage à bord de l'Apollo,
dans les années 70. Il parle d’un dénommé Bruce (ex-beau-frère de la
scientologue connue Ann Broeker); Schomer raconte:
Il était enfermé dans une cabine à l’avant du bateau, depuis
pas mal de semaines, peut-être de mois; il avait l’air…, il aurait fallu qu’il
soit dans une cellule capitonnée, avec une camisole de force, car si vous aviez
vu la cabine après son passage, il avait tout détruit, arraché le bois des murs,
et vous savez, il mangeait et dormait dans ses propres excréments. Il essayait,
vous savez, de faire des trous dans la porte, et durant les premières semaines,
ils essayaient seulement de le traîter, vous savez, ils pensaient qu’il se
reposerait. (Schomer, 1985: 30).
67. Dans les deux cas cités, le comportement violent rappelle celui de Lisa
Mc Pherson. Le nom de Marianne Coenan, 31 ans, rappelle aussi le récit de son
enfermement par sa famille dans une sorte de cellule faite dans une chambre de
la maison proche de Los Angeles. Lorsque les autorités la découvrirent, elle
n’avait qu’une chemise et des pantalons, mais pas de chaussures. Ses jambes
étaient pleines de coups, elle portait des griffures au cou et aux poignets,
mais n’était pas blessée davantage. (Freed and Ahn, 1990: B1). Les récits de la
presse font largement penser que sa famille l’avait placée sur le Rundown
d’Introspection (Lee and Johnson, 1990: B15)
68. Voici une autre mention d’un scientologue placé sur le rundown
d’instrospection, apparue dans le témognage sous serment d’une ancienne membre,
Stacy Brooks Young:
116. En Scientologie, on m’a assigné la tâche de garder une
jeune fille d’une vingtaine d’années qui était devenus PTS Type 3 a^près avoir
été forcée à couper toute communication avec sa famille, parce qu’ils étaient
perturbés par son engagement en scientologie. L’incident s’est produit à Hemet,
Californie, aux quartiers de haute sécurité internationaux de la
scientologie. (Young, 1994:
19).
Young n’a pas de formation en médecine ou psychiatrie.
70. Des incidents similaires ont eu lieu en Grande-Bretagne, impliquant le
Rundown d’Introspection, en particulier au local scientologique d’East
Grinstead. Le journal anglais The Independent a fait un article sur le
Rundown d’Introspection en 1994, intitulé "Les Prisonniers de St Hill" On
y lit:
L’étudiant allemand commença à hurler. Il semblait avoir
perdu tout contrôle. C’était un scientologue, un membre de la plus vaste secte
mondiale, en train d’étudier, on le lui avait promis, ce qui lui ferait
approcher les secrets de l’univers et lui donnerait en définitive la clé de la
vie éternelle.
D’après les témoins oculaires, l’homme, dont l’Indépendant
connaît le nom, fut emmené dans une salle en quarantaine, dans un bâtiment
proche de St Hill., château du XVII situé à East-Grinstead, Sussex, quartier
général de la secte pour l’Angleterre.
La porte resta fermée pendant quinze jours. L’allemand avait
été placé en "garde de quarantaine – ou garde d’isolement", que les
scientologues nomment plus couramment la garde de bébés. C’est le traîtement
conseillé par le fondateur de la secte, L. Ron Hubbard, écrivain de
science-fiction, lorsque des membres présentent des signes de psychose ou de
maladie mentale – littérallement, des gens qui sont envahis de fantômes
malfaisants. C’est le dernier ressort pour manier les scientologues difficiles.
C’est un traitement que l’organisation s’est arrangée pour garder secret jusque
là. Le sujet est constamment sous surveillance, et il n’est pas permis de lui
parler. Il est "muselé", dans leur jargon. Nos témoins, qui ont demandé à
rester anonymes, se souviennent que l’allemand était parfois incontinent et
qu’il leur fallait nettoyer les odeurs dans la pièce - une pièce vide. Les cinq
personnes qui montaient la garde ne pouvaient communiquer avec lui que par
écrit. On lui permit finalement de rentrer en Allemagne.
Le journal a enquèté au cours des mois précédents, cherchant
les méthodes quasi-psychologiques vraisemblablement illégales et potentiellement
dangereuses à long terme pour ses membres les plus vulnérables.
L’incident de garde de bébés de l’étudiant allemand s’est
produit en 1991, mais la technique a été utilisée depuis, selon des documents
confidentiels de l’église datant de 1993, expédiés au même journal. Ils
démontrent que les scientologues ont mené une enquète interne après qu’un autre
étudiant allemand ait subi la garde des bébés à St Hill, l’année précédente.
L’enquète fut lancée parce que la femme mise en isolement souffrait déjà de
troubles mentaux prononcés ; dans le jargon de l’officier d’éthique
scientologue, elle était PTS type 3, ce qui signifie démente. Elle piqua la
crise, dit le document, alors qu’elle travaillait en Europe pour l’organisation.
Début 93, elle arrivait à St Hill et fut mise en garde des bébés parce qu’elle
"présentait un risque pour la sécurité" C’est son petit ami qui fut chargé de
la garde. Mais cela se passa très mal, la garde durant beaucoup plus longtemps
que prévu en raison de l’incompétence des officiels locaux, dit le rapport. On
ne sait pas si elle fut constamment enfermée dans un local ou si on lui permit,
comme c’est parfois le cas, de faire parfois des promenades. Il semble y avoir
eu une dispute entre les staffs présents quant aux compétences requises pour
traîter un tel cas, et la permission de le manier arriva finalement de la
direction américaine de la secte.
Plusieurs des officiers supérieurs de la branche anglaise
furent blâmés pour avoir autorisé la femme à demeurer membre de la secte :
d’après un mémo interne, elle semblait avoir un passé de droguée. Ces membres
supérieurs furent convoqués à un tribunal interne. S’ils étaient jugés coupables
d’avoir manqué d’assurer la sécurité du membre, ils risquaient d’être cassés et
envoyés en " réhabilitation " pour une période de travail forcé. Selon le
rapport, il semble que la femme s’échappa de St Hill, fut arrètée par la police
et reexpédiée en Allemagne.
Un ancien officier supérieur de la secte ayant travaillé à la
section californienne de l’organisation a été impliqué dans plusieurs gardes des
bébés. Il est arrivé qu’une femme soit mise en garde pour avoir jeté des
fournitures de bureau par la fenètre dominant le Boulevard Hollywood. On
l’enferma dans sa chambre. Il fallut vider tout ce qu’il y avait là,
complètement et la laisser là-dedans plus d’une semaine, a déclaré cet ancien.
Elle était folle, elle criait et se parlait à elle-même.
Cette femme avait commencé l’un des cours les plus éprouvants
de la secte, où les étudiants apprennent qu’il y a 75 millions d’années, la
terre faisait partie d’une confédération galactique dirigée par un prince
malfaisant nommé Xenu. Il avait expédié les habitants de 76 planètes sur terre.
Les " esprits, ou thétans " de ces extra-terrestres habitent les âmes de êtres
humains d’aujourd’hui, et doivent être exorcisés.
La Dr Betty Tylden, psychiatre conseil en retraite,
régulièrement appelée comme experts par les tribunaux, a traité des
scientologues se remettant des effets des gardes de bébé, qu’ils en aient été
victimes ou gardiens. Rien qu’au cours des derniers mois, elle en a vu
plusieurs. Ces gens sont terriblement effrayés, dit-elle. Ils sortent de là avec
un symptôme très proche du symptôme post-traumatique, le
syndrome du prisonnier. Hypersensibilité, flashbacks,
obsessions. C’est très mauvais, et même si ça ne viole pas de lois, c’est une
violation brutale des libertés individuelles. (Kelsey and Ricks,
1994).
71. L’église de scientologie utilise le Rundown d’introspection en
Angleterre, où des doutes ont également fait surface quant à sa
légalité.
72. L’épreuve subie par Lisa Mc Pherson semble très répandue dans
l’organisation scientologique. Les sciento- logues se servent depuis des décennies
de ce qui a fini par s’appeler Rundown d’instrospection en divers
endroits du monde. Les membres surveillant les "psychotiques ne paraissent pas
compétents pour pratiquer médecine ou psychiatrie, ne semblent pas médecins ou
psychiatres, et les patients eux-mêmes semblent souffrir de graves troubles
psychiatriques. L’ironie de la situation veut qu’Hubbard ait écrit dès 1965 – et
que la scientologie l’ait republié en 1987 - qu’il pouvait arriver qu’on ne
soit pas capable de garder les patients en vie. (Hubbard, 1965: 4).
73. Qualifier le rundown d’introspection de pratique religieuse, c’est
ignorer ses intentions évidentes et son contenu pseudo-médical. L’organisation
de Flag a autorisé certains de ses membres à s’engager dans des pratiques
pseudo-médicales pour lesquelles ils n’avaient pas de compétences reconnues. ,La
scientologie a un passé de pratique médicale illégale, et les autorités ont
essayé d’empècher ses membres de continuer depuis le début des années
50.
V - Historique des
pratiques illégales de la médecine et de la psychiatrie par la scientologie et
la dianétique
74. C’est pratiquement dès le début que la dianétique a dû faire face à des
accusations de pratiques illégales de la médecine. J’ai résumé celles-ci dans un
article universitaire paru en 1996 (Kent, 1996: 30):
…
le conseil médical d’état du New Jersey a accusé la Fondation
Hubbard de recherche dianétique, inc, de faire
fonctionner une école de traîtement des maladies sans autorisation
dès janvier 1951. (Elizabeth
Daily Journal, 1951a), ce qui contribua au fait que
l’organisation quittât Elisabeth, NJ, en avril de cette année, avant que la
procès n’ait lieu (mai 1951) (Elizabeth Daily
Journal, 1951b). Fin mars 1953, deux praticiens
dianéticiens furent arrètés, leurs électromètres confisqués, durant l’enquète
portant sur une plainte concernant le fonctionnement
d’une école médicale et la pratique illégale de la médecine. (Detroit News, 1953,
Detroit Free Press, 1953; see
Pickering, 1953). Plus tard, en 1953 ou début 54, un dianéticien ou scientologue
de Glendale, Californie, passa semble-t’il dix jours en prison pour
"pratique illégale de la médecine" (cité dans Aberree, 1954:
4).
75. Autre cas: Edd [sic] Clark, 56 ans, fut inculpé de pratique illégale de
la médecine à Phoenix, Arizona. (Gazette, 1955a).
76. Le gouvernement fédéral US intervint à deux reprises contre des aspects
de la pratique pseudo-médicale scientologique. La première eût lieu en 1958,
alors que la FDA [Food and Drugs administration] saisit et détruisit
21000 comprimés d’un composite connu sous le nom de dianazen ou
dianazene, mis sur le marché par une agence associée à l’église de
scientologie de Washington, le centre de distribution prétendant indûment à
l’époque qu’il s'agissait de comprimés préventifs des maladies dues aux
radiations. (Wallis, 1976: 190).
77. La seconde intervention eut lieu en 1953, lorsque la FDA fit une descente
dans les locaux de l’église fondatrice à Washington, y confisquant les
électromètres et les documents associés. La FDA pensait que l’organisation
faisait une publicité illégale sur le fait que l’électromètre soignait nombre de
maladies lorsque la personne atteignait l’état de clair, ce qui exige
beaucoup de travail à l’électromètre. (voir United States District Court,
District of Columbia, 1971: 359). Le jugement final autorisait les scientologues
à l’utiliser uniquement sous couvert de conseil d’une religion bona fide, à
condition qu’il soit étiqueté comme inefficace lors du traîtement des
maladies. (Wallis, 1976: 197). La décision exigeait précisément:
L’appareil doit porter une notice très visible avertissant
les personnes qui s’en servent en audition ou dans n’importe quelle séance de
conseil, qu’il est interdit de par la loi de le présenter comme ayant un
fondement scientifique ou médical pour faire accroire qu’il est utile lors du
diagnostic ou du traitement d’une quelconque maladie. Il faut noter dans la
notice que l’appareil a été condamné par une cour de
district des Etats Unis pour étiquetage mensonger et représentation
falsificatrice en raison des lois de la FDA, et que l’électromètre n’est ni
médicalement ni scientifiquement en mesure d’améliorer la santé ou les fonctions
physiques de qui que ce soit. (United States District
Court, District of Columbia, 1971: 364).
Il faut mentionner ici que les étiquettes apparues ensuite sur
l’appareil condamné par le tribunal ne portent aucune mention de la condamnation
du tribunal pour étiquetage mensonger et représentation
falsificatrice.
78. J’ai publié voici quelques années un article revu par des pairs, au cours
duquel j’examinais si les prétentions d'Hubbard quant à la scientologie étaient
similaires à plusieurs religions orientales. J’ai conclu, d’après les preuves
alors en ma possession, que dans les années 50 et 60, que Hubbard avait fait
la plupart de ces allégations de similitudes à des religions orientales dans des
moments où les risques s’ensuivant des interventions gouverne- mentales existantes
étaient importantes, afin de réduire les risques de condamnation pour médecine
illégale. (Kent, 1996: 30). J’ai découvert d’autres exemples pour la
présente expertise, qui ne font que renforcer cette conclusion. Les efforts
d’Hubbard pour acquérir une protection face à ses prétentions pseudo-médicales,
en même temps que des motifs financiers à propos de concessions portant sur les
impôts, expliquent pourquoi Hubbard a insisté sur les aspects religieux
d’organisations scientologues., afin d’affaiblir - si pas d’annuler - les
enquètes gouvernementales et l’interférence possible dans ses activités
pseudo-médicales.
VI. CONCLUSION
79. Vu ce qui précède, la scientologie n’est en aucun cas une religion,
puisque les composants clé des écrits d'Hubbard ont trait à des sujets laïques,
du genre des techniques supposées traîter la psychose. Le Rundown
d'Introspection scientologique et la pratique de mise en quarantaine pratiquée
sur des personnes supposées en crise psychotique ne sont pas des pratiques
religieuses, mais des pratiques pseudo-médicales et pseudo-psychia- triques. Cette
conclusion tient compte de la longue et dangereuse tradition de ses tentatives
de soigner des psychotiques, depuis les tout débuts de la dianétique et jusqu’à
nos jours. Le fait est que Mlle Mc Pherson devint apparemment psychotique après
avoir atteint le statut de Clair, ou Clear, qu’elle était censée être
libérée de son mental réactif, suggère amplement que la technique
scientologique est inefficace dans le traîtement d’au moins certaines formes de
maladies mentales, et que cette technologie peut être fatale.
- En rapport à l’une des questions liées, l’Orgnaisation de services de Flag
de l’église de scientologie n'est pas non plus exclusivement de nature
religieuse. Il existe des doutes significatifs quant à la nature prétendûment
religieuse de l’audition et des cours distribués à l’organisation de services de
Flag; et le fonctionnement de l’Hotel Fort Harrisson qui abrite un système pénal
élimine toute possibilité d’accorder un statut religieux à l’organisation. De
même en ce qui concerne la réalité des pratiques pseudo-médicales et
pseudo-psychiatriques qui y sont délivrées.
- Mon curriculum vitae est joint à ce rapport et donne la liste de toutes les
publications de cette dernière décennie, ainsi que les procès dans lesquels j’ai
été appelé à témoigner comme témoin expert. J’ai reçu une compensation
d’honoraires de de 200 $ par heure pour le présent rapport, auquel j’ai
travaillé environ 55 heures. Les pièces su lesquelles j’ai travaillé pour
établir cette opinion sont incluses dans la bibliographie.
Le témoin juré n’ajoute rien à la
présente
Stephen A. Kent, Ph.D.
CITY OF EDMONTON
PROVINCE OF ALBERTA
Ce qui précède a été attesté par
devant moi ce 6 janvier 2000,
par Stephen A. Kent, que le traducteur connait professionnellement, et qui a témoigné sous
serment [le mot utilisé est "affirmation", c’est à dire
une déclaration formelle et solennelle de la vérité d’une déclaration,
ndt
NOTAIRE PUBLIC
My commission expires_______
(signed)_____________________________
(date)_______________________________
BIBLIOGRAPHIE
Aberree. "Scientology Acts to Legalize As
Religion. Three Churches Given Charters by New Jersey." 1 (1), April, 1954: 1,
4.
Angelis, Ioannis. 1996. ASummary of
Judge Angelis’ Report.@ 4pp;
Downloaded from: <http://w4u.eexi.gr/~antbos/RAIDED.HTM> on
December 30, 1999.
Anonymous. n.d. "Rehabilitation Project Force[.] RPF Waiver."
[No Publisher]. 1p.
Armstrong, Gerry. 1982. "Affidavit of Gerry Armstrong." Filed in
Orange County, California for the United States District
Court, Middle District of Florida, Tampa Division.
"Tonya Burden, Plaintiff v. Church of Scientology of California, Defendants.
(June 25): 8pp.
Atack, Jon. 1990. A Piece of Blue Sky:
Scientology, Dianetics and L. Ron Hubbard Exposed. New
York: Lyle Stuart. Bailey, Ann. n.d. [circa 1978 to 1983]. Affidavit.
65pp.
Behar, Richard. 1986. "The Prophet and Profits of Scientology."
Forbes. (October 27):
314-322.
Boards of Directors of the Churches of Scientology. 1977. "The
Rehabilitation Project Force." Sea Organization Flag
Order 3434RB. Revised by Ens. Susan Walker, I/C, and Lt.
(jg) Art Webb, 2nd; Re-Revised by Commodore's Messenger; Approved by L. Ron
Hubbard, Commodore. (January 7, 1974; Revised August 21, 1976; Re-Revised May
30, 1977): 14pp.
------. 1980. "RPF Graduation Requirements Checklist."
Flag Order 3434-RC-56 (Written by
Tech Comps Pjt I/C and Snr C/S Int for Int Pgms Chief CMO Int; Approved by D/CO
CMO Int and CO CMO Int). (March 17): 13pp.
Burden, Tonya. 1980. "Affidavit." Signed in Las Vegas, Nevada
(January 25): 12pp.
Charity Commission. 1999a. Application for Registration as a Charity by The
Church of Scientology (England and Wales).@ Decision of the Charity Commissioners for England and
Wales.... (November 17): 49pp; Downloaded from: <http://195.44.11.137/coi/coipress.nsf> on December 31, 1999.
------. 1999b. ADecision of the Commissioners [Regarding the]
Application by the Church of Scientology (England and Wales) for Registration as
a Charity.@ Summary. (December 9): 5pp.;
Downloaded from: <http://195.44 http://.11.137/coi/coipress.nsf> on December 31, 1999; also Downloaded from:
<chriso@lutefisk.OISPAMNOdemon.co.uk> in the <alt.religion.scientology> Newsgroup on
December 9, 1999.
Church of Scientology of California. 1978.
What is Scientology? Los Angeles: Publications Organization United
States.
Church of Scientology Flag Service
Organization, Inc. 1992. AThe Flag Land Base News &
Events.@ 9 No. 1.
Church of Scientology International. 1992.
What is Scientology? Los Angeles: Bridge Publications, Inc.
------. 1994. The Scientology Handbook. Compiled by the LRH Compilations Staff. Los Angeles:
Bridge Publications, Inc.
------. 1996. AWhat is the Rehabilitation Project Force?@ Homepage on the World Wide Web: 1p.
Church of Scientology of California. 1978.
What is Scientology? Los Angeles: Publications Organization United
States.
Church of Scientology of Minnesota v.
Department of Health, Education and Welfare. 1971. "Order." No. 4-69 Civ. 86
(341 F.Supp. 563). (July 20): 563-569.
City of Clearwater Commission. 1982.
"Hearings Re: The Church of Scientology." Witness: Lori Taverna. (May 6):
2-109--2-229.
Corydon, Bent and L. Ron Hubbard, Jr. 1987.
L Ron Hubbard: Messiah or
Madman? Secaucus, New Jersey: Lyle
Stuart.
CSI [Church of Scientology International].
1997. ARon The Writer.@ Advertisement in Source Issue 109:
27.
Detroit Free Press. 1953.
"Dianetics Pair Pleads Innocent." (April 10): 10.
Detroit News. 1953. "Police
Hold 2 in Raid on 'Dianetics School.'" (March 26): 1.
Elizabeth Daily Journal.
1951a. "N. J. Starts Action Against Dianetics." Section 1 (January 15):
5.
------. 1951b. "Dianetics Group to Quit City
Because 'We're Not Wanted.'" Section 2(April 3): 26.
Flag Crew Church of Scientology Flag Service
Org, Inc. 1989. AFLAG News &
Events.@ 6 No. 3 (October).
Freed, David and Eugene Ahn. 1990.
AMan Held Mentally Ill Captive in Home, Police
Say.@ Los Angeles
Times (January 7): B1,
B11.
Gazette [Phoenix, Arizona].
1955a. AMedicine Charge Filed; Bond
Given.@ (September 5).
------. 1955b. AWoman Sues Over Damage To Property.@ (May 17).
Helfand, Duke. 1997. AHubbard Texts Approved for School Use.@ Los Angeles
Times (July 29): B1, B4.
Hubbard, L. Ron. 1950a. ADianetics: The Evolution of a Science.@ Astounding
Science Fiction XLV No. 3 (May):
43ff.
------. 1950b. Dianetics: The Modern Science of Mental
Health. 23rd
Printing, July, 1979. Los Angeles: The Church of Scientology of California
Publications Organization.
------. 1952. AElectronics Gives Life to Freud’s Theory.@ Journal of
Scientology Issue I-G: 5.
------. 1953. AStandard Operating Procedure 8: Scientology
8-8008.@ Scientology Council Data Sheet #016 (May 26): [10 pp.].
------. 1955. ATwo Way Communication in Action.@ Professional Auditors Bulletin
44 (January 21): 3pp.
------. 1956. AThat Branch of Psychology Which Treats of [sic] Human
Ability.@ Scientology Information Booklet.
[No Place or Publisher]: [i + 10pp.].
------. 1960. ANew Definition of Psychosis.@ Hubbard
Communications Office Bulletin
(August 25): 1p.
------. 1961. AJohannesburg Security Check.@ Hubbard
Communications Office Policy Letter
(April 7): 242-245.
------. 1965. ASearch and Discovery.@ Hubbard
Communications Office Bulletin,
Reissued on November 20, 1987 with Typographical Corrections. (November 24):
4pp.
------. 1966a. APsychosis, Neurosis and Psychiatrists.@ Reality 40: 3-6.
------. 1966b. APsychotics.@ Reality 37: [2-7].
------. 1968. AThe War.@ Executive
Directive From L. Ron Hubbard. LRH ED
55 Int (November 29): 2pp.
------. 1969. ADianetic Assists.@ Hubbard
Communications Office Bulletin,
Revision of April 2 (May 14): 4pp.
------. 1970a. AInstruction Protocol Official.@ Hubbard
Communication Office Bulletin
(September 2): 3pp.; Re-Issue of a Document from November 20, 1950).
------. 1970b. AMy Own Objectives.@ Executive
Directive From L. Ron Hubbard. LRH ED
119 INT (August 27): 3pp.
------. 1970c. APsychosis.@ Hubbard
Communications Office Bulletin
(November 28): 4pp.
------. 1974a. AThe Technical Breakthrough of 1973! The Introspection
RD.@ Hubbard
Communications Office Bulletin,
Revisions of Versions Published on January 23, 1974 and February 10, 1974.
(November 1): 8pp; Reprinted in L. Ron Hubbard, The Technical Bulletins of Dianetics and
Scientology, Volume 8 (1972-1975).
Copenhagen: Scientology Publications,1976: 346-353.
------. 1974b. AIntrospection RD[:] Additional Actions.@ Hubbard
Communications Office Bulletin,
(February 20): 2pp; Reprinted in L. Ron Hubbard, The Technical Bulletins of Dianetics and
Scientology, Volume 8 (1972-1975).
Copenhagen: Scientology Publications,1976: 260-261.
------. 1976. Modern Management Technology Defined. Copenhagen: New Era Publications.
------. 1991. AThe Technical Breakthrough of 1973! The Introversion
Rundown.@ Hubbard Communications Office Bulletin, Revision of 23 January 1974RB. (April 25):
1-24.
Kent, Stephen A. 1996. AScientology’s Relationship with Eastern Religious
Traditions.@ Journal of Contemporary Religion 11 No. 1: 21-36.
------. 1999a. AThe Globalization of Scientology: Influence, Control
and Opposition in Transnational Markets.@ Religion 29:
147-169.
------. 1999b. AScientologyBIs This a Religion?@ Marburg
Journal of Religion 4 No. 1 (July):
11pp. (electronic journal).
Kelsey, Tim and Mick Ricks. 1994.
AThe Prisoners of Saint Hill.@ The
Independent (January 31); excerpted at
<http://www.scientology-lies.com/babywatch.html>.
L. Ron Hubbard Library. 1996. L. Ron Hubbard The Philosopher: The Rediscovery of the
Human Soul. [No Publisher or
Place].
Lee, John H. 1990. AD.A. Won’t File Charges Against Man Who Kept Wife Locked
Up.@ Los Angeles
Times (January 31): B3.
Lee, John H., and John Johnson. 1990.
ACaptivity Case May be Tied to Faith.@ Los Angeles
Times (January 13): B15,
B16.
Leonard, Charles. 1951. [Untitled Lead
Article.] The Dianamic 1 No. 14 (February 22): 1-2.
Los Angeles Times. 1951.
AModel and Mate, Instructor in Dianetics,
Slain.@ (February 11): Part I,
5.
Miller, Russell. 1987. Bare-Faced Messiah. The True Story of L. Ron
Hubbard. London: Michael
Joseph.
Nefertiti [Pseudonym]. 1997. "The Church of
Scientology or the Guru's Gulags. Story of An Escape."
<http://www.cnbc.cmu.edu/~dst/Lerma/english.html>. (May).
O’Connell, Denis. 1954. AWhat is Scientology?@ Certainty 1 No. 1 (January):
3-5.
Pickering, J. 1953. ACure-All Machine Like Lie Detector.@ Detroit
Times (March 27).
Republic [Phoenix, Arizona].
1955a. House Owner Sues Church.@ (May 17).
Republic [Phoenix, Arizona].
1955b. A9,000 Suit Settled
Here.@ (June 28).
Rosenblum, Anne. n. d. [pre 1995].
"Declaration of Anne Rosenblum." Foreword by Dennis Erlich. 9pp.; Downloaded
from
<http://wpxx02.toxiuni.wuerzburg.de/~krasel/CoS/aff_ar.htm>.
Sappell, Joel and Robert W. Welkos. 1990.
A Defining the Theology.@ Los Angeles
Times (June 24): A36.
Schomer, Homer. 1985. AContinued Deposition of Homer Schomer.@ Superior Court of the State of California for the
County of Los Angeles. ALarry Wallersheim, Plaintiff vs.
Church of Scientology of California, et. al., Defendants.@ No. C 332 027, Volume II (April 30): 63pp.
Shelor, George-Wayne. 1984. "Ex-Members
Denounce Sect Rehab Program." Clearwater Sun (August 28):
1B, 2B.
Starkey, Norman. 1997. ASchool Use of Hubbard Texts@ [Letter to the Editor of the Los Angeles Times]. (July 30).
Superior Court of the State of California for
the County of Los Angeles. 1984. Church of Scientology of California, Plaintiff,
vs. Gerald Armstrong, Defendant, Mary Sue Hubbard, Intervenor. No. C 420153.
"Reporters' Transcript of Proceedings." Thursday May 10. Volume 9:
1389-1563.
Tobin, Thomas C. 1997a. AScientology Had Woman in Isolation.@ St.
Petersburg Times (February 21): 1A,
12A.
------. 1997b. AWhen Did She Die?@ St.
Petersburg Times (May 9): 1A,
8A.
------. 1997c. AScientology Records at Center of Probe.@ St.
Petersburg Times (May 16): 1A,
7A.
United States District Court, District of
Columbia, 1971. AUnited States of America,
Libelant, v. An Article or Device... >Hubbard Electrometer’ or Hubbard E-Meter,’ etc., Funding Church of Scientology, et. al.,
Claimants. No. D.C. 1-63 (July 30); Printed in Federal Supplement 333. St. Paul, Minnesota: West Publishing Co.: 357-369.
Wakefield, Margery. 1990. A Affidavit of Margery Wakefield.@ (April 13): 3pp; Downloaded from: <http://www.xs4all.nl/~kspaink/mpoulter/sods/margery.html> on December 19, 1999.
Wallis, Roy. 1976. The Road to total Freedom: A Sociological Analysis of
Scientology. New York: Columbia
University Press.
Watchdog Committee for the Church of
Scientology International. 1982. AThe Integrity of Source.@ Scientology
Policy Directive 19 (July 7):
1p.
Whitfield, Hana. 1989. "Affidavit." (August
8): 11pp, downloaded from <alt.religion.scientology>.
Whitfield, Hana (Eltringham). 1994. "Revised
Declaration of Hana Whitfield Re Motion for Costs." United States District
Court, Central District of California. No.CV 91-6426 HLH (Tx). (April 4): 44pp;
Downloaded from Posting by Tilman Hausherr on <alt.religion.scientology>,
(April 12, 1997).
WMNF. 1996. A[Rob Lorei Interviews Jeff Jacobsen, Dennis Erlich,
Jeff Lee, and Brian Anderson.]@ (March 7); Downloaded from <http://www.lermanet.com/cos/exhibitb.html> om September 13, 1997.
Young, Stacy. 1994. AStacy Young Affidavit.@ Downloaded from: <http://www.sky.net/~sloth/sci/young1.affidavit> on September 13, 1997.
|