La «nouvelle médecine germanique»

Que cache la méthode pseudo-médicale du docteur Geerd Hamer

Video: Les dérives sectaires du bien être et de la santé. Interview du président de la MIVILUDES. (France 24)

La pseudo-médecine du docteur Ryke Geerd Hamer

La Ligue Suisse contre le cancer donne son avis sur la méthode du docteur Geerd Hamer (2001)

Nombreuses condamnations du docteur Ryke Geerd Hamer, le créateur de la «nouvelle médecine germanique»

Video: Témoignage d'une famille au canada victime de la «Nouvelle médecine germanique»

Une médecine nouvelle criminelle (lcn.canoe.ca - 20 mai 2010)

La jeune Marion Piat témoigne aprés la mort de son père (17 février 2010)

Video: Quand la Nouvelle médecine germanique tue

Corinne Thos est morte suite aux manipulations d'un charlatan issu de la nouvelle médecine germanique

Ces sectes qui prétendent guérir (lexpress.frl - 18 juin 1998)

Les dérives sectaires du bien être et de la santé

Video: Interview de Georges Fenech, président de la MIVILUDES

Le Focus du jour - France 24 (2009)

La "nouvelle médecine germanique" du docteur Ryke Geerd Hamer
 
 
Ryke Geerd Hamer

La médecine nouvelle germanique, ou Méthode Hamer est une méthode pseudoscientifique qui prétend apporter des solutions extraordinaires aux maladies les plus graves, comme le cancer. Elle a ete inventée par l'ancien médecin (radié) allemand et guérisseur Ryke Geerd Hamer. Elle se base sur des lois biologiques de Hamer, une théorie pseudo-médicale qui stipule l’absolue prédominance du psychisme sur la vie de l’individu.

Hamer prétend qu'un soi disant choc émotionnel est à l'origine du cancer et qu'il peut être soigné par la soi disante résolution de ce conflit psychologique sans apport des thérapies de la médecine conventionnelle qui, selon lui, aggrave l'état des patients. Les entretiens avec le malade permettraient de déterminer la cause de ce conflit, de le résoudre, entraînant ainsi la guérison sans intervention médicale classique.

Hamer n'a jamais pu démontrer des preuves pour ces hypothèses. Pour justifier cette absence de preuves concrètes, le docteur Hamer et ses disciples se posent en martyrs d’un complot médico-scientifique organisé par les lobbies pharmaceutiques défendant des intérêts politiques, financiers surtout de la part de juifs.

Histoire

Cette «médecine nouvelle» a fait son apparition en automne 1981 en Allemagne. Geerd Hamer avait fait la une des journaux en 1995 avec l'affaire d'une petite cancéreuse autrichienne Olivia Pihar, âgée de 8 ans, qui avait failli mourir faute d'opération appropriée, parce que ses parents suivaient ses consignes.

En 1997, Hamer fut condamné à 19 mois de prison en Allemagne, et à l'interdiction d'exercer la médecine en Allemagne, mais également en Autriche.

En 2001, Ryke Geerd Hamer, le guérisseur allemand, a été condamné en France par défaut à 18 mois d'emprison- nement dont 9 mois fermes et 50.000 francs d’amende pour «complicité d’exercice illégal de la médecine» en première instance. Lors du procès, ce dernier ne s’était pas déplacé devant le juge, justifiant son absence par un certificat médical.

Cet ancien médecin a été condamné en Allemagne à 19 mois de prison pour «exercice illégal de la médecine» suite à la mort de patients atteints de cancers. Le 24 septembre 2003, l’accusé de nouveau absent pour «raisons médicales», la cour d’appel avait décidé le report du procès en mai 2004. Une audience qui a finalement eu lieu sans le principal intéressé, demeuré une nouvelle fois en Espagne.

Le 1er juillet 2004, la cour d’Appel de Chambéry a prononcé la condamnation définitive du guérisseur à 3 ans de prison ferme. Le 9 septembre 2004, R.G. Hamer a été arrêté en Espagne. Il a été extradé vers la France et incarcéré à la prison de Fleury-Mérogis afin d’y purger sa peine.
 

Hamer and Co

Qu’est-ce que la «médecine nouvelle», selon Hamer et son réseau

Un réseau de thérapeutes dit de «médecine nouvelle» se développe actuellement en France mais égale- ment dans les pays limitrophes et au Canada et trouve son origine dans les théories de Ryke Geerd Hamer.

Cette «médecine nouvelle» a fait son apparition il y a une vingtaine d’années en Allemagne. Elle a été mise au point par un ancien médecin, RG Hamer, dont le fils, Dirk, a été accidentellement tué par une balle perdue. Quelque temps après, RG Hamer développe un cancer des testicules qui, pense-t-il, est lié au choc traumatique dû à la perte prématurée de son fils. Il en vient à élaborer une théorie connue sous le nom de «loi d’airain du cancer».

«Cette loi dont le Syndrome Dirk Hamer (DHS) est la clef, l'axe principal, s’énonce comme suit:

  • Tout cancer commence par un DHS, c'est-à-dire par un choc extrêmement brutal, un conflit aigu et dramatique vécu dans l'isolement, et perçu par le malade comme l’un des plus sérieux jamais vécus.
  • C'est le degré subjectif du conflit (la manière dont le malade l'a éprouvé au moment du DHS) qui est déterminant.
  •  
    • Le Foyer de Hamer, c'est-à-dire, la région spécifique du cerveau qui sous l'influence du choc psychique, souffre d'une dégradation et donne des directives anarchiques aux cellules de l'organe dépendant de cette région. (…)
  • Il y a une corrélation exacte entre l'évolution du conflit et celle du cancer, dans leur double niveau cérébral et organique. Si le conflit est compliqué de nouveaux conflits secondaires (par exemple, l'angoisse de savoir qu'on a un cancer), une nouvelle région du cerveau peut être affectée, et une nouvelle tumeur apparaîtra dans l'organe correspondant (métastase dans la médecine classique). Une fois que le conflit disparaît, la région cérébrale concernée donne l’ordre de réparer. Les cellules cessent leur prolifération anarchique. Le cancer s'arrête. (…) Dès la solution du conflit, le cerveau commande la régénération de l'organe malade. La phase de réparation, de guérison, dure exactement le même temps que la phase de conflit. Si pendant cette phase il y a rechute, la phase est prolongée. Durant cette période de réparation, on note (…) de la fatigue, des douleurs et des oedèmes.» [2]
 

Chaque type de cancer trouve donc son explication dans le psychisme !

  • Cancer du sein gauche = conflit du nid (à l’intérieur de la cellule familiale) dans la relation mère-enfant, réelle ou imaginaire.
  • Cancer du sein droit = conflit, avec le compagnon ou avec des enfants adultes, conflit d’expulsion de territoire étroitement apparenté à un conflit sexuel.
  • Cancer des os = dévalorisation profonde.
  • Cancer des testicules = conflit de perte, à l’occasion de la disparition réelle ou virtuelle d’un enfant.
  • Cancer du foie et de la vésicule = vive rancoeur, ressentiment tenace à l’égard d'un proche, à la suite d’une injustice et entretenu par la jalousie et l’envie, problèmes d’argent et de jalousie professionnelle.

Nous nous trouvons face à une «théorie» médicale qui stipule l’absolue prédominance du psychisme sur la vie de l’individu. Le bon fonctionnement du corps et des organes dépend de la bonne santé psychique de l'individu.

La «médecine nouvelle» s’oppose de façon systématique à la médecine classique. La chimiothérapie, l'ablation de la tumeur, entraverait le processus naturel de guérison du cancer qui se trouve dans la résolution du conflit psychique. L’augmentation de la masse cancéreuse constituerait une étape transitoire vers la guérison. La chimiothérapie, stoppant cette phase, ne peut guérir le cancer (il s’agirait uniquement de rémission temporaire). La masse cancéreuse réapparaîtra fatalement pour signifier au patient qu’il doit régler son conflit psychique. De même, la médecine classique ne saurait pas prendre en charge l’annonce de la maladie, provoquant ainsi un choc psychologique secondaire causant l’apparition des métastases.

Enfin, la notion de souffrance n’est pas prise compte. Toute douleur ferait partie du processus normal de réparation, elle doit être supportée et acceptée par le patient qui doit limiter au maximum les anti-douleurs, afin de permettre une prise de conscience.
 

Concernant la Prise en compte de la douleur on peut lire dans le Code de Santé Publique: Article L 1110-5

«(...) Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle- ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée (...)».

Selon la «médecine nouvelle», 40 % des patients traités par les moyens de l’on-cologie décèderaient, le taux de malades guéris par la «médecine nouvelle» serait incomparable (90 % de réussite). Mais où sont les chiffres ?

Pour justifier cette absence de preuves concrètes, RG Hamer et ses disciples se posent en martyrs d’un complot médico-scientifique organisé par les lobbies pharmaceutiques défendant des intérêts politiques et financiers.
 

L’avis de la Ligue Suisse contre le cancer

Le magazine «Spiegel» fait état d'une enquête menée par les autorités en Allemagne, établissant que sur 50 patients passés entre les mains de Hamer, seuls 7 ont survécu. Aux cas reportés dans les livres de Hamer, souvent décrits avec beaucoup d'emphase, manquent les données complémentaires nécessaires pour un avis médical, et les traitements présentés doivent donc être sujets à caution. Hamer et ses supporters se rappor- tent à de nombreuses études de ses propres hypothèses dans des conférences médicales où, disent-ils, la théorie a été vérifiée sur la base de cas de patients.

Les confirmations présentées à ces conférences sont scientifiquement douteuses car les données essentielles du procédé manquent. Les supporters de la «nouvelle médecine» mettent également en avant la confirmation par 3 représentants de l'université de Trnava en Slovaquie, mais cela reste non fondé sans les données appropriées. (…)

Nous considérons que la méthode promue par Hamer est dangereuse, spécialement en endormant les patients dans une fausse sensation de sécurité, dont ils sont privés par les autres traitements efficaces. Aussi longtemps que Hamer sera incapable de ne présenter aucune preuve plus convaincante pour ses hypothèses, alors que l'efficacité de la «médecine nouvelle» reste scientifiquement non prouvée, nous devons fortement déconseiller sa méthode.

A de nombreux égards, la théorie de la «médecine nouvelle» est en contradiction avec les découvertes de la médecine scientifique, non seulement en termes d'étiologie et de diagnostic du cancer, mais également en regard de l'évolution et du traitement de la maladie.

Source: Hamer’s «New Médecine», Swiss study group for Complementary and Alternative Method in Cancer SCAC, document N°01/02, 2001, en angl. traduction

Une théorie «fantasmagorique» du réel

La «médecine nouvelle» fait la part belle aux émotions mais également aux fantasmes, tout n’est que réinterprétation du réel: le vécu psychique, le ressenti prime sur les faits.

Elle stipule que rien dans le monde ne peut vous atteindre car, les objets, les faits ne peuvent vous nuire si vous avez la connaissance, si grâce à la «médecine nouvelle» vous avez réussi à vous libérer de vos peurs et de vos angoisses induites par votre entourage social, familial et affectif.

Pour exemple, le cancer du poumon n’est pas dû à la cigarette. La cigarette en elle même n’est pas un produit nocif. Ce qui va engendrer le cancer, c’est la peur de la mort induite par la cigarette. Car la ciga- rette est porteuse d’un message négatif, et la fumée qui s’en dégage est liée à l’angoisse de la mort par étouffement, d’où cancer du poumon. Démonstration par la logique ou faudrait-il dire par l’absurde. Le fait que la cigarette contienne des produits reconnus toxiques (goudron …) est simplement occulté … Le réel est sans effet.

Même exercice de style avec l’amiante. Ce n’est pas le produit qui est dangereux mais les conditions de travail stressantes de ceux qui la manient.

Poursuivons cette démonstration, il n’existe pas de produits nocifs, juste des associations d’idées négatives. A l’inverse, il n’existera donc pas de produits capables d’avoir une influence positive sur l'évolution de la maladie. D’où l’inutilité du recours aux traitements médicamenteux.

Ce schéma de pensée est déclinable à l’infini et renvoie le malade à ses angoisses et ses peurs internes, provoquant une remise en question permanente sur les causes de ses maux mais également sur l’évolution de la maladie. Pour guérir, il lui faut intégrer, au niveau psychique, le schéma de la «médecine nouvelle», ultime recours contre la maladie.

D’ailleurs, les personnes refusant la «médecine nouvelle», sont présentées comme victimes d’un blocage psychologique. Elles sont en plein déni de la méthode, du fait d’un problème passé qu’elles refusent d'aborder. Seuls les «êtres éclairés», bien avec eux-mêmes (donc déjà sur la voie de la guérison), sont capables d’accepter cette théorie.

Résumons donc: pouvoir absolu du psychisme, négation de l’influence d’éléments extérieurs sur la santé du patient: «l’individu se rend malade et peut se guérir par lui-même». Cette situation le coupe petit à petit de son entourage familial et social, l’entraînant dans la spirale de son intériorité. Le seul capable de pénétrer son intimité psychique sera dorénavant le thérapeute qui, lui, détient la clé de l’apaisement et de la guérison: le conflit initial.

Le thérapeute devient le «détenteur du savoir» qui permet de guérir. Le patient doit accepter le diagnostic. L’échec de la thérapie correspond à la non acceptation de la parole du thérapeute.

La maladie devient une projection de nos angoisses, de nos conflits psychiques non résolus, de notre conditionnement social.

Il s’agit d’une «pseudo-psychanalyse», les étapes traversées par le patient s’apparentent à celles de la cure analytique: déni, angoisse, transfert, fantasmes, projection… Si les mots de la psychanalyse ne sont pas utilisés par les thérapeutes de la «médecine nouvelle», l’analyse de leur pratique et de leurs discours nous amène à faire un lien certain entre les deux.

Médecine ou psychothérapie ? La médecine soigne le corps et la psychothérapie le psychisme mais dans le cas qui nous intéresse, le corps est dépossédé de son essence, de toute consistance, il n’est plus qu’un objet, un miroir de nos angoisses. Il perd sa réalité concrète au profit d’une abstraction. Il s’agit là d’une dérive pernicieuse de la médecine «psychosomatique».

Les thérapeutes de seconde et troisième génération: le retour aux ancêtres

La «médecine nouvelle» a fait des petits. Depuis quelques années les thérapeutes se réclamant d'inspiration «hamerienne» se multiplient, développant leur propre théorie. On voit fleurir de nouveaux termes: «décodage biologique», «bio-psycho-généalogie», «biologie totale des êtres vivants», «pansémiotique»...

Ces méthodes s’inspirent de la psycho-généalogie [3] et placent l’origine de la maladie dans un événement traumatisant ayant eu lieu dans le passé familial proche ou bien il y a plusieurs générations. Le problème est lié au fait que cette technique, utilisée dans les psychothérapies, est sortie de son contexte et de son utilisation première. Elle devient pour ces thérapeutes une vérité inéluctable: le passé s’inscrit dans la corps sous forme de maladie.

Il ne s’agit plus d’une transmission de schèmes inconscients mais de perturbations « du champ idéo-mor- pho-énérgétique», «holographique». Selon Claude Sabbah, disciple de Hamer, le traumatisme non résolu s'inscrit dans le «cycle biologique cellulaire», il s’inscrit dans la mémoire «cellulaire», «holographique» et se trans-met de génération en génération.

Citons l’exemple d’un thérapeute qui annonce à des parents qu’ils ont transmis par leur champ «idéo-mor- pho-énergétique » une maladie génétique à leur enfant qui a été adopté !!!

La syntaxe des maladies

Les thérapeutes de «médecine nouvelle» pensent également que les maladies ont un langage, ou plutôt sont un langage qu’il faut savoir décoder d’où la notion de «décodage biologique».

Les maladies deviennent les «mal-a-dits», les maux: «les mots». Il existe un sens caché, un message que le corps tend à faire passer au psychisme. NDR: qu’en est-il dans une autre langue que le français ? La sagesse populaire est pleine de dictons: «j’en ai plein le dos», «ça m’est resté sur l’estomac» …

La signification de tous les maux est ramenée à un conflit non exprimé, une dévalorisation personnelle, un manque de confiance en soi ou une colère retenue, un refus de la réalité. Il y a une culpabilisation constante du malade qui se dit: «Mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi au point de me rendre malade ?»

Nous pouvons lire dans le «grand dictionnaire des malaises et des maladies» de Jacques Martel (thérapeu- te de « médecine nouvelle»), de nombreuses définitions. Tout y passe du simple rhume des foins jusqu'à la sclérose en plaques.

Ex: «Appendicite (p87): (…) Cette maladie provient d’une colère reliée à une tension ou à une situation aiguë que je n’arrive pas à régler et qui me bouillir intérieurement. Il s’agit le plus souvent d’une situation sur le plan affectif qui vient déséquilibrer ma sensibilité et mes émotions. (…) Je me sens comme dans un «cul de sac» (forme de l’appendice) parce que j’ai le sentiment d’être opprimé, ce qui déclenche en moi peur, insécurité, lassitude, abandon. Le plus souvent, cette contrariété est en rapport avec un ou des membres de la famille ou en lien avec les principes et idées rattachées à la famille.(…) Cela peut même aller jusqu’à la peur de vivre. Je n’arrive plus à filtrer efficacement les nouvelles réalités pour m’en protéger. (…) j’ai besoin de parler de ce que je vis, j’ai besoin de vider mon sac car j’ai de la difficulté, je trouve cela très moche et désappointant.

Remède: je laisse la vie prendre son cours et j’accepte les situations de mon existence comme ce qu’il y a de mieux pour moi. Je reste ouvert au niveau de mon coeur je laisse tomber mes protections (barrières) doucement et harmonieusement.

Maladie d’Alzheimer: (…) Cette maladie des temps modernes, caractérisée principalement par le désir inconscient de terminer sa vie, d’en finir une fois pour toutes, de quitter ce monde ou de fuir ma réalité, est due à l’incapacité chronique d’accepter, de faire face (…) car j’ai peur et j’ai mal. Je me rends insen- sible à mon entourage et à mes émotions intérieures. Je m’engourdis, je «m’étourdis» et la vie me semble plus facile. (…) Le désespoir, l’irritabilité, le mal de vivre, m’amènent à me replier sur moi-même et à «vivre dans ma bulle». Je me laisse «mourir à petit feu». (…) »

Il faut préciser que certains thérapeutes se basant sur le décodage n’hésitent pas à détourner le sens de mots et les transformer pour leur faire dire ce qu’ils veulent. Il n’existe aucune rigueur scientifique dans l'analyse «syntaxique» des maladies. De plus, ce genre de thérapies s’appuie essentiellement sur une vision négative de l’individu, de son histoire personnelle et familiale.

Ces théories se jouent des règles scientifiques et des protocoles médicaux d’expérimentation, laissant l'interprétation de la maladie à la subjectivité seule du thérapeute.

Conclusion

Les méthodes issues de la «médecine nouvelle», sont potentiellement dangereuses pour un individu qui, du fait de sa maladie, se trouve dans un état de faiblesse et de détresse aggravés. Toute maladie grave confronte le patient à des questions existentielles et des angoisses autour de la vie et de la mort. A la souffrance physique due à la maladie, s’ajoute une souffrance psychique qui peut amener l'individu à se détourner des traitements classiques pour privilégier une «méthode miracle» le libérant de sa maladie, de ses questionnements et de ses souffrances.

Mais il s’agit là d’un mirage, L’UNADFI a été confrontée à plusieurs cas de décès de patients dont des mineurs, qui ayant eu recours à la «Médecine Nouvelle» et à ses dérivés ont interrompu leur traitement médical et «succombé dans d’atroces souffrances».

[2] Informations issues du site : free-news.org/hamefr03.htm (site pro-hamer)

[3] La psycho-généalogie est une technique d’aide à la thérapie qui permet grâce à une redécouverte de son passé familial de se repositionner dans le présent et de résoudre des symptômes psychologiques liés à des non-dits, des secrets de famille en ré-écrivant son « roman familial».

Témoignage d'une famille victime de la méthode du docteur Ryke Geerd Hamer
 
 
Video: Que cache la méthode du docteur Ryke Geerd Hamer
 

Filmé en caméra cachée, le pseudo-médecin François Leduc explique certaines des théories du mouvement qu’il préconise. «Le cancer, c'est pas un ennemi, c'est un allié», explique l’homme. Il refuse également de croire à l'utilisation de la médecine moderne. «La chimiothérapie aussi, c'est sympathicotonique, résume-t-il. Comme j'ai dit, ça bloque la réparation.» (sic)
Une médecine nouvelle criminelle *
http://lcn.canoe.ca/ (mai 2010)
[Texte intégral]
 
Alain Piat
 

L’équipe de J.E. a fait enquête sur un homme décédé d’un cancer dans d’atroces souffrances après avoir suivi les principes de la Médecine nouvelle germanique, qui prône de ne suivre aucun des traitements médicaux recommandés.

Alain Piat était atteint d’un cancer de la prostate et du cancer des os. Louise-Marie Bédard et François Leduc l’ont convaincu de s’en remettre à la Médecine nouvelle germanique. Ce mouvement, né en Europe au début des années 1980, affirme que toutes les maladies proviennent d’une «détresse émotionnelle inattendue».

Filmé par caméra cachée par l’équipe de J.E., François Leduc a expliqué certaines des théories du mouvement qu’il préconise. «Le cancer, c'est pas un ennemi, c'est un allié», explique l’homme. Il refuse également de croire à l'utili- sation de la médecine moderne. «La chimiothérapie aussi, c'est sympathicotonique, résume-t-il. Comme j'ai dit, ça bloque la réparation.»

Alain Piat a écouté ces théories et a fini par être convaincu que ses deux cancers étaient dus à des conflits avec sa femme et sa fille. «Mon mari me le disait: 'Il faut qu'on se sépare, François dit que je guérirais plus vite'», explique l’épouse du défunt, Véronique Maillard.

Sans médication, ses derniers jours ont été accompagnés de douleurs atroces. «Une fin de vie comme il a eue, c'est inhumain, se désole Véronique Maillard. De souffrir comme ça pendant un an, c'est inhumain.»

Les prophètes de la Médecine nouvelle germanique ont une autre vision de la souffrance. «C'est bon signe quand tu as mal, raconte Louise-Marie Bédard. Le corps se répare, c'est bon signe.»

Pour le Collège des médecins du Québec, les personnes qui ont conseillé Alain Piat pratiquent illégalement la médecine. «Ça ne tient pas debout cette hypothèse-là, s’insurge le président du collège, le docteur Yves Lamontagne, que vous devenez cancéreux parce que vous avez un conflit. Parce que si c'est ça, tout le monde est cancéreux.»

(TVA Nouvelles)

* titre ajouté par le Centre Info-sectes


La jeune Marion Piat témoigne après la mort de son père

17-02-10

"Tout a commencé en octobre 2007, mon père était en mission professionnelle au Guatemala. Un matin, il était plus capable d’uriner, un calcul qui bloquait la vessie, opération d’urgence. L’urologue qui l’a opéré a remarqué que la prostate avait une forme et aspect anormal. Biopsie, tests sanguin, diagnostic pessimiste, cancer de la prostate. Déjà dans sa tête, la décision était prise, il ne voulait pas se faire mutiler, ni être l’objet d’un quelconque acharnement médical, tel sont les thermes qu’il employait en parlant de la médecine traditionnelle.

Il rencontre très peu de temps avant tout ca un thérapeute de la médecine nouvelle germanique, mon père se tourne donc vers lui pour voir ce qu’il en pense. Il faut trouver votre conflit, explique le thérapeute, ensuite tout ira pour le mieux, je vous aiderais à trouver votre conflit. Alors mon père se confit (au téléphone) de tout et de rien avec un homme qu’il ne connait qu’a peine.

Le thérapeute fini par mettre le doigt sur le problème…Sa fille...moi…le copain avec qui j’étais en couple ... j’ai donné le cancer a mon père a cause du tracas qu’il se faisait pour mon couple ... Bien sur je ne me sens plus coupable du tout car je sais a quel point cette médecine est ridicule de A à Z, mais imaginez comment vous vous sentiriez quand une conversation sérieuse avec votre père sur l’amour du moment, un amour de passage devient un message poignant que vous lui avez donné le cancer.. Bien sur ce passage de l’histoire est peut être le moins difficile à entendre pour vous et a écrire pour moi. Tout ca n’a fait que dégénérer au fur et a mesure que les jours et les mois avançaient.

Au début mon père continuait à travailler, puisque de toute façon son contrat finissait en juin 2008. Je dirais que de octobre 2007 a juin 2008 tout a été a peu prêt. Mais lorsque mon père à arrêter de travailler il a commencé à se laisser, aller a se plaindre de douleurs dans le dos et dans les hanches.

Nous sommes parti en France pour le mariage de ma tante (sa petite sœur) puis il allait de plus en plus mal a notre retour ca n’allait toujours pas il était souvent entrain de dormir et restait coucher car la douleur était difficile a gérer.  Nous avons décidé qu’il fallait peut être qu’il aille a l’hôpital pour au moins voir ce qui se passait. Il accepte mais ne veut pas de médicament ni de chirurgie ni rien, les choses sont clairs. Les docteurs pensent aux métastases osseuses, tests, diagnostic : cancer des os. Et la, tout a commencé à dégénérer.

Papa va de plus en plus mal, la tension monte, il est alité se lève pour manger, aller aux toilettes et fumer ses cigarettes. Puisqu’il est alité et avait énormément de difficulté à se lever, maman et moi devions s’occuper de lui tout le temps, au début ce n’était pas difficile puisque comme je vous dis il arrivait quand même à se lever pour certaine chose. Mais par la suite tout c’est écrouler. Il ne pouvait plus du tout se lever, il souffrait le martyre, mais c’était normal il guérissait spécifiait le thérapeute, car pour eux la souffrance fait parti de la guérison… il n'avait pour médicament que des aspirines qu’on prend pour les maux de têtes, et des médicaments a base de plantes que sont thérapeute lui vendait, ainsi que des huiles essentiel a mettre sur la langue.

En octobre 2008, il souffrait tellement qu’il criait qu’il pleurait, quasiment sans cesse. Puis il souffrait tellement, qu'un jour nous le convainquons de se faire hospitalisé, il accepte contre tout attente. Quand l’ambulance est arrivé les ambulanciers ont eu beaucoup de mal a le mettre sur la civière tellement sont corps lui faisait mal. Dans l'ambulance, papa parlait aux ambulanciers pourquoi il souffrait ‘’parce que il guérissait’’ il disait. Et il expliquait ce qu’était la médecine nouvelle germanique. Une fois a l’hôpital, les infirmières proposent des médicaments pour le soulager mais il ne voulait rien.

Comme il n’acceptait aucun médicaments et ne voulait subir aucun traitement alors les médecins lui donnent congé il doit retourner a la maison. De plus en plus sont état se détériore, il ne se lève plus pour aller au toilette, nous lui avions mis un pot à coté de son lit et il portait des couches car bien souvent il ne sentait rien quand il urinait.

Il souffrait horriblement, il mangeait très peu, il nous parlait très très mal, car parfois nous oublions de faire des choses qu’il nous avait demandées, mon père qui avait toujours été très bon et très gentil avait changé du tout au tout. Puis un jour, il nous parle de se séparé il voulait partir, il nous explique qu’il fallait qu’il parte pour guérir car avec nous il n’y arriverait jamais… (Mais en réalité ce n’était que les mots du thérapeute…). En décembre 2008, il ne se levait plus du tout, il fumait dans la chambre, mangeait dans la chambre etc ... Nous ne pouvions rien faire, nous avions tout essayé, à chaque fois que maman essayait de le convaincre d’aller a l’hôpital elle en prenait plein la gueule, c’était horrible.

Moi aussi j’ai déjà essayé le matin maman allait travailler, moi mes cours ne commençait qu’a 13h donc j’étais le matin avec papa tous les matins il me réveillait de bonne heure car il avait besoin de quelque chose alors je me levais, pour mon père j’aurais fais n’importe quoi. Un matin je l’entend hurlé mon nom, il disait Marion aide moi, alors je me lève en sursaut je vais le voir et il avait tellement mal qu’il en était blanc, les muscles qui lui restait était tout crisper… j’ai voulu lui dire qu’il fallait appelé un ambulance mais j’en ai aussi pris plein la gueule: ‘’tu crois que c’est le moment de me parler de votre putain de médecine, vous voulez vraiment m’énerver toi et mère c’est que ca que vous voulez j’ai mal vous comprenez, j’ai mal, mais arrêter de me parler de votre médecine de merde, car je vais guérir sans elle vous verrez…’’ Ensuite il a eu un problème de phlébite alors apparemment il fallait qu’il mange de l’ail. Ensuite il a eu une plait de lit aussi appelé écart, la il fallait qu’il mâche du Plantin (mauvaise herbe) et qu’il l’applique sur sa plaie... La plaie était rendu a 15 cm de diamètre… un trou en bas du dos …

En Janvier 2009, il décide de faire la démarche de partir de la maison, il voulait aller dans un établissement de soin palliatif, parce qu’il n’arrêtait pas de répéter que avec nous il ne guérirait pas. Alors il fait les démarches, cela prend beaucoup de temps, entre temps maman et moi nous occupions toujours très bien de lui, maman le lavait le soir, moi le matin je lui préparais un lunch pour la journée, je m’assurais qu’il avait tout ce qu’il faut autour de lui, j'aérais sa chambre je lui parlais, je lui mettais de la glace sur le front car il avait des maux de têtes énormes mais ca nous n’avons jamais su ce qu’il en était car aucun test n’avait été fait il ne voulait pas.

Puis en juillet 2009 des ambulanciers viennent le chercher pour le transférer à la maison de soin palliatif. Il nous avait dis 1 mois que lorsqu’il sera dans la maison de soin il ne voulait pas qu’on aille le voir, il voulait rester seul pendant au moins 1 mois… et bien malheureusement il est rentré au soin palliatif un lundi, le mardi une infirmière nous appelle pour nous dire que son état s’est énormément aggraver il ne bouge plus il ouvre les yeux mais ne reconnais pas les gens il ne parle plus il ne mange plus… je suis aller le voir et je savais qu’il nous reconnaissait parce que je le voyais dans ses yeux mais il n’avait plus la force de rien faire son corps était épuisé par la douleur. Le mercredi ca ne c’était pas arranger, il ne parlait toujours pas ouvrait à peine les yeux nous lui parlions mais aucun réponse ni geste.

Nous avons demandé à mon frère de monter de Québec pour venir à Montréal car nous savions que c’était bientôt la fin. Le mercredi soir chacun notre tour nous sommes allé dans la chambre a papa pour lui dire de nous protéger, et pour lui dire surtout a quel point on l’aimait et qu’on allait jamais l’oublier et a chacun de nous il a tourné la tête et a fait un très beau sourire. Le soir maman et moi sommes rentrés et mon frère voulait passer la nuit avec papa. Le jeudi matin a 6h son dernier souffle est arrivé."


Seulomonde Canalblog à été crée pour informer des effets de la médecine nouvelle du docteur Ryke Geerd Hamer, et de tous ces charlatans qui nichent dans le milieu de la santé, de nombreuses victimes en France et à l'étranger, d'où l'importance d avoir un support pour communiquer, et faire partager l'information.

Tous avec Marion

http://seulomonde.canalblog.com/archives/2010/02/17/16949528.html
Les charlatans de la santé " la nouvelle médecine germanique" ont tué son père, depuis pour alerter autorités et médias, elle a crée un groupe sur facebook.

Ils ont tué ma sœur

Video: Quand la Nouvelle médecine germanique tue

Corinne Theos, une victime
de «Nouvelle médecine germanique»
 

Corinne Thos décède le 23 novembre 2005, d'un cancer du sein, refusant tous les traitements, elle était manipulée par un charlatan issu de la nouvelle médecine germanique.

Autorités, médias, associations, pour les proches de victime de cette théorie, le silence est souvent pesant, com- bien de victime en France? en Europe ? qui se cache derrière cette machine meurtrière ? Un réseau de thérapeu- tes dit de "médecine nouvelle" se développe en France, mais également dans les pays limitrophes et trouve son origine dans les théories de Ryke geerd Hamer.

Les adeptes de la médecine nouvelle, se rapprochent, comme un aimant, sur une personne souffrant d'une maladie, profitant de sa détresse, de sa peur, c'est alors que commence un travail d'isolement de son entourage, les personnes visées sont généralement à l'aise financièrement, une jeune maman tombée dans les filets de ces charlatans est décédée.

     
                        2005 à Rouen, en France                                                           Corinne Theos
 

Corinne Thos, est alors agée de 41 ans,professeur de danse sportive. En 2003 elle apprend qu'elle a un cancer du sein, elle fera que quelques séances de chimiothérapie, et abandonnera tous les traitements,sur les conseils d'un psychothérapeute rencontré dans son école de danse, c'est alors que les mensonges vont commencer, Corinne dira a ses proches qu'elle n a plus rien. Mais Corinne change, s'éloigne un peu plus de sa famille, la manipulation mentale infligée par l'adepte de la médecine nouvelle fonctionne comme il se doit, isoler la victime pour avoir la liberté d'agir.

Deux ans plus tard Corinne annonce à ses proches qu'elle a toujours son cancer du sein, et que les os sont touchés mais une adepte de la médecine nouvelle, lui répète que son cancer des os, est normal, "ce sont les trous qui se referment". Cette adepte a déjà été condamnée par la justice française.

A fond dans la stratégie de la médecine nouvelle, Corinne tente de convaincre ses proches, mais son état s'aggrave, elle ne peut plus marcher. Deux mois plus tard,le 23 novembre 2005, Corinne décède, chez elle, laissant une petite fille de 2 ans, et des proches, à qui, elle n'a pas pensé avant de se lancer dans cette dérive.

Ces sectes qui prétendent guérir

Par Festraëts Marion, Koch François, Kouchner Annie

 
Source: http://www.lexpress.frl - 18 juin 1998
[Texte intégral]
 

Cor au pied ou cancer, sida ou maladies mentales, nombre de groupes sectaires prétendent guérir tous les maux par des «thérapies douces». Au risque de laisser mourir leurs «patients». Le pire, c'est que certains médecins les cautionnent. Revue de détail

Aux yeux de ses disciples, Mme Andrée Sixt est une bienfaitrice de l'humanité. Cette infirmière de 51 ans colporte depuis trois ans la bonne parole de Ryke Geerd Hamer, inventeur d'un traitement original contre les maladies graves, fondé sur une théorie extravagante: le cancer, le sida, la sclérose en plaques... proviendraient d'un choc psychologique brutal, un conflit intérieur aigu nommé «Dirk-Hamer Syndrome», dont on pourrait déceler les traces grâce à un scanner cérébral. La solution? Simple et implacable: ni la chimiothérapie, ni la radiothérapie, ni la chirurgie, considérées comme d'insupportables tortures. Mais la «loi d'airain»: on supprime le conflit par une psychothérapie et, miracle! le cancer recule... Une doctrine aux conséquences terrifiantes: faute de soins, des malades passent à côté de chances de guérison ou meurent prématurément.

La semaine dernière, le «maître» a été mis en examen par la justice française pour complicité d'exercice illégal de la médecine, de non-assistance à personne en danger et escroquerie. Andrée Sixt, la présidente de l'association Stop au cancer de Chambéry, principal cercle rabatteur de Hamer en France, a aussi été mise en examen, en 1996, ce qui ne l'empêche pas de poursuivre ses activités. Car les adeptes n'en démordent pas: c'est en puisant dans ses propres ressources psychologiques que l'on guérit du cancer. Le mouvement Hamer est d'autant plus inquiétant qu'il essaime dans toute la France, sous des noms variés.

Dans l'Aisne, par exemple, il sévissait sous l'appellation «Aube, association universelle pour le bien-être». Mais, là, il a dû se dissoudre: l'un de ses plus éminents promoteurs, le Dr Noella Passone - qui, elle aussi, appliquait la fameuse loi d'airain - a été suspendue par l'ordre des médecins, pour avoir succombé à des «théories illusoires». Pourtant, le Dr Passone n'est pas une marginale: jusqu'à sa suspension, elle était médecin, adjointe au chef du service de chirurgie digestive, à l'hôpital de Saint-Quentin.

De plus en plus de médecins cèdent aux sirènes des sectes et acceptent de leur servir de rabatteurs, conduite d'autant plus dangereuse que leur caution rassure les adeptes potentiels. Parallèlement, un nombre croissant de sectes jouent la guérison comme produit d'appel, flattant l'obsession moderne de la santé, à un moment où les Français se laissent tenter par les médecines dites douces ou alternatives. En cette fin de millénaire, l'irrationnel fait recette. «Le nombre de victimes progresse continuellement, affirme le Dr Jean-Jacques Adnet, du Centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales (CCMM). Il est difficile de lutter contre les sectes guérisseuses, car elles ne cessent de s'autodissoudre et de renaître.»

Les Renseignements généraux estiment que leurs adeptes se comptent en dizaines de milliers. Car les thaumaturges d'aujourd'hui appâtent leurs clients en leur promettant des guérisons faciles et prétendument «garanties». «Pour de nombreuses sectes, la santé et la maladie représentent un domaine privilégié où peut s'exprimer leur doctrine, explique le Dr Jean-Marie Abgrall dans Les Charlatans de la santé, à paraître en octobre prochain (Payot). La maladie est pour la secte la manifestation d'une forme de déviance, d'erreur, ou bien encore le prix d'une faute commise dans une vie antérieure.»

De quoi s'interroger sur les relations des médecins avec leurs patients: «Nous avons beaucoup misé sur la techni- cité et trop insisté sur la toute-puissance de la médecine scientifique, reconnaît le Dr Daniel Grunwald, du Conseil national de l'ordre des médecins. Or il existe encore des maladies incurables, des complications, des traitements, des aléas thérapeutiques, et cela, les patients ne l'admettent pas. Ils sont prêts alors à se jeter dans les bras du premier illuminé venu.» A fortiori s'il est docteur en médecine.

Selon les Renseignements généraux, 3 000 médecins (sur 180 000 en exercice) sont proches de sectes. La nouveauté, c'est que l'ordre des médecins ne reste plus inerte. Il y a deux ans, Daniel Grunwald a dénoncé pour la première fois, dans un rapport sur les pratiques médicales et les sectes, les connivences et les dérives de certains de ses confrères: «L'aura de la qualité de médecin constitue une situation idéale de masque, permettant contacts et sensibilisation de possibles nouveaux adeptes.» Depuis la publication de ce rapport, les sanctions disciplinaires se multiplient, mais le phénomène prospère.

Exemples: un généraliste, le Dr Michel Saint-Omer, a été radié il y a un an par l'ordre des médecins du Nord-Pas- de-Calais. Il a fait appel, et le jugement définitif sera rendu en juillet prochain. Un autre généraliste de la région, le Dr Gérard G., vient d'être impliqué à son tour dans une procédure disciplinaire de l'ordre. Tous deux sont soupçonnés d'avoir une part de responsabilité dans la mort de deux jeunes femmes atteintes de cancer. Homéopathes, ces médecins appartiennent au Mouvement du Graal.

Cette secte, qui se réclame de la «conscience cosmique» et de l' «irradiation divine», oriente ses «patients» vers des pratiques médicales ésotériques. Jeûnes et obscurs traitements homéopathiques se substituent à la chimio- thérapie et à la radiothérapie, soupçonnées de «trouer le corps astral», ce qui compromettrait la vie dans l'au-delà... Cadre commerciale dans une société informatique, Evelyne M., victime de la secte, a porté plainte, avant de mourir, quelques mois plus tard. «Pendant un an, j'ai été privée des soins qui auraient pu me donner une chance de guérir, déclarait-elle à L'Express deux mois avant sa mort, en 1997.

Tant qu'il me restera un souffle de vie, je me battrai pour que les médecins du Graal cessent de faire des émules.» Evelyne, 31 ans, mère de deux fillettes de 3 et 5 ans, souffrait d'un cancer du sein. Assommée par l'annonce brutale de sa maladie et la perspective d'une amputation urgente, fascinée par les médecines douces et l'homéopathie, Evelyne est une proie idéale. Sans méfiance, elle suit alors les recommandations d'un ami qui se dit guéri d'un cancer du testicule grâce à deux médecins homéopathes du nord de la France, Gérard G. et Michel Saint-Omer.

Elle rencontre une fois le premier et quatorze fois le second: jouant sur sa crainte, légitime, des effets secondaires de la chimiothérapie, ils la persuadent de suivre leur cure. Le médecin du Graal la convainc d'entamer un jeûne drastique, seul «remède» capable de porter le coup de grâce au cancer. La tumeur, lui promet-il, «s'éliminera en coulant par l'abcès» qui lui ronge le sein. Il lui fait avaler des pilules vétérinaires destinées à soigner le cancer de la mamelle chez la chienne. Elle doit «soigner» également sa spiritualité en dévorant la bible du gourou fondateur, Abd-Ru-Shin, Dans la lumière de la vérité, message du Graal. En vain.

Devant l'ordre des médecins, le Dr Saint-Omer a clamé son innocence, inversant les rôles, se disant «dompté, possédé, manipulé par une patiente extravagante et incontrôlable» - c'est une morte qu'il accuse. Mais la justice aussi s'intéresse à Saint-Omer, de même qu'à son confrère Gérard G. Tous deux ont été mis en examen pour non-assistance à personne en danger, ainsi qu'une troisième adepte du Graal, une petite mamie ardente qui tient avec conviction la boutique de diététique Vie Nature, à Tourcoing: elle avait hébergé Evelyne pendant son jeûne «purificateur» de vingt-cinq jours.

Alors que l'instruction touche à sa fin, le Dr Gérard G. poursuit ses activités de médecin de ville, à La Madeleine, dans la banlieue de Lille, même si tout indique qu'il joue un rôle majeur dans la secte. En tout cas, il présidait le cercle lillois du Mouvement du Graal et officiait encore récemment à son propre domicile. Sous le pseudonyme de Louis d'Asté, il dirige aussi la collection Conscience et santé aux Editions françaises du Graal. Dans L'Homme malade de la civilisation, sa profession de foi, il écrit: «La science médicale est dans une impasse» parce qu'elle «méconnaît les lois de l'environnement terrestre». La mort d'une autre de ses patientes, atteinte elle aussi d'un cancer du sein, devrait prochainement conduire Gérard G. devant l'ordre des médecins du Nord-Pas-de-Calais.

Les sectes guérisseuses n'ont pas toujours un médecin à leur tête. Souvent, les gourous se contentent de miser sur leur propre pouvoir. Maud Pison, par exemple. Cette pseudo-psychanalyste prétend guérir cancer, sida, schizophrénie, hystérie et autisme. Convoquée le 6 mai dernier en appel devant la cour d'Aix-en-Provence, elle s'est bien gardée de se présenter. Le tribunal correctionnel de Draguignan l'a déjà condamnée pour escroquerie à un an de prison avec sursis, et elle n'a pas pu réfuter le témoignage d'Isabelle, 29 ans, qui a porté plainte contre elle.

«Je suis devenue paranoïaque, enfermée dans la terreur des bêtes sataniques, phobique du sommeil et des rêves», raconte la jeune fille, aujourd'hui professeur d'université. Il y a sept ans, elle a succombé aux beaux discours de Maud Pison, 75 ans, et de Jean-Pierre Galiano, 41 ans. Ces deux-là se présentaient respectivement comme la réincarnation de la Vierge et du Christ, et dirigeaient près de Saint-Tropez un très ronflant Institut de recherches psychanalytiques, bref une secte. Dentiste, Galiano s'adonnait à une pratique singulière: il faisait sauter les plombages dentaires pour permettre à ses patients de communiquer avec les extraterrestres. Sans anesthésie, «pour mesurer [leur] résistance énergétique». Neuf des adeptes de Pison et Galiano, radié depuis par l'ordre des dentistes, ont porté plainte contre le tandem.

Il n'est pas si facile de coincer les gourous guérisseurs et leurs rabatteurs, qui naviguent habilement à la lisière de la légalité, jouant sur l'ambiguïté de leurs doctrines et sur le respect des libertés individuelles: à chacun ses croyances, ses choix thérapeutiques, ses médecins et ses curés.

Au nom de cette liberté, Guy-Claude Burger défend un mode d'alimentation qui suffirait, selon lui, à tout éliminer: mauvaises odeurs, caries, douleurs, et même les maladies réputées incurables. Le fondateur de l'instinctothérapie, dont L'Express avait révélé les pratiques pédophiles l'an passé (n° 2399), se targue d'avoir guéri leucémies, sidas et scléroses en plaques. Depuis trente-cinq ans, avec l'appui de quelques médecins, comme Jean Seignalet, professeur à la faculté de Montpellier, le mage chevelu prône le retour à l' «alimentation originelle». Notre organisme ne se serait jamais adapté à la cuisson des aliments, qui dénature les molécules. Comme un carburant mal adapté, la nourriture cuite provoquerait des ratés dans le moteur, qu'on pourrait éviter en excluant les produits laitiers, «toxiques», et en consommant les aliments à l'état le plus naturel possible: crus, sans assaisonnement. Au centre de Montramé, le château que possède la secte à Soisy-Bouy (Seine-et-Marne), on rencontre quelques naïfs prêts à croire n'importe quoi, mais surtout des malades en bout de course, qui ont tout essayé.

André, par exemple, un ingénieur belge condamné par un cancer. Sur les conseils de son médecin, il avait stoppé tout traitement pour se consacrer à l' «instincto», et claqué ses économies pour s'offrir une cure à Montramé: plus de 10 000 francs les trois semaines. André ne dormait plus, se tenait à peine debout. Des oedèmes boursouflaient ses jambes, mais la personne qui fait là-bas office de médecin lui répondait, comme aux autres: «C'est bien, tu détoxines.» Détoxiner, cela veut dire que l'organisme évacue toutes les cochonneries ingurgitées du temps où l'on n'était qu'un «cuit». Chez les instinctos, on n'est plus jamais malade: on détoxine, nuance. On peut en mourir, comme la propre femme du gourou, décédée d'un cancer du sein. Aux adeptes qui s'en étonnent on répond qu'elle n'avait pas bien suivi les préceptes de son mari. Burger, qui a déjà été condamné en 1996 pour exercice illégal de la médecine, est actuellement incarcéré. Mais, à Montramé, tout continue.

La fin du monde pour 1999

L'Ecole spirituelle de l'énergie humaine et universelle (HUE, pour Human Universal Energy), secte internationale recensée dans le rapport parlementaire de 1995, est dirigée par un guérisseur autoproclamé. Luong Minh Dang, né en 1942 au Vietnam, affirme avoir reçu l'enseignement d'un certain Dasira Narada II, qui le tenait lui-même de Dasira Narada I, philosophe sri lankais mort dans les années 20. HUE prône une pseudo-thérapie, à base d'imposition des mains et de techniques de respiration, qui prétend tout guérir, du cor au pied à la maladie d'Alzheimer. Maître Dang a émigré dans le Missouri, aux Etats-Unis, en 1985. Il y a importé sa doctrine, un fatras de bouddhisme, de christianisme et d'hindouisme, où l'on croise aussi les Atlantes et les dieux égyptiens. Il s'agit d'«injecter de l'énergie universelle et cosmique dans l'organisme du patient pour neutraliser son état d'affection en débloquant ses canaux d'énergie», les chakras, librement empruntés aux théories du yoga.

L'enseignement de Maître Dang est dispensé dans plus de 80 centres en France. Le plus récent s'est ouvert samedi dernier à Marseille. On y apprend à soigner son prochain en stimulant ces fameux chakras. Les élèves ? Des proches de malades désemparés et des praticiens, impuissants face à certaines maladies ou fascinés par l'irrationnel, qui servent d'agents recruteurs et donnent des cours à leur tour. Les 30 et 31 mai dernier, un séminaire de niveau 5 - il y en a 6 en tout - a rassemblé plus de 1'000 personnes au palais des Congrès de Versailles.

«En France, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont probablement assisté aux niveaux 1 et 2, explique Mathieu Cossu, membre de l'Unadfi (Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu). La plupart s'arrêtent là. Mais ceux qui atteignent le niveau 5 s'imaginent en savoir autant qu'un médecin!» Nathalie, une jeune Marseillaise malade du sida, a cessé tout traitement pour se soigner exclusivement à l'énergie universelle. Elle ne se protège même plus lors de ses rapports sexuels.

Au terme de l'enseignement, le disciple est capable de «traiter» quotidiennement, en quelques secondes, voire à distance, un nombre illimité de malades - utile en cas de catastrophe naturelle ou de cataclysme nucléaire. Dang prédit la fin du monde pour 1999. Alors, les initiés devront passer dans la «quatrième dimension», où ils se réincarneront pour vivre 180 ans. Mention spéciale pour les femmes ménopausées: elles redeviendront fertiles et enfanteront jusqu'à trois fois par an...

Le récent virage millénariste de HUE, l'évocation de l'apocalypse et d'une réincarnation des initiés font redouter une vague de suicides à la date fatidique, d'autant plus que de nombreux adeptes ont d'ores et déjà renoncé à payer leurs charges, impôts ou cotisations de retraite en vue du jour J. D'autres ont cessé tout traitement médical. Car le très prudent Maître Dang ne réclame pas explicitement l'arrêt des médicaments. Mais il prévient ses malades que s'ils conjuguent l'énergie universelle à d'autres traitements, celle-ci perdra de son efficacité.

Autre secte importée d'Orient, Sukyo Mahikari (Lumière de vérité), qui compte 500'000 initiés dans le monde, dont 25 000 en France. Sa doctrine s'appuie sur la toute-puissance de la lumière, transmise par la paume de la main au bout de trois jours d'initiation. La lumière est censée résoudre tous les problèmes, chasser les mauvais esprits et soigner les maladies. Au cours des séances, les adeptes entrent en transe, rient, pleurent, et discourent dans des langues inconnues. Dite impure, la médecine est absolument proscrite: «Les thérapies font croire aux hommes qu'ils sont guéris, explique un document interne. Leur résultat est l'accumulation des graves préjudices suivants: stagnation des toxines, intoxications répétées, destruction du corps humain par la chirurgie.»

Christiane J., qui a vécu dix ans sous l'emprise de la secte Mahikari, raconte comment on l'a dissuadée de faire hospitaliser son mari, cardiaque: «La dirigeante m'a dit que les médecins nous envoyaient faire des examens pour des raisons mercantiles et que les traitements allaient nuire à sa santé puisque médicament = poison.» Le mari de Christiane est mort quelques mois plus tard, après un malaise cardiaque. Comme la plupart des victimes, elle n'a pas porté plainte.

Ces sectes orientales ont le mérite de revendiquer clairement leurs prétentions guérisseuses. Les groupes se réclamant du christianisme distillent plus discrètement leurs préceptes. C'est en embellissant l'âme que «gourelles» et gourous assurent dispenser leurs soins: «Là où la médecine dit ?inguérissable?, ne vous le tenez jamais pour dit (...). Il suffit de prier et le miracle se fait (...). Les métastases s'envoleront sous vos doigts. Vous n'avez pas à vous soucier comment. Ce que je peux vous dire, c'est qu'elles disparaîtront», martèle Yvonne Trubert, créatrice de la secte IVI (Invitation à la vie), dans l'une de ses cassettes de conférences. Cancer, sida, sclérose en plaques: aucun «Satan» ne devrait résister.

Surréalistes, les délires guérisseurs? Non, tragiques. Les sectes tuent. «Elles privent l'adepte malade de traitements éprouvés et le laissent, pour le moins, mourir prématurément», s'emporte le Dr Dominique Dehaudt, qui, en 1996, a créé une commission sur les pratiques illégales de la médecine et les sectes au sein du conseil départe- mental de l'ordre des médecins de Vendée. Lui reste sur le coeur l'histoire de Freddy, 25 ans, mort d'un cancer du testicule, une tumeur qui, prise à temps, guérit dans plus de 90% des cas. Le jeune homme, son frère et sa mère étaient adeptes d'un mouvement évangéliste sectaire.

Quand la maladie a frappé, ils ont tous prié, remerciant Dieu d'avoir distingué Freddy par cette épreuve. C'est sa tante qui a alerté Dominique Dehaudt, lorsqu'elle a assisté, horrifiée, à la progression du mal. Celui-ci a dû parlementer plus d'une heure devant une porte close et brandir le livre de l'Ecclésiaste, chapitre 38, qui légitime l'intervention du médecin. Quand Freddy a enfin ouvert, une souffrance inouïe se lisait sur son visage. Il pouvait à peine se déplacer: sa tumeur pesait exactement 984 grammes! Elle avait envahi tant d'autres organes que les traitements, finalement acceptés, n'ont pas pu le sauver.

Malgré ses prières «miraculeuses», IVI a sa face obscure. Nadine Schuster, adepte de la première heure, a été radiée de l'ordre des médecins pour faute grave et pour des pratiques charlatanesques dont ont été victimes un malade du sida et deux femmes souffrant de cancer. Une décision confirmée en appel. Le 1er avril dernier, un pourvoi devant le Conseil d'Etat a été jugé irrecevable. Et une plainte pour homicide involontaire a été déposée par Me Pascaline Saint-Arroman-Pétroff pour le décès d'une des patientes de Nadine Schuster, Marie-Françoise Lepineux.

L'instruction est en cours au tribunal de grande instance de Paris, où Nadine Schuster et sa consoeur, Maud André-Vilgrain, ont été entendues. Leur patiente souffrait d'une tumeur à la main. On lui avait imposé les mains au-dessus des chakras, dont l'ouverture provoque la libération d'énergie: mais ni ces nombreuses «harmonisations» ni le traitement homéopathique préparé spécialement par le laboratoire Theophane n'en sont évidemment venus à bout. Jamais, de mémoire de cancérologue, on n'avait vu de tumeur si volumineuse - plus de 1 kilo! - une monstruosité digne du Moyen Age. Et Marie-Françoise souffrait. Atrocement.

Avant de mourir, elle racontera comment elle a connu IVI, dans une lettre pathétique adressée à Yvonne Trubert, qui anime son groupe de prières. C'est à l'hôpital Bichat, où les chirurgiens tentent de lui enlever sa tumeur, que la jeune femme a rencontré Marie-Jo Monard, une kinésithérapeute adepte, elle aussi, des harmonisations.

Vapeurs d'encens et mixtures

Ainsi entre-t-on dans la secte, happé par des médecins, des étiopathes, ces rebouteux des temps modernes, ou par des spécialistes des manipulations physiques. Car Yvonne Trubert, dans sa grande sagesse, sait s'entourer de professionnels à sa dévotion. IVI dispose d'une structure originale, la Maison de santé, où de doctes praticiens ont conçu une thérapeutique inédite, à la mesure d'Yvonne: la médecine mariale. Une lettre du Dr Maud André-Vilgrain nous éclaire: «Nous travaillons [avec Nadine Schuster] sur les métaux, dont les couches électroniques vibrantes fondent les mémoires de nos familles et de nos vies, et sur l'eau, qui enregistre amoureusement, pour mieux le confier à celle qui la contient: Marie.»

Sans trop dénaturer ce raisonnement «scientifique», on peut le résumer ainsi: les métaux contenus dans l'eau «percutent et régénèrent l'ADN» et, comme dit Yvonne, «ADN = âme». Ces médecins et autres étiopathes ont pignon sur rue. Ils officient à la Maison de santé, mais aussi dans des cabinets privés. A Paris, dans le XVIe arrondissement, ils se sont regroupés sous la direction d'un adepte de la première heure, Philippe T., qui appartient au groupe de prière «Cristal bleu or, triade du cygne». Médecin, il exerce également dans un hôpital du XVe arrondissement. Sa philosophie? «J'essaie, écrit-il, de faire prendre conscience des ruptures d'équilibre vibratoires, dans lesquelles nous vivons, qui nous ouvrent à la maladie.»

Les sectes courtisent les médecins qui dérivent vers l'irrationnel, parce qu'ils sont leur tête de pont la plus solide: «Les Salons de médecine douce et les symposiums de médecines parallèles forment le terreau sur lequel fleurissent les sectes guérisseuses, les groupes de prière et les charlatans de tout poil», accuse Jean-Marie Abgrall. On assiste, selon ce dernier, à un retour des «patamédecines» - comme il y a eu la pataphysique - relookées par un rien de philosophie New Age.

Admettre que l'homéopathie, la plus prisée des médecines alternatives, avec ses perlimperlipipinus 30 CH haute- ment dilués, puisse traiter une affection peut passer pour un signe de crédulité. Les iridologues, eux, lisent les maladies dans les yeux, les auriculothérapeutes dans les replis de l'oreille, et les trichologues dans les cheveux, comme Nadine Schuster, le médecin d'IVI. Quand ils ne soignent pas, ils sont juste loufoques. Mais quand ils prétendent traiter, on peut tout de même s'inquiéter de leurs dérives. Médecin suisse, Tal Schaller est une supérette des médecines parallèles à lui tout seul. Il soigne par le chamanisme, la phytothérapie, la diététique, la médecine holistique, le rire et, moins drôle, l'urinothérapie, dont les vertus antibiotiques feraient merveille. Tal Schaller a ouvert dans le sud de la France trois Instituts de recherche et d'applications de médecine globale.

C'est contre un autre de ces touche-à-tout que deux plaintes pour abus de faiblesse et charlatanisme ont été déposées à Paris récemment, l'une devant l'ordre des médecins de l'Ile-de-France, l'autre au tribunal de grande instance. Réputé pour ses traitements amaigrissants et anti-migraineux, le Dr M. s'était taillé une belle clientèle dans le XVIe arrondissement. Glissant peu à peu vers l'aromathérapie et la gemmothérapie, il recevait ses patients dans des vapeurs d'encens et vendait, en guise de prescriptions, ses propres mixtures magnétisées - incantations à l'appui. Plus dangereux encore: il recommandait ses malades à un dentiste «énergétique» - de ceux qui ôtent les plombages bloquant le passage de l'énergie cosmique. «Pis, accuse Me Olivier Morice, ce praticien envoyait certaines de ses patientes en stage à Périgueux, dans la secte Harmonie holistique.» La mère de l'une de ses victimes raconte: «On apprend dans cette secte l'usage des onctions aux huiles saintes, consacrées les nuits de pleine lune par un prêtre celte!»

Les affaires de sectes commencent à se régler au grand jour. L'ordre des médecins semble décidé à faire le ménage dans sa propre maison. Il s'attribue désormais un droit de regard sur les pratiques des médecins, veillant à ce que les malades reçoivent des traitements ayant fait leurs preuves. Le 19 mai, l'ordre a lancé un appel pour que lui soient «confiées des missions nouvelles lui permettant d'attester la qualité des actes médicaux»: une proposition en rupture avec une tradition d'indépendance plutôt chatouilleuse.

Les familles hésitent moins, également, à saisir les tribunaux. Mais englués dans le piège affectif des gourous, ligotés par la peur et la honte, les anciens adeptes renoncent souvent à porter plainte. Pris en otage, leurs proches hésitent à bouger: «Si nous intervenons, explique le parent d'une victime, nous risquons de rejeter ceux qui nous sont chers dans les bras de fous et d'incompétents notoires, et de rompre le fil ténu qui nous relie à eux.» Une seule solution: se faire épauler ou, mieux, relayer. Catherine Picard, député PS de l'Eure et présidente du groupe parlementaire sur les sectes, vient de convaincre la garde des Sceaux de soutenir une proposition de loi permettant aux associations spécialisées de se porter partie civile. Pour éviter que des malades ne soient privés impunément d'une chance de guérir.

Le Dr. Hamer se réfugie en Norvège pour échapper à la justice !

Vidéo: La «nouvelle médecine germanique» prétend pouvoir soigner un cancer du sein par téléphone ! (rtbf.be - 12.01.2011)

Témoignages de trois anciennes collaboratrices de Ryke Geerd Hamer

Interview de Mme Gemmer: «Les victimes étaient des personnes jugées perdues par la médecine traditionnelle»

Interview de Mme M.: «Nous n’avions pas assez d’argent pour fournir aux malades la nourriture quotidienne»

Interview de Mme F.: «Je n’ai jamais remarqué que quelqu’un soit reparti guéri»

Le rapport 2009 de la Miviludes
 
De la séduction à l'emprise mentale à travers un discours
pseudo-thérapeutique et charlatanesque
 
 
On assiste à une véritable explosion de la culture New-Age dans laquelle
s'engouffre des mouvements sectaires et des psycho-groupes dangereux
 

De telles dérives adviennent en partie à cause du manque de prévention au niveau scolaire et par le manque de connaissance de ce que sont les différents degrés et stratagèmes de la manipulation mentale. De plus en plus d'ex-adeptes de grandes sectes ont maintenant le champ libre pour manipuler nos concitoyens avec les méthodes qu'ils ont apprises; ne serait-ce que par simple mimétisme ou ritualisation excessive !

Centre info-sectes (Suisse)

Les dérives liés à notre santé et à notre bien-être (Europe1.fr - 7 avril 2010)
 
Témoignage-audio: Stage d'initiation à l'iboga. "C’était la fatigue et des rituels"
Témoignage-video: Le témoignage de Nathalie De Reuck, dont la mère est morte d'un cancer, victime de deux "thérapeutes" (TF1 - 7 avril 2010)
 
Rapport 2009: La Miviludes pointe les dérives sectaires du New Age (le Journal du Dimanche - 7 avril 2010)
Rapport 2009: La Miviludes s'inquiète du néo-chamanisme et des nutritionnistes (france24.com - 7 avril 2010)
 
Comment faire respecter l'obligation scolaire ? (localtis.info - 07 avril 2010)
Sectes: des enfants à protéger (metrofrance.com - 7 avril 2010)
Les “breatharians”, une secte qui ne manque pas d’air (Courrier international - 19 mai 2003)

Les sectes: un mal de civilisation