Les enfants dans les sectes

Des pensionnaires d'un Lebensborn (foyer destiné à produire des enfants aryens) saluant le Führer en 1938
(Source Marc Hillel «Au nom de la race»

Video: Témoignage d'une jeune femme née dans la secte "La famille" (LCP - 14 octobre 2010)

Vidéo: Que faire pour aider les enfants dans les sectes (LCP - 14.10.2010)

MIVILUDES: Un guide pour protéger les mineurs contre l'emprise sectaire (LCP - 14 octobre 2010)

Audio: Un guide pour protéger les enfants contre les dérives sectaires (RTL - 14 octobre 2010)

Amoreena, victime de la secte "Famille internationale", témoigne sur RTL (RTL - 14-17 octobre 2010)

Chez un enfant quels sont les signes d'une possible dérive sectaire (RTL - 14 octobre 2010)

L’emprise des sectes sur les mineurs difficile à appréhender (la-croix.com - 14 octobre 2010)

Sectes: ces enfants que se disputent les parents (lagazettedeputeaux.wordpress.co - 15 octobre 2010)

La Famille internationale (ex-Enfants de Dieu): abus sexuels coutumiers en série (San Francisco Chronicle - 27.01.05)

«La Famille Internationale»

Vidéo: Témoignage d'une jeune femme née dans la secte "La Famille"

La secte "La Famille" se nommait auparavant "Les enfants de Dieu"

Alors que de deux-tiers des français considèreraient les sectes comme une menace à la démocratie, un français sur quatre aurait «été personnellement contacté par une secte ou les membres d’une secte». Issus d’un sondage IPSOS, les chiffres publiés mercredi 29 septembre par la MIVILUDES (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) lèvent le voile sur l’ampleur de la présence des mouvements sectaires sur le territoire national.

Si l’existence de mouvements sectaires n’est pas nouvelle en France, les autorités publiques ont récemment redéfini leur stratégie pour prévenir leur progression, centrée sur des dispositifs de surveillance et de protection des mineurs. Cette évolution, soutenue à droite comme à gauche, a été entamée par les travaux de la commission d’enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs de 2006 et prolongée par la création en 2008 de la MIVILUDES. Les pouvoirs publics doivent ainsi trouver des solutions pour éclairer l’opinion sur les dangers que représentent ces organisations. Il semblerait néanmoins que les revendications associations dites «sectaires» portant sur la liberté de culte aient porté leurs fruits, puisque désormais la frontière entre religion et secte paraît brouillée pour un certain nombre d’entre-elles.

Vidéo: Que faire pour aider les enfants dans les sectes

Dans cette vidéo:

Georges FENECH, président de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) explique que pour un ex-adepte qui ose témoigner de nombreux autres restent dans l'ombre. La MIVILUDES vient d'éditer un guide pour donner des outils et tenter d'apporter des solutions (textes de lois, aide à l'enfance).

Catherine PICARD, présidente de l’UNADFI (Union Nationale des Associations de Défense des Familles et de l'Individu) explique dans cet extrait vidéo les difficultés rencontrées pour aider les enfants victimes de sectes. Sortir d'une secte c'est se retrouver exclu de ses anciennes relations et se retrouver la plupart du temps sans rien.

Témoignage de Magalie dont la maman, Eliane Deschamps, est la gourelle d'une petite secte «Amour et Miséricorde». Une secte qui a été dissoute récemment par la justice française.

     
    "On se sent responsable de n'avoir pas aider ceux qui sont restés dans la secte"
    "On avait pas le droit de parler à l'école et à qui que ce soit de se qui se passait dans la secte"
    "Tout ce que disait ma mère était pour nous la vérité"
Source de ces deux extraits vidéo: LCP - Faut-il-encore-avoir-peur-des-sectes.html (14 octobre 2010)
 

Audio: Un guide pour protéger les enfants contre les dérives sectaires
 et détecter les cas de maltraitance
 
Interview du directeur de la protection judiciaire de la jeunesse
et de Georges Fenech, président de la MIVILUDES

(RTL - 14 octobre 2010)

Amoreena, victime d'une secte, témoigne sur RTL

Amoreena une enfant entraînée dès l'âge de 4 ans dans la secte des «Enfants de Dieu»

Audio 1: Témoignage d'Amoreena (RTL - 15 octobre 2010)

Audio 2: Témoignage d'Amoreena (RTL - 17 octobre 2010)

De 50.000 à 60.000 enfants en France seraient victimes de maltraitances liées à un endoctrinement dans une secte. 5.000 seraient plus particulièrement en danger.

Ce sont les chiffres alarmants donnés par Georges Fenech, président de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). L'association publie un guide de protection pour expliquer aux adultes comment déceler efficacement toute dérive sectaire.

Une démarche indispensable selon la Miviludes pour tenter d'endiguer un fléau qui touche les plus vulnérables. RTL a recueilli le témoignage d'Amoreena. Aujourd'hui âgée de 32 ans, elle raconte dans un livre comment elle était devenue, comme les autres enfants, un véritable objet sexuel pour les adultes.

Quels sont les signes d'une possible dérive sectaire chez un enfant

  • lorsqu'un enfant s'isole à l'école,
  • lorsqu'il a un autre discours,
  • lorsque l'enfant est amaigri,
  • lorsqu'il est silencieux.

C'est peut-être un problème personnel mais c'est peut-être aussi une emprise sectaire qui le conduit à devenir un enfant à part.

En France il existe un numéro vert pour venir en aide aux victimes:
le 119 (ou le o8VICTIMES)
L’emprise des sectes sur les mineurs difficile à appréhender
http://www.la-croix.com/ - 14/10/2010
[Texte intégral]

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) publie un Guide de la protection des mineurs contre les dérives sectaires

Un Guide de la protection des mineurs contre les dérives sectaires (1) a été édité à 4 000 exemplaires par La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Centré sur la prévention, cet ouvrage met en garde contre des manipulations dont l’impact sur les enfants n’est toutefois pas encore précisément mesuré.

Conçu dans le prolongement d’une commission parlementaire de 2006, il entend donner des outils aux services de protection maternelle et infantile, aux personnels éducatifs, aux professionnels de l’action sociale et aux familles pour mieux déceler les dérives sectaires, ainsi que pour les signaler et y remédier

Que sait-on vraiment de l’emprise des sectes sur les enfants en France ?

Il est très difficile de savoir très exactement combien de mineurs sont sous l’emprise d’une secte. La plupart des estimations reposent sur le nombre d’enfants instruits à domicile, qui ne sont pas nécessairement dans une secte, ainsi que sur le nombre de familles identifiées comme appartenant à des mouvements bien constitués.

Georges Fenech, président de la Miviludes, considère aujourd’hui qu’entre 50 000 et 60 000 mineurs seraient victimes de dérives sectaires en France. Une cote mal taillée. Le ministère de la santé et des solidarités, auditionné dans le cadre de la commission parlementaire de 2006, estimait quant à lui qu’il y avait en France 45 000 enfants de Témoins de Jéhovah, partant du principe que les trois quarts des adeptes sont parents d’au moins un enfant.

« Pour les autres groupes, on ne peut pas connaître scientifiquement le nombre d’enfants », admettait Emmanuel Jancovici, à l’époque chargé de mission de la prévention contre les dérives sectaires au ministère de la santé. « Je pense qu’il y en a plusieurs dizaines de milliers, 35 000 ou 40 000. »

Quelles conséquences cela entraîne-t-il pour un enfant de grandir sous l’influence d’une secte ?

Selon Philippe Parquet, psychiatre et membre de la Miviludes, les enfants qui grandissent dans une secte peuvent être victimes de dommages à court et à long terme. Très jeunes, ils doivent faire symboliquement le deuil de leurs parents biologiques, qui renoncent à leur autorité au profit du gourou ou de l’institution sectaire.

Plus tard, ils peuvent rencontrer des difficultés à effectuer des choix personnels, même lorsqu’ils sont devenus adultes. « J’ai reçu une patiente qui, alors qu’elle était sortie depuis longtemps du mouvement dans lequel elle a grandi, voulait me voir pour me demander l’autorisation de se marier », raconte Philippe Parquet. Impossible, toutefois, en l’absence d’études globales, d’établir une typologie exacte de ces victimes.

Où en sont les études sur le phénomène ?

La Direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) admet pour le moment ne pas avoir les outils nécessaires pour repérer précisément les mineurs issus de mouvements sectaires. Elle a demandé à l’Observatoire national de l’enfance en danger (Oned) de réaliser une étude pour savoir précisément quelle est la part d’entre eux à avoir contacté ses services.

La justice a en outre installé un « référent sectes » auprès de chaque parquet pour, à l’avenir, mieux identifier les mineurs sous emprise parmi les 440 000 qu’elle accueille chaque année.

Jean-Baptiste FRANÇOIS

Sectes: ces enfants que se disputent les parents

http://lagazettedeputeaux.wordpress.com - 15 octobre 2010
[Texte intégral]

Par Angélique Négroni (le Figaro)

Lorsqu’un père ou une mère tombe sous l’emprise d’un mouvement sectaire, le juge doit mesurer les risques encourus par leur enfant et organiser sa nouvelle vie.

Des enfants en danger au milieu de pratiques pourtant tout à fait légales: telle est la situation dans laquelle peuvent se trouver des mineurs lorsque l’un de leurs parents devient adepte d’un mouvement sectaire. Ces affaires délicates qui, en l’absence d’infraction pénale, échappent à la justice peuvent cependant arriver devant les juges à l’occasion d’une séparation du couple. L’un veut récupérer les enfants pour les libérer d’une emprise sectaire imposée par l’autre et frappe alors à la porte d’un tribunal.

Dans son rapport annuel rendu public mercredi, la Miviludes consacre un volet important à ces décisions de justice rendues par les juges aux affaires familiales (JAF.) Des dossiers qui en volume sont plus nombreux que les affaires pénales. En s’appuyant sur diverses décisions, Amélie Cladière, secrétaire générale de la Miviludes et elle-même magistrate, met en évidence les difficultés du juge. «Il ne doit pas se laisser enfermer dans un présupposé “secte=restrictions des droits parentaux”, comme l’y invitent souvent les conclusions des avocats», écrit-elle.

Le fil unique de la réflexion doit être l’intérêt de l’enfant et ses droits: sa santé physique et mentale, mais aussi ses droits au jeu, au repos et à une vie culturelle, comme l’énumère la convention internationale des droits de l'enfant ratifiée par la France, le 7 août 1990. Un texte auquel il faudrait davantage recourir selon les spécialistes en soulignant que les décisions les plus diverses sont rendues dans ce domaine.

Ainsi en 2003, le TGI de Chambéry avait maintenu la résidence habituelle de l’enfant chez sa mère qui avait rejoint «une secte prônant l’abstention des soins et préconisant la thérapie par l’imposition des mains». Or les juges avaient relevé que cette femme faisait cependant suivre sa fille par un pédiatre et avaient instauré les limites suivantes: «interdiction la plus stricte d’emmener l’enfant au lieu de culte ou de réunion de la secte». Une situation quasi identique soumise à la cour d’appel de Rennes en 2007 s’était soldée par un changement de résidence de l’enfant. Le cas du refus de la transfusion sanguine défendu par divers mouvements est également édifiant: certains juges adoptent «un principe de précaution» et attribuent la résidence habituelle au parent n'adhérant pas à l’enseignement contesté, d’autres considèrent qu’un partage de l’autorité parentale est un garde-fou suffisant. Comment trancher face à un risque qui n’est qu’une simple éventualité? «Les magistrats sont demandeurs de plus de formation», souligne l’auteur du rapport.

Lien maternel privilégié

Mais pour nombre d’avocats spécialisés dans les dérives sectaires, les enquêteurs sociaux et experts devraient aussi être mieux informés. «Méconnaissant ce domaine, ils ne posent pas les bonnes questions et passent à côté des problèmes», souligne Me Line N’kaoua. «Dans neuf cas sur dix, ils rendent une décision favorable au parent adepte de la secte.»

De son côté, Me Roselyne Duvouldy constate que, dans la plupart des cas, ce sont des femmes qui rejoignent des sectes. «En grande majorité les juges vont alors privilégier le lien maternel», déplore-t-elle. Des décisions qui, en grande majorité, selon elles, ne tiennent pas compte de l’intérêt de l’enfant.

La Famille internationale (ex-Enfants de Dieu)

MORTS DANS LA FAMILLE: ABUS SEXUELS COUTUMIERS EN SÉRIE,
VIOL SPIRITUEL PARMI LES ECHAPPÉS DE LA SECTE QUI SE SONT SUICIDÉS
Source: San Francisco Chronicle, mercredi 27 janvier 2005
Don Lattin, chroniqueur religieux.
 
http://www.exfamily.org/chatbbs/fame/posts/10.htm
Traduction résumée de Jacques Richard 30 avril 2005
 

Josh avait 18 ans quand il a quitté les Enfants de Dieu. Trois ans après, le 29-01-1999 il s'est tiré une balle sur le bureau de son frère Chris (nom de famille non-cité, vu sa demande). Josh a laissé deux notes, une pour ses jeunes fils, l'autre pour sa fratrie, mais pas pour ses parents (ceci vraisemblablement non sans raisons, dit Chris).

"Quelquefois je me demande à quoi ils pensent la nuit, écrit Chris, mais ils ont leur Dieu et leur religion à quoi ils s'accrochent, le même Dieu et les mêmes croyances que celles imposées à leurs enfants ".

Josh et Chris font partie des centaines de jeunes adultes nés dans la secte, mais qui plus tard l'ont quittée. Dans le cas de Josh ce sont les difficultés d'adaptation en dehors de La Famille, qui ont contribué à sa mort. Selon Chris c'est aussi le résultat de son envoi dans le "Victor Program" établi par la secte pour dompter les adolescents en rébellion. "Josh a été mis en Victor Program, ce qui comporte privation de sommeil et de nourriture, travaux manuels, mutisme imposé et isolement.", a dit Chris.

Les amis et la famille du mort disent que les suicides résultent d'années de viol sexuel, spirituel et physique qu'ils ont subis en grandissant dans une des sectes les plus secrètes pendant les années 70 et 80.

Personne en dehors du groupe n'a accordé beaucoup d'attention au courant de suicides jusqu'au 8 janver 2005, où Ricky, "Davidito" Rodriguez, qui fut considéré comme l'héritier du trône dans la Famille, a assassiné la secrétaire personnelle de sa mère, Angela Smith, 51 ans, dans son appartement à Tuckson (Texas), puis s'est suicidé au volant de sa voiture à la frontière de la Californie.

Sur sa vidéo, confession de 45 minutes [enregistrée l'avant-veille] Rodriguez révèle que son plan d'origine était de torturer Angela Smith pour obtenir d'elle l'information qu'il lui fallait pour se mettre en chasse de sa mère (avec qui il était en conflit), Karen "Maria" Zerby, actuelle prophète et leader spirituel de la secte. Dans cette vidéo il accuse sa mère et son mari Peter Amsterdam de viols que lui et d'autres, selon lui, ont subis pendant des années au cours de leur croissance dans la secte.

Plus d'une douzaine de transfuges ont dit à The Chronicle que l'activité sexuelle parmi les enfants,les adolescents et des adultes se sont produits dans de nombreuses communautés, spécialement entre 1975 et 1986, après lesquelles La Famille affirme qu'elle "a mis en place de strictes règles pour assurer la sécurité et la protection des enfants"... Mais ceux qui ont suivi les retombées humaines de cette période permissive ont dit que la maltraitance sexuelle n'était qu'un des nombreux démons qui ont conduit des membres de la seconde génération à en finir définitivement.

S'adapter à la vie dans le monde extérieur après des années d'isolement et d'endoctrinement religieux, disent d'anciens membres, peut constituer exactement un même traumatisme que de subir un viol. "Le sexe n'était pas la seule chose qu'on leur volait. Ce n'était même pas la plus grande", a dit James La Metterly, un membre des Enfants d Dieu au début des années 1970. "Leur vie spirituelle a été volée. Dieu leur a été volé".

On dit: "La vérité vous rendra libres", mais pour Marina Sarran ce n'est pas sûr. "Dire la vérité peut vous détruire", a-t-elle dit. Sarran dit ce qui est arrivé à son ami et amant, Ricky Dupuy, qui avait 17 ans quand il a adhéré aux Enfants de Dieu en 1969 à Tuckson. Il a quitté la secte en 1992, et, à 44 ans il est mort d'overdose intentionnelle à Loah, Utah, le 2-6-1996.

Dupuy n'était pas né dans la secte et son nom ne figure pas sur la liste des 31 suicides survenus parmi les tranfuges; mais à beaucoup d'égards son histoire est la même [ntd que celle de Davidito]. "Il avait fait trois tentatives graves de suicide", dit Sarran, qui avait 15 ans lorsqu'elle est entrée dans Church of God en Italie en 1977." Il se sentait comme un "toxico (freak). Il ne pouvait pas penser clair", au cours de la période après son transfuge". "Il disait habituellement: ma vie est finie. Il était très semblable à Ricky Rodriguez. Il avait des visions se voyant prendre une AK-47 et liquidant Karen Zerby et Peter Amsterdam."

En 1993, Dupuy est apparu comme un transfuge typique et une source d'informations sur les pratiques de viol à l'intérieur des EDD, qui alors se sont dénommés La Famille. A ce moment Dupuy a révélé que de jeunes membres de la secte ont été envoyés au Victor Program. Il a dénoncé le centre de redressement un "système brutal et opprimant de manipulation mentale ("thought reform"), soumettant les détenus à "un viol mental, psychologique et physique".

Dupuy a été invité à une émission TV Larry King Life, en 1993, pour une discussion avec des représentants officiels de la secte, qui ont nié unanimement qu'il y ait eu des directives et des doctrines qui aient encouragé la maltraitance des enfants. Interrogé par King sur ce qu'il savait sur de telles pratiques, Dupuy a répondu: "J'ai reçu l'ordre dans le groupe, par sa direction d'avoir des relations sexuelles avec un garçon de dix ans". "Tu l'as fait ?", a demandé King. "Oui" a répondu Dupuy: "C'était pour m'impliquer si profondément que par la suite je sois effrayé à l'idée de jamais sortir et de parler contre le groupe".

Par la suite Dupuy a donné son témoignage dans un procès en G.B. pour garde d'enfant [ndt.le procès de 1995] que lui-même et un autre adulte se sont vus demander par les directeurs d'une demeure de pour soins aux enfants (child-care) en République Dominicaine, en novembre 1983, de permettre à deux filles de les masturber.

Dans son jugement de 1995 Lord Justice Allan Ward a conclu qu'effectivement Dupuy avait été requis d' "agir avec les filles qui n'avaient que dix et onze ans. La petite fille se présentait avec un sarong et sans culotte. Elle l'a masturbé.". Ward a identifié les deux filles comme les filles de deux leaders de haut rang dans La Famille.

Sarran a dit que Dupuy avait été hanté pendant les trois dernières années de sa vie par l'abus sexuel qu'il avait commis, par la confession lors de l'émission Larry King, et par les années de sa vie dilapidées dans les EDD. Avant de se tuer en 1996, Dupuy a écrit ceci sur la dernière page de son joural : "Qu'ai-je fait de ma vie ? Je l'ai dilapidée dans la folie d'une espèce de bande de déviants maniaques et pathologiques. Certaines choses sont pires que la mort et le cours de mon existence est un de ces innomables états".

Dans la nuit du 24 décembre 2004, Sam Mc Nair, 25 ans, et Abe Braaten, 27 ans, réagissaient dans appartement de Mc Nair à Kobe. Leurs épouses étaient dans celui de Braaten avec les enfants, à cinq minutes de voiture. Sam et Abe trinquaient avec une ou deux bières en regardant la TV. "Tout d'un coup" , a dit Mc Nair, "Sam, hum, … Je me sens pas bien. Mon cœur s'est mis à battre si vite". Et j'ai senti son cœur, je vous jure devant Dieu, Je n'avais jamais ressenti ça auparavant. Il battait super-vite. C'était au point que je croyais qu'il avait une crise de panique".

Comme beaucoup de jeunes qui avaient grandi parmi les EDD, Braaten avait du mal à adapter sa vie à celle du monde réel. "Ouais, il parlait de suicide quand il vivait au milieu de nous", a dit la sœur de Braaten,China Tanigushi. "C'est le cas pour Abe, chaque fois qu'approchait son anniversaire, il devenait habituellement super-négatif, une sorte de "Oh mon Dieu, j'ai déjà cet âge , et je ne fais toujours rien … Que vais-je faire de ma vie ?"

Taniguchi a dit que son frère (qui a quitté La Famille en 2000) était considéré comme un adolescent en rébellion, et qu'il avait souvent été expédié pour rééducation au Victor Program de La Famille. "Je veux dire que j'ai à peine vu mon frère parce qu'il était toujours embarqué vers quelque autre endroit pour recevoir certaines leçons, pour avoir la "victoire" sur certains problèmes qu'il avait", a-t-elle dit. "Cela me rend folle. Je pense que cela avait beaucoup à voir avec la dépréciation de soi".

La mère de Braaten et de Taniguchi, Yumiko "Phoenix" Taniguchi , est aujourd'hui l'un des principaux leaders de The Family International.

Pendant cette nuit de décembre à Kobé, Braaten était en passe d'être foutu, se rappelle Mc Nair. Il était raide, puis froid. Mc Nair lui a donné une couverture et l'y a enroulé. "Il a commencé à devenir de plus en plus négatif, disant "Je fous le camp, je file" . Il devenait incohérent, marmonant: Moses,… David… mind control".

J'ai dit: "Abe, ne te mets pas à parler de ça maintenant. Faisons quelque chose d'autre. J'ai allumé les lumières et essayé de lui donner du réconfort. Je ne sais pas ce qui a suivi. J'ai juste essayé de me défouler (to freak out). Mc Nair a verrouillé la porte de telle sorte que son ami en panique ne puisse pas sortir de son appartement, mais Braaten a sauté par la fenêtre du premier étage et il a déboulé dans la rue. Dans les minutes suivantes il est grimpé au sommet d'un bâtiment de quatre étages à quelques rues de là et il s'est précipité vers la mort".

Steve Kent, professeur de Sociologie à l'Université de l'Alberta a passé des années à étudier la secte. Il a dit que l'explosion récente de suicides dans La Famille "montre l'impact des pratiques de mauvais traitements des enfants pendant les années 1970 et 1980." "C'est tout simplement le début d'une révolte parmi la seconde génération", a dit Kent.

Claire Borowik, porte parole de The Family International à Washington (DC) conteste le compte-rendu de la mort de Braaten, et le sombre tableau fait des transfuges.

"Ce n'était pas possible d'affirmer pourquoi il s'est précipité", a dit Borowik. "il n'a laissé aucune indication de motivation, et il n'avait montré aucun signe de dépression."

Dans une déclaration écrite, Borowik a dit que La Famille n'était au courant que de dix suicides parmi d'anciens membres au cours des 13 dernières années. Elle a dit que 35'000 personnes ont été dans La Famille pendant les dernières 35 années et que ses membres à plein temps sont actuellement 8'000. "Nous avons même été accusés d'avoir causé la mort de Poenix River", a dit Borowik "Même alorsqu'il avait quitté La Famille à l'âge de cinq ans, et qu'il ait été impliqué dans un monde de drogue".

Phoenix, un acteur d'avenir, et peut-être la personne la plus célèbre née dans La Famille, est mot en 1993 d'overdose à 23 ans.

Une année plus tôt, Ben Farnsworth, un adolescent élevé dans La Famille, et envoyé dans un des camps de rééducation de la secte, s'est précipité vers la mort du haut d'un building de Hong Kong.

Ce suicide a inspiré une lettre de Zerby le 2 mai 1992, au père de Farnsworth actuel leader de The Family International. "Même dans la mort, Ben va avoir une très bonne influence sur La Famille", a écrit Zerby. "Je pense qu'elle va avoir de merveilleuses répercussions sur nos adolescents qui en seront grandement fortifiés.

E-mail Don Lattin at dlattin@sfchronicle.com