Raël : moignages d'ex-raéliens

Une journaliste espagnole raconte son immersion dans
un séminaire sensuel des raéliens

«Il me disait : «Tu es belle, je t'aime»

Le Matin - 19 septembre 2005

BARCELONE. Pour 600 euros, les participants ont suivi des cours sur l'arrivée des extraterrestres, et passé des soirées à se tripoter, les filles déguisées en garçons et les garçons en filles

Raël défend le clonage humain et encourage une sexualité débridée

 

«A l'inscription, tu choisis un bracelet: vert si tu es ouvert à toutes les expériences sexuelles, rouge si tu es disponible, mais en quête de partenaires stables.» Une journaliste espagnole de Mundo TV a raconté à l'AFP son reportage initiatique dans la secte des raéliens.

Spécialiste des reportages en caméra cachée, May -qui a demandé que son vrai nom ne soit pas publié - s'est immiscée au premier «séminaire sensuel» organisé en Espagne par le gourou français Claude Vorilhon, alias Rael, début août, dans un hôtel de bord de mer près de Barcelone.

Le reportage, diffusé jeudi soir par la chaîne Antena 3, suit la vie des 500 participants, -adeptes ou curieux ayant appris l'existence du séminaire sur Internet. Parmi eux, une poignée d'Espagnols, de nombreux Français, Italiens et Allemands. Le prix de l'inscription au séminaire était de 600 euros, la moitié si l'on acceptait de partager sa chambre.

On y voit Raël professer sa doctrine, dont est en partie inspiré le dernier ouvrage du polémique écrivain français Michel Houellebecq, «La possibilité d'une île». Le gourou affirme que l'homme a été créé en labora- toire par les extraterrestres, dont il serait le dernier prophète. Raël défend le clonage humain et encourage une sexualité débridée.

II est entouré de ses «anges», «un harem de 30 à 40 très belles jeunes femmes, qui se sont engagées par écrit à ne jamais rejeter ses avances et à le protéger, au prix de leur vie si besoin, contre toute agression», assure May.

L'état-major du mouvement anime également les cours : le psychologue Daniel Chabot, et l'«évêque» Brigitte Boisselier, une scientifique française dont la société Clonaid avait annoncé à grand renfort de publicité, mais sans fournir de preuve, avoir réussi le premier clonage humain.

Outre la joie de vivre et l'attente extatique des petits hommes verts, on y inculque le sens plus terre à terre du denier du culte. «Raël promet que le retour sur Terre des extraterrestres est imminent, mais affirme qu'ils ne viendront pas tant qu'il n'aura pas construit leur future ambassade à Jérusalem», raconte la journaliste.

On ignore s'il compte édifier sa céleste chancellerie près du mur des Lamentations ou de l'esplanade des Mosquées. Mais le gourou «explique qu'elle va coûter 50 millions d'euros et qu'il n'en a encore réuni que 10».

Le gourou affirme que l'homme a été créé en laboratoire par les extraterrestres, dont il serait le dernier prophète.

«La journée on te pousse à caresser les autres, le soir à faire l'amour. Beaucoup sont séduits»

Après les cours, viennent les soirées animées : colin-maillard où tout le monde se tripote les yeux bandés, filles déguisées en garçons et garçons en filles, shows érotiques sur piste de danse.

May n'a pas approfondi les expériences sexuelles nocturnes, qui selon elle se poursuivaient dans les chambres. «La journée on te pousse à caresser les autres, le soir à faire l'amour. Beaucoup sont séduits. Le plus bizarre, c'est que presque tous croient vraiment à ces histoires d'extraterrestres», commente la journaliste.

GOUROU Le Français Claude Vorilhon, alias Raël, peut compter sur l'appui de nymphettes
pour assurer la promotion de son mouvement.

May a poussé le jeu jusqu'au baptême raélien, les mains apposées du gourou sur son front et sa nuque, pendant qu'un ovni est censé capter son ADN.

«Il me disait «Tu es belle, je t'aime.» J'ai esquivé ses avances. Il m'a quand même nommée représentante des raéliens en Espagne, disant qu'il avait de grands projets dans ce pays», ajoute la journaliste.

Quoi que dans le collimateur de l'Eglise catholique, les sectes ne sont visées par aucune loi spécifique en Espagne. Elles n'y ont fait l'objet que de rares poursuites pour des atteintes l'intégrité physique, comme la pédophilie ou le trafic de drogue. - (afp-LeMatin)

Canada : Mes 19 ans chez les raéliens

La semaine, août 2006 par Jean-Pierre Quirion
[Texte intégral]

Roland Dussault, ancien député du Parti québécois, a fait partie du Mouvement raélien pendant 19 ans. Il a déposé récemment une requête visant à obtenir le remboursement de ses dons au groupe religieux, arguant qu'un mensonge de Claude Vorilhon, cet homme qui se fait appeler Raël, a conduit à son adhésion au groupe.

- Monsieur Dussault, parlez-nous de votre carrière politique.

- J'ai une formation d'enseignant, et j'ai été député du Parti québécois de 1976 à 1985. J'y ai occupé les fonctions de président de commissions parlementaires, de whip adjoint et d'adjoint parlementaire au ministre de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme. J'ai quitté la politique en novembre 1985 et je suis ensuite revenu à l’enseignement, mais j'ai vite pris ma retraite. Contrairement à ce qui a été rapporté dans certains médias, je ne suis pas avocat.

- Comment êtes-vous devenu Raëiien ?

- J'ai évidemment déjà été catholique. A l'âge de 21 ans, j'ai cessé de pratiquer parce qu'il m'apparaissait que cette religion brimait la liberté des sens. Quand j'ai lu les «révélations» de Claude Vorilhon j'y ai trouve quelque chose qui était plus proche de mes intérêts. Je m'étais toujours intéressé à la question des extraterrestres et j'ai lu beaucoup de livres sur le sujet. Après avoir lu ceux de Vorilhon. je suis allé à un stage d'été chez les Raéliens, en espérant en apprendre davantage, et j'ai joint le Mouvement. C'était en 1986.

- Vous avez progressé rapidement dans ce mouvement ? Habituellement, chez les Raëliens, on commence dans la structure de fonctionnement comme aide- animateur, une espèce de niveau 0, et ensuite., on passe au niveau 1.

- Ça prend généralement un certain temps avant de passer d'un niveau à un autre. Je soupçonne que c'était en raison de mon statut d'ex-député, mais dès le moment où j'ai mis les pieds chez les Raéliens pour effectuer un stage, on m'a offert de passer au niveau 2. puis j'ai atteint le niveau 3 l'année suivante.

- Quel était votre rôle ?

Comme j'ai pris ma retraite en 1987, j'avais beaucoup de temps pour moi. J'étais forcément intéressant pour le Mouvement raélien. À un moment donné, le Mouvement s'est installé à Maricourt, à côté de Valcourt. Certains membres y avaient acheté un terrain de camping (rebaptisé depuis «Les Jardins du Prophète»), et le conseil municipal avait tenu un débat peu flatteur pour l'ego de Vorilhon. A ce moment, j'allais visiblement être nommé guide - on me disait que c'était mon tour -, et il s'est passé ce qui se passe tout le temps: Raël rencontre le membre en coulisses et s'assure que celui-ci accepte bien d'être nommé guide, parce qu'un refus serait assez mauvais pour l'ambiance...

- Que vous a-t-îl di t?

Il m'a demandé si j'aspirais à devenir guide. Et, sachant que j'étais familier avec la politique, il m'a demandé de monter une cabale contre l'administration municipale de Maricourt afin de battre les élus en place pour en faire élire d'antres. Pour moi, la politique, c'est parfois une affaire de magouille, mais ça doit rester propre. Je n'avais pas vraiment le goût de m'embarquer dans une telle histoire, alors je lui ai dit : «Ça va à l'encontre de ma conscience.» Il a accepté mes réserves, mais quand je suis parti. Quelqu’un l'a entendu dire. «Je savais que je ne pouvais pas lui faire confiance »

- Vous avez donc rapidement perdu vos galons dans le Mouvement...

Il a fallu que j'accomplisse beaucoup de mandats pour qu'on me fasse confiance à nouveau. Quelques années plus tard, j'étais toujours en com­munication directe avec des guides de niveau 5. le niveau en dessous de Claude Vurilhon. J'assistais parfois à des réunions de niveau 5, alors je voyais comment ces guides opéraient. À la fin, j'écrivais à des autorités de certains pays. et ce que je vais vous dire, aucun journaliste n'en a entendu parler. Je préparais des lettres à destination de l'État cubain ou de l'État vénézuélien dans lesquelles je leur proposais des associations avec Clonaid, histoire de permettre la création d'un laboratoire dans le but de faire du développement. Aucun des pays concernés n’a répondu ce qui démontre qu'ils ne prenaient pas la chose au sérieux. Ce qui était dérangeant, c’est que le « prophète » estimait que la façon d’arriver à ses fins était de flatter le dirigeant d’un pays. Il y avait une espèce de flagornerie du genre « vous avez déclaré ceci récemment et je suis parfaitement d’accord avec vous » A un moment donné c’était trop. "

- Vous avez été dans ce mouvement pendant 19 ans. Quand le doute a t-il commencé à germer dans votre esprit ?

J'ai toujours eu un esprit critique même si avoir l’esprit critique est très mal vu dans le Mouvement raélien. J'ai toujours trouvé que les déclarations de Vorilhon avaient un côté farfelu, et moi, ça m'agaçait profondément. Le personnage est prêt à dire n'importe quoi pour avoir l'air intéressant

- Quels sont les autres aspects qui vous ont dérangé ?

- Par exemple, quand il a mis sur pied l'Ordre des anges. Toutes les femmes pouvaient s'y inscrire afin que Vorilhon puisse se constituer une sorte de harem. J'ai vu des femmes s'inscrire qui n'étaient pas au goût de Raël, alors l'Ordre ne lui plaisait plus autant. II a dû créer un nouvel ordre, les Cordons dorés. Ces femmes s'engagent par écrit à ne pas dire non à Raël quand le «prophète» leur demandera de l'accompagner; dans son lit. La personne consent peut-être, mais on peut douter de son libre arbitre quand elle consent à quelque chose de la sorte. Toute cette histoire a agacé beaucoup de gens à l'époque. Mais quand on est membre du Mouvement raëlien, on pardonne tout. Et on est tellement occupé ...

- Que voulez-vous dire ?

- On dit à la farce qu'un Raëlien, c'est quelqu'un qui travaille le jour pour gagner sa vie, et qui travaille le soir pour gagner celle du «prophète». Par exemple, j'avais une copine dans le Mouvement qui est couturière; Le jour, elle gagnait sa vie, et le soir, elle confectionnait les vêtements de Sophie, la femme de Raël. Une autre travaillait le jour et faisait du ménage le soir dans le condo de Raël. Cet. homme a mis une très grande quantité de gens à son service. Pendant un stage d'été, il y a plus de gens au service de Raël qu'il n'y en a occupés à faire fonctionner le stage pour les participants. Beaucoup plus. Tout ça est organisé au profit du personnage.

- Faut-Il vraiment verser 10% de son salaire à Raël ?

- C'est plus subtil que cela. Le seul règlement, le seul commandement (qu'on, trouve dans le second livre de Raël) à ce sujet stipule qu'on doit donner 1% de ses revenus au «prophète» par le biais d'une fondation, pour assurer sa subsistance. Ce qui est dit dans l’église ensuite c’est qu’on doit verser 10% de notre salaire net au mouvement, 7% sur le plan international et 3% sur le plan national. Dans le mouvement on fait signer beaucoup de papiers aux membres, les engageant sur l’honneur à respecter cette règle. Mais très peu de gens la respectent à la lettre.

Il y a des gens qui versent très peu. Moi, à la fin, je ne donnais que le strict minimum. Il y a toutefois un écart important entre les dons: un guide de la région montréalaise donne chaque année 10 000 $, alors qu'en Asie, une dame verse l'équivalent de 25'000 $ par année.

- Quand avez-vous quitté du Mouvement raëlien ?

- Au mois de mars 2005. Quand on dit «quitter», il faut faire des nuances. Quand j'ai commencé à avoir de sérieux doutes sur le affirmations de Vorilhon sur le clonage, j'ai annoncé à plusieurs membres autour de moi: «Si jamais il ment à ce sujet je vais faire toute une crise» Quand j’ai eu la certitude qu’il nous avait monté un beau bateau avec cette histoire, j’ai quitté la structure. A ceux qui m’ont demandé pourquoi, j’ai expliqué que le « prophète ne représentait plus un personnage exemplaire pour moi, sans rien ajouter. Par la suite, j'ai été officiellement excommunié. Par la suite il y a eu de démissions dans la foulée de cette affaire de clonage.

- Vous n'avez pas été le seul Raëlien à vous montrer sceptique dans cette affaire.

- Non. Brigitte Boisselier, qui est en charge du projet de clonage, avait affirmé qu'un bébé clone était prévu pour février-mars 2003. Elle avait finalement annoncé la naissance du premier bébé «Eve», en déclarant qu'il était né le 26 décembre 2002.

C’est un peu étrange comme erreur d’autant que personne n’a vu de aélienne enceinte parmi celles qui devaient être mères porteuses.Et croyez-moi une raélienne enceinte ça se remarque puisque Vorilhon décourage les raéliens d’avoir des enfants. Autour de cette histoire est né un grand malaise dans le mouvement. Mais moi, ce qui me dérange le plus c’est que Raël se dissocie du clonage.

- Que voulez-vous dire ?

-Les Raëliens, en Floride, ont vu qu'il se mêlait des affaires de Clonaid. Quand il affirme que la seule action qu'il a menée dans toute cette histoire, c'est d'avoir ouvert une boîte postale aux Bahamas, c'est une fausseté. C'est incroyable de rire du monde comme ça! Et pas seulement du monde en général, mais de ses propres membres!. C'est un homme qui est incapable de se dissocier de la moindre décision prise dans le Mouvement pour l'ensemble de la planète, et subitement, il laisserait Brigitte Boisselier faire ce qu'elle voudrait avec Clonaid ? Allons donc !

- Est- ce qu'il y a un courant plus critique chez les Raéliens ou est-ce que vous êtes une exception?

- Relativement aux démissions, trois très anciens Raëliens ayant plus de 20 ans d'ancienneté m'avaient précédé de peu dont une qui avait le statut de guide. Quand j’ai démissionné six personnes sont parties en même temps que moi. Dans les semaines qui ont suivi, cinq autres ont suivi.

- On voit moins Claude Vorilhon au Québec depuis l'histoire de Tout le monde en parle ...

- Oui. Il y a eu une histoire légale avec le quotidien Le Droit, et Vorilhon a affirmé que sa nouvelle adresse était en Suisse. D'après moi, il est là-bas, dans le vignoble dont lui a fait cadeau un membre et qui s’appelle « la vigne du prophète ». Depuis très longtemps, il vit eu se promenant dans le monde et en vivant chez des disciples. Je connais une Raëlienne de Floride qui recevait Raël cinq mois par année. Le temps qu'il était chez elle, elle ne pouvait rien faire d'autre qu'être à son service. Elle a démissionné récemment. C'est la première qui a senti qu'il y avait anguille sous roche dans l'affaire du clonage. Elle était bien placée pour le savoir puisqu'elle a constaté de visu ses contradictions. Les premiers clients de Clonaid n'ont pas rencontré Brigitte Boisselier, ils ont rencontré Claude Vorilhon.

- Vous, qu'avez-vous pensé de son passage à l’émission de Guy A. Lepage ?

- Quand Serge Chapleau a mis la main sur la toque de Raël et que ce dernier s'est tourné pour lui mettre la main dans les cheveux, il lui a dit: «Si vous me touchez, je vous touche.» Ça, c'est la loi du talion: œil pour œil, dent pour dent. Ce n'est pas la philosophie raélienne. La perception que Vorilhon a laissée de lui lors de son passage à cette émission était tellement éloignée de l'image de «prophète» qu'il veut se donner, de quelqu'un qui mérite d'être appelé «Sa Sainteté», qu'il a fait circuler une information auprès des membres du Mouvement raëlien pour leur dire: «N'écoutez pas cela, ça n'en vaut pas la peine.» Très peu de Raëliens ont écouté l'émission. Si leur prophète leur ordonne de ne pas l'écouter, ils ne l'écouteront pas. Moi, si on me dit de ne pas écouter telle chose, je me dirais tout de suite que c'est parce que c'est intéressant. Quand on est Raëlien depuis longtemps, une sorte d'aliénation s'installe, et ça rend le sens critique moins présent. Le personnage se targue d'être en méditation permanente. À cette émission, on a pu voir que c'est faux. En fait, il ne médite jamais. Moi, j'avais déjà commencé sérieusement à douter de l'exemplarité de Vorilhon.

- Avez-vous un exemple précis ?

- Pendant le stage à Maricourt, Raël se promène entre sa résidence et le terrain de pétanque (où il joue avec des gens qu'il peut battre), dans son 4x4. Il empoussière ainsi tous les gens au milieu desquels il circule, sans le moindre égard. Et là, les disciples sont dans un nuage de poussière et se disent :«C'est le prophète!» Est-ce le Comportement de quelqu'un qu'on devrait appeler «Sa Sainteté» ? Et que penser de ses propos contradictoires, récemment au sujet de la pollution ? Il la dénonce, suggère même des solutions, mais il continue de rouler avec son 4x4.

- Que se passe-t-il quand on quitte le mouvement raélien ?

- C’est difficile. Au point que plusieurs personnes sont encore raéliennes par désoeuvrement. De toute évidence, perdre sa religion, quitter la prétendue religion raélienne, c'est une épreuve pénible, parce que dans ce mouvement, on dît: «Si tu restes, tu es fort, et si tu quittes, tu es faible.» Plusieurs restent donc pour se convaincre qu'ils sont forts. Pourtant, lorsqu'on quitte, on se rend compte que c'est là qu'on fait preuve de force.

- En quoi croyez-vous aujourd'hui ?

- Même si je considère aujourd'hui que Raël n'a pas dit la vérité, je ne pense pas que ça remette définitivement en question l'existence des ex­traterrestres. Pour ma part, j'ai vu huit fois des phénomènes ovnis et, attention, pas en fixant le ciel pendant des heures et en imaginant voir quelque chose bouger à un moment donné ! Non. Par exemple, j'étais en compagnie de trois autres députés, au début des années 1980, et nous avons; vu un ovni pendant que nous nous rendions de Sacramento en Californie à Las Vegas. Une énorme lumière blanc bleuté est descendue du ciel avant de disparaître à une vitesse inimaginable. Nous avions tous vu la même chose ! Mais dorénavant je n'adhérerai à aucune : croyance religieuse sur la base de cette expérience.

- Est-ce que le Mouvement raëlien a répondu à votre demande de remboursement ?

- Oui, il refuse en s'appuyant sur des points techniques. Dans les faits, je continue de croire que toutes les sommes que j'ai versées au Mouvement raëlien l'ont été à cause d'un mensonge. Je n'ai pas l'intention pour le moment, de révéler la preuve qui m'a confirmé mes doutes. Je me contente de l'évoquer. Cette information est ma meilleure arme contre toute tentative judiciaire d'intimidation de la part du Mouvement rélien et de Claude Vorilhon. Je cherche encore la meilleure façon de la révéler. Pour le moment, l'AISE, l'Association d'information et de soutien aux ex-Raëliens, est née. Elle s'occupera des dossiers de remboursements de dons. Une ex-Raëlienne vient à son tour d'exiger le remboursement des dons qu’elle a versés.

 

 MON EXPÉRIENCE DU JEÛNE FACE AU SIDA

L'auteur de cet article s'est découvert séropositif en 1985. Il a pu par la suite pratiquer un long jeûne. E novembre 1989, il a écrit cet article que nous publions en n'y intégrant, volontairement, aucun intertitre. Nous ne prétendons pas apporter la solution miracle au Sida, et l'auteur non plus d'ailleurs. Ceci est un témoignage. A méditer.

"Le plus grand médecin du monde existe, il peut te guérir de
toutes les maladies, c'est ton corps". Raël.

J'ai fait un long jeûne. J'ai jeûné quarante jours consécutifs pour retrouver un système immunitaire normal, pour me débarrasser du virus HIV. Virus qui s'attaque aux cellules T4 du système immunitaire et l'affaiblit d'où le nom de S.I.D.A : syndrome immuno-déficitaire acquis.

C'est à dire que durant tout ce temps, je n'ai pris aucun aliment, si ce n'est de l'eau. Fini les "Mac Donald" et les magrets de canard!

Avant ce jeûne, j'étais séropositif. C'est à dire que j'avais été en contact avec le HIV que je ne connaissais "ni d'Adam ni d'Eve". Enfin plutôt d'Adam! A la suite de quoi mon corps fabriqua des anticorps, ces petites molécules chargées de détruire ce virus. J'ai toujours des anticorps - chose naturelle car le système immunitaire a gardé en mémoire ce contact avec le HIV. Je suis donc toujours séropositif, mais mon système immunitaire est redevenu normal, avec une augmentation du taux de cellules T4(861) et un rapport T4/T8 égal à 1,14, et je pense ne plus avoir le virus.

Que représente ce rapport ? C'est e nombre de cellules T4 - cellules du système immunitaire qui ont pour rôle de détruire le virus-, divisé par le nombre de cellules T8 qui, elles, régulent, freinent l'action des T4. D'où un système immunitaire affaibli lorsque ce rapport est inférieur à 1.

Mais ai-je toujours le virus?

Après ce jeûne, la détection du virus par a méthode immunoenzymatique et la culture sur MRC5 à partir de prélèvement de sang et d'urines, ainsi que l'examen du sang par le test P24, donne une antigènémie négative. C'est à dire l'absence du virus.

Pour les médecins (la majorité, pas la totalité), l'absence du virus dans le sang et les urines ne signifie pas que je n'aie plus le virus. Ils supposent son éventuelle présence dans les cellules. La technique de recherche du virus HIV dans le sang et les urines a été mis au point - à Toulouse - en août 87, c'est-à-dire pendant mon jeûne. Je n'ai donc pu bénéficier de cette technique qu'après le jeûne. Avant il n'y avait que le rapport T4/T8 pour conclure à mon infection (0,6 en moyenne). En effet, la séropositivité n'implique pas nécessairement l'infection (présence des anticorps). Ainsi on est tous séropositifs pour une grippe où une rougeole... et on n'a plus les virus correspondants.

Tout a commencé en août 85, à la suite d'une analyse de sang que j'effectuais régulièrement, sur les MTS (maladies sexuellement transmissibles) et à ma demande, on découvrit que j'étais séropositif pour HIV. Depuis quand l'étais - je ? Je ne sais pas. Pas plus d'un an je crois. Le rapport T4/T8 était de 0,42.

En janvier 86, suite à une hospitalisation de jour, une sérologie de l'hépatite B se révéla. Le rapport T4/T8 était de 0,64, avec des T4 de l'ordre de 800. Les deux autres examens, mars 87 et juin 87 n'apportèrent rien de nouveau.

Je commençais alors mon jeûne le 7 juillet 1987. J'étais dans un état général satisfaisant. Après ce jeûne, on fit des examens en septembre 1987. Le rapport T4/T8 était de 0,46 avec des T4 à 291 ! une chute ! Pourquoi ? De plus, j'étais en pleine forme. Les médecins ont eu peur. Surtout quand je leur ai dit que j'avais jeûné 40 jours. Je les comprends. On a toujours peur de ce que l'on ne connais pas. J'étais toujours confiant et parfaitement conscient. Cette chute était sans doute naturelle. Aux chercheurs de découvrir pourquoi. Ma confiance en mon corps s'est vu justifiée par la suite. Novembre 87, les T4 passent à 593, avec un rapport T4/T8 de 0,5. Avril 88, 672 T4, T4/T8 égal à 0,81; juillet 88 la rapport T4/T8 descend à 0,73; juin 89, 861 T4, T4/T8 est égal à 1,14! De plus j'ai retrouvé le poids que j'avais avant de contacter le virus HIV. A présent je guéris deux fois plus vite des maladies - quand j'en contacte - chose rare - et cela sans médicaments allopathiques.

Toutes ces raisons, plus la connaissance du fonctionnement du jeûne et son utilisation avec succès par d'autres dans diverses maladies comme le cancer, font que je ne pense plus avoir le virus HIV. Je suis conscient que rien n'est constant dans l'espace et dans le temps et que ça ne marchera pas dans tous les cas; un échec sur cent, peut-être moins; d'après le docteur Shelton qui a suivit des milliers de jeûneurs, les échecs sont inexistants si le jeûneur est suivit par un "conseillé en jeûne". Je suis peut-être ce cas là. Mais à mes yeux, cela n'enlèverait pas son efficacité au jeûne.

Reste un problème : celui de l'hépatite B . Après le jeûne, les examens de septembre 87 et novembre 87 révélèrent toujours la présence du virus de l'hépatite B, sans la présence des anticorps HBS qui signent la guérison. Pourtant, en Janvier 88, des examens dans un autre laboratoire révélèrent l'absence du virus et la présence des anticorps HBS. Mais en avril 88, dans le premier laboratoire cité, on retrouvait le virus de l'hépatite B et pas les anticorps HBS! J'attend de faire des analyses dans un troisième laboratoire pour lever le doute.

On m'a pris pour un illuminé, un fou. Si être fou, c'est faire confiance à mon corps, à son code génétique, alors je veux bien être fou.

Comment en suis je arrivé à jeûner ? Car enfin c'est dur à avaler quand on vous dit qu'il vous faudrait jeûner 5 fois 2 puissance 3 jours !

Pour comprendre - étymologiquement : pour faire miens - les bienfaits du jeûne, j'ai du faire le lien entre deux courants de pensée : la science et les religions. On les croit différents, antagonistes, mais en fait "un peu de science nous éloigne des textes qui sont à l'origine des religions, et beaucoup de science nous en rapproche."

Ainsi, depuis la plus haute antiquité, la technique du jeûne est pratiquée. En Assyrie, en Perse, à Babylone, en Scythie, en Grèce, à Rome, aux Indes, à Ninive, en Palestine, en Chine, au nord de l'Europe par les druides, au nord de l'Europe par les Indiens, et à Toulouse...con ! ça en fait des jeûneurs ! Souvenez vous : le ramadan chez les musulmans, le carême chez les premiers chrétiens, le jeûne enseigné comme mesure d'hygiène en guise de prévention et de guérison par les Elohims dans la bible.

Et puis la science. On apprend, grâce aux travaux des médecins comme le docteur Shelton, E.H.Dewey, Désiré Mérien, tous des terriens venant de contrées différentes, que le jeûne régénère tous les organes, les tissus vivants, sauf les tissus synthétiques ! Il permet un nettoyage en profondeur, "en largeur", et "en hauteur", d'où l'élimination des toxines. On a pas trouvé mieux avec les différentes lessives. Même avec celles qui lavent "plus blanc que blanc". Par un processus "d'autolyse" , le jeûne détruit les tissus morbides : tumeurs, virus... J'irais même plus loin, en disant qu'un médecin est programmé dans notre code génétique, c'est l'ADN : l'acide désoxyribonucleique, molécule contenue dans le noyau de chacune de nos cellules.

Ainsi trois mots clés : science, religion, et puis comme je l'ai dit un grand petit être, grand par la sagesse et petit par la taille : l'amour. Et ici une technique de développement, d'éveil de l'esprit par l'éveil du corps, m'a fondamentalement aidé : la méditation sensuelle de Raël (étymologiquement : l'exercice des sens).

Cette technique et le jeûne m'ont permis de prendre conscience que l'esprit et la matière sont un et une même chose. La pensée est matière.

Ainsi pour développer le sida, je pense qu'il ne suffit pas d'être porteur sain de la maladie (avoir le virus), mais qu'il est aussi nécessaire d'avoir un système immunitaire affaibli, on parle parfois de "terrain". Si vous êtes stressés, vous aurez un terrain immunitaire affaiblit. On le sait aujourd'hui grâce à la science. De même si vous détestez, vous haïssez, vous sécréterez des toxines qui affaibliront votre système immunitaire. De même si vous avez des problèmes professionnels, affectifs, philosophiques.

Ainsi je pense que l'on a pas deux corps : l'esprit et le corps physique, mais que l'on est un seul organisme. Ces deux entités, auxquelles on a voulu nous faire croire, sont une et une même chose : un organisme enfin heureux de se retrouver. D'où l'influence de l'état d'esprit sur le déroulement d'une maladie. Ainsi on est responsable de sa maladie, tout comme de sa santé. N'est ce pas merveilleux ? Mais pour devenir plus conscient, responsable, il faut parfois reconnaître ses erreurs, sans pour autant se culpabiliser. Et s'aimer. Et ici l'exercice de mes sens, la sensualité m'ont fondamentalement aidé. C'était en mars 1987, dans une cabine téléphonique. J'apprenais de quelqu'un que j'aime beaucoup que l'unique solution, à l'époque, à mon problème était de jeûner 40 jours...

Des communications téléphoniques, on ne s'en souvient pas en général, de celle-ci toute sa vie. Surtout si ça a marché et que l'on est encore vivant après !

J'étais enthousiaste. De plus j'avais jeûné six jours, et depuis deux ans je jeûnais régulièrement comme un métronome, un jour par semaine, 4 semaines par mois, 12 mois par an, etc. et je continue.

Un jeûne de durée supérieure à cinq jours doit être impérativement suivi par un médecin ou un praticien formé pour cela : un hygiéniste, un naturopathe.

Alors commença la préparation psychologique. En effet il ne faut pas être à côté de ses pompes dans ces moments-là... Je m'informais sur la technique du jeûne. Chaque jour je pensais à cette future expérience. J'étudiais le déroulement général d'une telle aventure, et des cas particuliers comme celui de Monique Couderc qui "a vaincu son cancer".

J'avais fixé le début de ce jeûne au 8 juillet 1987. Il me restait 4 mois pour bien en profiter et faire de bons gueuletons. Enfin vous avez compris que je plaisante. Ca m'arrive parfois. C'est d'ailleurs de moins en moins rare. Je mangeais beaucoup de fruits, de crudités, des céréales complètes, des huiles non raffinées. J'arrêtais aussi de fumer, de boire du café, du thé, de l'alcool, de prendre des drogues, de regarder les infos à la télé, dernières choses que je ne faisais d'ailleurs pas avant!

Et tout ceci avec AMOUR. L'amour de son corps, de l'extrémité de ses orteils et de ceux des autres, jusqu'au sommet de son crâne, en passant par plein de bonnes choses entre. Car comment vouloir guérir si l'on ne s'aime pas ? Je pense que toute démarche de guérison passe par l'amour de soi, de son corps. J'ai donc développé cet amour par la connaissance. Car je crois que la connaissance est source d'amour.

J'avais donc prévu de commencer le 8 juillet au soir. En fait, mon cerveau m'a fait une surprise, de taille, le 6 juillet au soir. Moi qui pensais encore festoyer 3 jours. Et bien non ! Ce soir là, je sentais, je ressentais que je devais commencer. J'étais prêt. Cette attitude qui consiste "à s'écouter", "à écouter son corps" , je ne parle pas ici des bruits qui suivent un bon repas et pour cause, cette "écoute" se révélera fructueuse. Par exemple, au début du jeûne, je concentrais mon attention plutôt sur le foie. Mais très vite je constatais que le travail se localisait au niveau des gencives par une inflammation de celles-ci. Je découvrais. J'étais un humble spectateur. Et je décidais de ne rien décider, de laisser faire. Car tout simplement j'avais confiance en mon corps, en mon code génétique.

L'essentiel : S'ECOUTER-S'AIMER-ETRE POSITIF. Quarante jours, c'est long. Surtout sans manger. Enfin je buvais beaucoup d'eau et je comptabilisais les litres avec ma calculette.

Au début quelques petites douleurs articulaires, puis une élimination assez douloureuse au niveau des gencives... sans fluor... Puis une étape de désintoxication au niveau du foie. J'étais jaune. Entre chaque étape de guérison : une journée de bien être, de sérénité, on plane.

J'ai maigri. Vous vous en doutez. Il est plus facile alors de planer ! Peu importe le poids. (Il existe un seuil à ne pas dépasser.) C'est quoi le poids quand au bout il y a la guérison ?

Aucun étourdissement, je suis parfaitement lucide durant ces 40 jours. Les 10 derniers jours, je n'avais besoin que 4 à 5 heures de sommeil. Je restais 90% du temps allongé, je lisais, écoutais de la musique. Et puis, chose essentielle, je faisais un travail important sur les plans professionnels et affectif, une remise en question salutaire.

Rien n'est tombé, ni ne s'est envolé : aucune dent, aucun cheveux, aucun ongle, aucun doigt. Et bien non ! Pas même mon zizi... ça a marché. Les ignorants - parce qu'ils le veulent bien - disaient que j'allais tout perdre... ça n'aurait pas été triste. Imaginez-vous perdant les cheveux, les ongles, les dents (on en a plus besoin me répondrez-vous), les orteils, les doigts... et le zizi ! Que reste-il ? Pas grand chose ! En fait ce sont ces mêmes ignorants qui tombent de "haut" quand je leur en parle. Mais ils ont tout de même du mal à me comprendre. Pour eux je suis un cas non édenté, même après 40 jours de jeûne. Je reste pour eux une exeption. Ce qui est faux car des milliers de Jaunes, de Noirs, de Rouges, et de verts pas d'ici, ont jeûné pour guérir diverses maladies.

Pourquoi écrire ces lignes ? Pourquoi vous raconter mon histoire ? Pour vous informer. Pour, si vous le désirez, que vous soyez médecin ou pas, malade ou pas, vous donner l'envie de vivre une fantastique aventure, celle de la connaissance du corps humain, capable de s'AUTOGUERIR.

Vous pensez peut-être que c'est "trop beau pour être vrai".

Alors pour vous, la vérité doit être triste, morbide... étonnante conception de a vie. Conception malheureusement trop répandue. Pourtant, le jeûne, ça marche. CE N'EST PAS MYSTIQUE, C'EST SCIENTIFIQUE.

Regardez vous, touchez vous, sentez vous, goûtez vous, caressez vous, vous êtes VIVANT, et les gens veulent vous faire croire que parce que vous avez un virus, ça y est, vous êtes foutu à plus ou moins longue échéance.

Le plus grand médecin du monde, c'est votre CORPS.

C'est vous. Encore vous. C'est toujours vous.

J'en pleure sincèrement, j'en chiale.

"A vous de jouer !"

Guy Gisbert,Toulouse, novembre 1989
Source : http://perso.wanadoo.fr