Scientologie et incitation au suicide

Témoignage  : Un suicide manqué causant la mort d'un passant

 ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE DE LAUSANNE

 Le témoignage d'Alain, ex-adepte de la scientologie lausannoise
«Je fus un forçat»
 
Témoignage recueilli en octobre 2004 (complété le 26 février 2006)
 
Alain (prénom d'emprunt) est né le 12 octobre 1975. A 14 ans, entraîné par sa maman il commence la scientologie à Lausanne. Son parcours le conduira en 1994 à un suicide manqué causant la mort d'un passant dans sa chute.
 
Alain a insisté: il faut rappeler dans son témoignage qu'il est classé schizophrène. Il faut dire que les psychiatres ont respecté ses droits, mais pas les scientologues. Il tient beaucoup à ce que je ne déforme pas ce qu'il m'a raconté de sa vie. Il aime beaucoup discuter de Droits de l'Homme, et de statistiques.
 
Alain est intelligent, il parle bien; il dit qu'il est grand; je ne l'ai jamais rencontré mais j'ai discuté de nombreuses heures au téléphone avec lui. Son discours est logique, et en ce qui me concerne, il m'a semblé qu'un de ses défauts était le manque de patience, peut-être est-ce cette impatience qui le fait classer chez les schizophrènes, ou d'autres choses que nous n'avons pas abordées au cours de ces entretiens.
 
Alain tient à faire savoir au monde entier tout ce que la scientologie lui a fait endurer, et ce qu'a subi sa famille, en particulier sa maman, pour avoir écouté les mensonges des scientologues.
 
La maman d'Alain est entrée en scientologie pour aider son fils qui avait des difficultés comportementales. Il lui arrivait de se bagarrer avec des camarades.
 
Le père d'Alain a déboursé une fortune - plus d'un million de Francs français, (plus de 130'000 euros) dans deux associations scientologues très connues dans la secte, celle de Lausanne et celle du "Ranch Mace Kingsley" où quelques parents scientologues expédient leurs enfants supposés avoir des problèmes.
 
Ce ranch n'a pas bonne réputation, même en scientologie, depuis quelques temps. Il doit des sommes importantes à divers clients.
 
La description que la père d'Alain m'a faite de son fils correspondrait à celle d'un enfant turbulent, caractériel, ayant des problèmes de sociabilité, et des difficultés de discipline. Il explique qu'Alain a plutôt bien réussi ses études secondaires jusqu'à un moment, probablement vers l'adolescence, la puberté.
 
Le père d'Alain est très fatigué de toute cette histoire, qui dure depuis une quinzaine d'années, car non seulement la scientologie a bouleversé la vie de son fils, mais aussi celle de son épouse, des deux frères d'Alain, et d'autres gens alentour.
 
Et enfin, la scientologie a mis indirectement fin à la vie du jeune homme qui est mort lorsqu'Alain, désespéré de penser qu'il devrait peut-être repartir en scientologie alors qu'il revenait de leur ranch aux USA, s'est jeté du haut d'un pont routier en pleine nuit.
 Il tombe sur un jeune homme
 
Il tomba malheureusement sur un passant qu'il ne pouvait avoir vu dans l'obscurité.
 
Le tribunal, épreuve supplémentaire pour la famille déjà très désolée et déboussolée, a acquitté Alain de la mort de ce jeune homme. Mais, selon Alain, la présidente du tribunal ne l'a pas laissé expliquer ce qui s'était passé en scientologie.
 
Les juges ont estimé qu'il était impossible, vu son état d'esprit au moment de la tragédie, d'attribuer à Alain une responsabilité dans le décès du jeune homme. Ils ont demandé qu'il se fasse soigner en psychiatrie.
 
La vraie responsable de ce désastre, la secte scientologie, n'a pas été inquiétée ni citée à comparaître. Elle n'a pas remboursé les sommes dépensées par le père, ni même tenté de s'excuser : la secte ne s'excuse jamais. Elle n'a pas versé un sou à la famille du jeune homme tamoul qui est décédé. Elle n'a pas aidé la famille d'Alain à surmonter cette épreuve.
 
A la même période, un procès se déroulait contre la secte en France, au cours duquel plusieurs responsables écopèrent de peines de prison et de fortes amendes pour homicide involontaire, extorsion et escroquerie.
 
En Suisse, la secte avait déjà été condamnée au moins deux fois pour abus de faiblesse.
 
Ce n'était pas le premier procès, et de loin; Hubbard, le gourou de la secte avait déjà été condamné en France à 4 années de prison ferme pour escroquerie et extorsion. Un autre procès avait condamné un responsable scientologue pour non-assistance à personne en danger. D'autres encore avaient donné tort à des pratiques scientologues.
 
Aux Etats-Unis, la scientologie vient de payer une somme probablement énorme à la famille de Lisa McPherson, morte à cause de la scientologie.
 
Durant la puberté d'Alain, ses parents ont demandé de l'aide à des psychologues et à des psychiatres. Alain a passé quelques jours en observation, puis a repris son existence d'élève. C'est alors que la maman d'Alain a entendu parler de la scientologie par la branche suisse de la secte.
 
Elle s'y est engagée avec son fils, prenant des cours et des séances d'audition, la pseudo-psychanalyse à la mode hubbardienne.
 C'était en 1989
 
L'appartenance d'Alain à la scientologie n'a pas vraiment arrangé les choses dans son existence: la secte pousse ses adeptes à croire qu'ils sont supérieurs au reste de l'humanité.Cela peut renforcer les difficultés relationnelles de certaines personnes.
 
Alain a donc eu maille à partir avec quelques camarades qui ne partageaient pas "ses opinions de scientologue". La scientologie renforce souvent le sentiment de mépris ou de condescendance envers le reste de l'humanité, en particulier chez des gens fragilisés par les aléas de l'existence.
 
On a vu de grands timides devenir à peine supportables pour les autres après avoir passé seulement quelques jours en scientologie.
 
Les méthodes employées par la secte aboutissent presque toujours à une hypertrophie de l'égo. Peut-être est-ce ainsi que les difficultés sociales d'Alain ont continué ou ont empiré. Alain était trop fragile ou encore trop instable pour passer au laminoir scientologue.
 
Toujours est-il que la maman d'Alain, convaincue par les belles paroles des scientologues, a réussi à entraîner son mari à aller plus loin dans l'engagement. Ils allaient expédier leur fils au loin, dans un "ranch" du Nouveau Mexique, dans la campagne rocailleuse du sud des Etats-Unis.
 Le ranch s'appelle le Ranch Mace Kingsley
 
Alain raconte: il y a deux ranchs, celui d'en haut, où il y a la direction et les filles, et celui d'en bas, où on garde les garçons. Il faut prendre la voiture pour aller de l'un à l'autre, explique-t'il. C'est un peu loin des lieux habités, paraît-il.
 
Le ranch a poussé le père d'Alain à acheter une caravane qui servait de logement à son fils, arrivé peu avant son dix-huitième anniversaire en septembre 1993. Cette dépense s'est ajoutée aux sommes considérables engagées par la famille pour aider Alain.
 Lausanne
 
Cela faisait quatre ans et des dizaines de milliers de dollars que la famille avait déjà dépensés en scientologie lausannoise, pour un résultat manifestement insatisfaisant pour la maman comme pour Alain.
 
Lui-même ne se plaint pas vraiment de ce qu'il a vécu à Lausanne, où "les gens étaient assez sympas". Il faut dire qu'il était encore assez adolescent et que le concon familial était tout proche.
 
- "Là-bas, ils m'ont fait faire un cours de communication, un cours sur l'étude, des cours sur les gens "suppressifs", et j'allais souvent écouter leurs conférences, tout ça. J'y allais deux ou trois fois par semaine, parfois plus. J'assistais à presque toutes les conférences."
 
- "Mon père m'avait dit de ne plus aller en sciento, je ne l'ai pas écouté : mes parents se disputaient des fois à cause de ça, mon père pensait que ce sont des escrocs, ils ont été à deux doigts de divorcer."
 
- "Je croyais appartenir à une élite, j'étais parti pour sauver le monde, pour faire des scientos de haut niveau ... puis on m'a envoyé au ranch. Je suis passé par Chicago avec maman, il a fallu signer de papiers pour entrer aux USA. On me disait que j'allais être libre ..."
«J'ai fait un an de travail forcé aux USA : je fus un forçat»
 
Alain, accompagné de sa mère, arriva donc au Nouveau-Mexique au Ranch Mace Kingsley. A son arrivée il reçut la promesse que son séjour durerait un maximum de 6 semaines. Il ne reverra sa maison qu'un an plus tard.
 
Lorsqu'il reçut après quelques mois la visite de ses parents, tout fut organisé pour leur cacher ses conditions de vie. On lui donna congé et le ranch fut décrassé de fond en combles avant leur arrivée.
 
Il ne parlait guère l'anglais, et un seul jeune homme, un belge de quatorze ou quinze ans, Tom Van Loocke, parlait français au ranch. Mais parler français était mal vu. Une jeune américaine parlait aussi un peu le français avec lui.
 
Peu après son arrivée, il fit connaissance de "son auditeur","technicien religieux" scientologue supposé aider Alain à y voir plus clair et à mieux se comporter dans l'existence.
 
"Du lundi au samedi je devais travailler 12 heures par jour (creuser des digues, nettoyage, vider les poubelles, construire des murs, bûcheronnage, transporter du bois, des planches) en plus des séances d'audition que je recevais. Certaines fois mes séances étaient supprimées pour nous punir d'un travail jugé mal fait"
 
"Lors d'une punition où je devais brosser une clôture, le surveillant pour que j'aille encore plus vite me tapait comme un sourd sur les doigts avec une brosse. Je ne pouvais plus plier les doigts"
 
Mais les règles de la vie communautaire imposée ne convenaient guère à ce jeune homme anxieux. Il tenta de fuir au bout d'un mois, mais Steve Ambrose, officier d'éthique, le rattrappa en voiture. Alain lui dit qu'il allait voir les cops, la police, qu'il en avait assez du "ranch", et de la scientologie.
 
L'officier d'éthique descendit de voiture et le boxa à trois ou quatre reprises en pleine figure. Alain eut "du mal à ne pas tomber dans les pommes", il dut s'assoir. Difficile de croire les gens qui vous boxent -- mais Alain prit peur et rentra au bercail - au ranch, qui n'était guère qu'à 500 mètres de là.
 
Alain a une fois lancé une pierre à quelqu'un; il ne voulait plus travailler, «j'ai fait une tentative de suicide», c'est là qu'on l'a séparé des autres et mis dans la caravane payée par son père.
 
Il eut à subir les rigueurs de "l'éthique" scientologue - le système punitif sectaire, sans jugement ni avocat. C'est à ces périodes qu'il devait passer 12 ou 15 heures par jour "à repeindre des grillages", et ne dormir que quatre heures par nuit. Il en est encore furieux. Un des sous-cadres du ranch, Jimmy, lui jetait des pierres quand il ne travaillait pas assez dans cette section disciplinaire inventée par Hubbard, le gourou de la secte.
 
Le jour de ses 18 ans, Alain raconte que Jimmy l'a accroché à un tourniquet et qu'il le frappait à coups de pieds pendant trois ou quatre heures; il explique qu'on voulait lui donner la leçon, parce qu'il ne pensait pas comme "eux".
 
En plus des obligations de certaines journées harassantes, de l'interdiction de flirter avec les quelques filles qu'il croisait rarement, et du peu de distraction disponible, le ranch ne redistribuait qu'une petite somme chaque semaine au jeune adulte qu'il était devenu.
 
Il ne pouvait pas téléphoner à ses parents. Il doit y avoir 7 ou 8 heures de décalage horaire entre le Nouveau-Mexique et la Suisse. La seule fois où son père avait envoyé un fax, on l'avait censuré : pas de courrier, pas de téléphone ...
 
- "j'avais pas le droit de raconter ce qui se passait au ranch. C'est la censure."
 Enfermement graduel
 
Les sorties étaient réduites : cet internat du ranch ne relâche un peu la pression que le dimanche, mais c'est vraiment difficile de dépenser quoi que ce soit à Reserve, ce village de moins de 400 âmes du Nouveau-Mexique, siège du comté de Catron (3800 habitants), au climat désertique en dépit de ses 2000 mètres d'altitude. On voit mal comment un jeune homme parlant encore médiocrement la langue pourrait sortir de l'enfermement graduel de la secte.
 
D'autres fois, un certain Jerry faisait faire des pompes à Alain - 50 à la fois, et l'avait privé d'auditions. Pourtant, le père d'Alain payait pour tout cela. Jerry lui a aussi dit qu'il devrait se suicider pour pouvoir quitter la scientologie.
 
(On sait que des scientologues expliquent aux clients potentiels que rater l'occasion scientologue revient à se suicider... l'un des dirigeants français a écopé de prison avec sursis et de fortes amendes et dommages après le suicide d'un père de famille pressuré par ses soins. A Genève, un témoignage communiqué à l'AVDS révèle qu'une scientologue n'a rien trouvé de mieux comme conseil pour une employée en détresse: "Il faut te suicider. Avec un nouveau corps tout s'arrangera !" (sic)).
 
Quant à l'auditeur scientologue, Alain n'est pas sûr de ce qu'il lui voulait, mais comme cet auditeur était juif, Alain pense qu'il avait envie de le circoncire.
 
- "Il y avait un certain Tom, qui disait qu'il avait tué ses parents; à mon avis, il racontait des salades." [les recherches effectuées démontrent en tout cas que le nom et la nationalité de ce jeune homme parti ensuite à la Sea Org existait bien. Je n'ai pu établir s'il avait tué ses parents, note du webmaster]
 
Au ranch, les papiers d'Alain ont été confisqués, conformément aux habitudes de nombreuses organisations de scientologie recevant des scientologues à l'étranger [i.e., on confisquait mes papiers et ceux de son épouse au Danemark, dans l'organisation scientologue -rg].
 
- Le matin, il fallait que les internes se mettent en rang, ça pouvait durer une demi-heure, ce rassemblement. Puis on avait un petit dejeûner. Ensuite, c'était l'audition, ou on allait faire du nettoyage, laver la vaisselle, ramasser les mégots, laver le sauna, construire des murs.
 
- La nourriture n'était pas très équilibrée; on mangeait beaucoup de crèpes, la cuisine était assez grasse, parfois avec de la viande, mais pas souvent. C'est une "indienne", Patsy, qui faisait la cuisine.
 
- J'avais un copain qui m'a aidé, "Marc Ross", il m'avait dit que la scientologie l'avait kidnappé parce qu'il avait raconté des trucs à la radio à Los Angelès.
 
Alain était un peu amoureux de Molly, une jeune fille d'une quinzaine d'années que ses parents scientologues avaient expédiée au ranch.
 On prenait tout mon argent
 
- Une fois, j'avais économisé sur ce qu'on me redistribuait - les 10 ou 20 dollars par semaine, et j'avais 60 dollars. Ils m'ont tout repris; quand je ne dépensais pas tout, on me reprenait ce que je ramenais.
 
- Je ne supportais plus rien, explique Alain; interdit de flirter, j'ai très mal vécu ça. C'étaient des fascistes, ces gens-là. La sciento m'a volé tous mes droits. Ils ne veulent pas entendre parler de la psychiatrie, mais elle au moins, elle me respecte. Bien sûr, maintenant ...
 Des punitions qui violent les droits de l'Homme
 
Alain raconte : - Je refusais la discipline militaire du ranch, et j'avais refusé l'ordre de mon auditeur, Amnon Ben-Alon, d'aller dans la nature pour observer des fleurs pendant des heures. 12 scientologues  m'ont amené de force dans l'étable du ranch. Ils étaient autour de moi, j'étais au milieu. Les scientologues me frappaient à tour de rôle et me poussaient de l'un à l'autre pour qu'ils me frappent à l'épaule et au dos. Au total pendant 40 minutes. J'avais des vertiges. Pendant ce calvaire une femme me montrait qu'elle avait une corde fermement en main et je croyais que le groupe allait me pendre.
 
- Le 12 octobre 1993. jour de ses 18 ans, Alain raconte que Jimmy l'a accroché à un tourniquet et qu'il le frappait à coups de pieds pendant trois ou quatre heures; il explique qu'on voulait lui donner la leçon, parce qu'il ne pensait pas comme "eux".
 
- Du 14 ou 18 octobre 1993 j'ai souffert comme un chien en éthique : je brossais une clotûre 17h00 par jour et si je m'arrêtais cinq secondes, on me lançait des pierres et on ne me donnait pas à boire pendant toute une après-midi.
 
- Le 19 octobre 1993, j'ai reçu une autre punition, c'était le lendemain d'un jour où j'avais montré mon hostilité au traitement que les scientologues me faisaient subir. J'avais lancé une pierre contre Michel Zelman qui me traitait tellement mal. Un rancher, Jon, m'a violemment poussé à terre, m'a tabassé pendant 10 minutes et m'a jeté dessus une grosse pierre que j'ai reçue sur le torse en pleine poitrine. Il me donnait de violents coups de pied. Il se jetait sur moi comme un fauve. J'ai eu peur de mourir. J'ai subi une tentative de meurtre. Ils ont dû me conduire à l'infirmerie car je saignais abondamment du nez.
 Peur de retourner chez les scientologues
 
 - Au bout d'un an je suis rentré en Suisse en septembre 1994. Dès la première semaine comme ma mère voulait m'envoyer dans un autre centre de scientologie en Italie, j'ai cherché un moyen pour quitter la scientologie.
 
- J'ai fait une tentative de suicide en me jetant d'un pont. Je ne voulais plus aller là-bas. Mon auditeur m'avait menacé quand je défendais les psychologues ou les psychiatres, que je critiquais la doctrine d'Hubbard.
 
- C'est des fascistes."
 La vie d'Alain, maintenant
 
Alain est dans une pension de famille, sous curatelle. Il reçoit l'aide de l'assurance invalidité suisse (AI). Il aimerait bien sûr plus de liberté, comme nous tous.
 
La liberté d'Alain s'est achevée en Scientologie. Peut-être la psychologie l'aidera-t'elle à en regagner.
 
La liberté de la maman d'Alain est aussi très en péril : elle subit encore, dix après, les séquelles de ce drame. Elle aussi voudrait retrouver quelqu'un qui puisse la débarrasser de ce que lui a fait subir la scientologie.
 
Nous lui souhaitons de retrouver l'équilibre et le bonheur.
 
 
Depuis des années la scientologie refuse d'entrer en matière pour rembourser les sommes investies par la famille d'Alain. La scientologie semble ignorer que sa thérapie à prix usuraire était totalement inadéquate au grave problème de santé d'Alain.
 
Ainsi, la scientologie une fois de plus, prouve qu'elle est totalement irresponsable.
 
Il faut que nos autorités fassent cesser de telles pratiques, qui, à notre connaissance, sont systématiquement utilisées sur des adeptes affaiblis, malades ou immatures.
 
L'Etat a le devoir de protéger TOUS ses citoyens. À moins que l'Etat, et les force politiques de plus en plus tentées par les extrêmes, aient décidé que certaines personnes devaient être abandonnées dans de nouveaux goulags ...
 
Jean-Luc Barbier
fondateur du Centre info-sectes
5 octobre 2004
LAUSANNE: LA SCIENTOLOGIE DERRIÈRE UN SUICIDE MANQUÉ
 
24 Heures, 1994 (date exacte inconnue)
Michelle Lebrun

[Cet article est une nouvelle évidence montrant que la scientologie s'adresse exclusivement à des personnes immatures ou affaiblies. La justice suisse aurait dû depuis des années faire interdire ce mouvement. D'autre part la scientologie pouvant inciter au suicide des personnes fragiles, ne serait-ce qu'en leur promettant une vie meilleure dans leur prochaine vie, il serait temps que nos citoyens se posent la question pourquoi notre justice ne fait rien contre un tel mouvement victimaire ?

Une pétition étant en cours à Lausanne pour contrôler la thérapie et les méthodes des scientologues, nous vous serions reconnaissants d'écrire aux autorités du canton de Vaud (au Château) pour soutenir notre démarche.

La scientologie n'est aucunement une église, et encore moins une religion. Elle est un groupe nuisible pour notre système démocratique. Gardons en tête que si un jour elle prenait le pouvoir, comme pour les nazis, les troupes de Polpot, les talibans et autres fondamentalistes extrémistes, elle tuerait tous ses opposants. ndlr]

Le Tribunal de Lausanne se penche sur le geste désespéré d'un jeune homme
qui avait peur de retourner dans un ranch dirigé par des scientologues
Dans la soirée du 17 septembre 2004, Alain, 19 ans, avait une seule idée en tête : mettre fin à ses jours. En déambulant à travers Lausanne, il ne savait pas de quelle façon il allait se suicider. Mais, dans son esprit, il l'avait pas d'autre issue que de mourir. Arrivé à l'avenue d'Ouchy, il a grimpé au sommet de la passerelle des PTT, haute de 8,4 m, a escaladé un petit muret et s'est jeté dans le vide. Souffrant de vertige, il n'a pas regardé avant de sauter. C'est ainsi qu'il est tombé sur un piéton, lui fracturant les vertèbres cervicales. La victime, un jeune ressortissant tamoul, a succombé à ses blessures. Et Alain a été poursuivi pour homicide par négligence.
 
Hier, le Tribunal correctionnel de Lausanne s'est penché sur ce drame. Une question philosophique a été soulevée par Me Eric Stoudmann : un homme qui veut se suicider petit-il faire preuve d'imprévoyance, en n'imaginant pas les conséquences de son acte sur autrui, alors que pour lui la vie va s'arrêter ?
 
Autrement dit: peut-il, devant la mort, anticiper sur l'avenir ? .
Problèmes d'intégration
 
Derrière le décès tragique du jeune Tamoul, se sont dessinés la vie et les difficultés d'Alain qui l'ont conduit à un geste désespéré. Enfant déjà, il connaissait des problèmes d'intégration. A 12 ans, il a suivi une première thérapie qui a abouti à un diagnostic de psychose infantile. Par la suite, il consultera d'autres médecins mais aucun traitement ne sera mené à son terme. A 14 ans, on l'initie à l'Eglise de Scientologie et, au terme de sa scolarité obligatoire, on l'envoie au Nouveau.Mexique (Etats-Unis) dans un ranch dirigé par les scientologues.
 
Son frère a expliqué au tribunal : «Le but était d'aider Alain sur le plan psychologique. Aucune thérapie n'avait donné de résultat. Mes parents se sont dits qu'ils n'avaient pas d'autre choix. Moi, je n'y étais pas favorable.»
 
Le «stage» durera ùne année. Une périoqe douloureuse pour Alain. «Il y avait un esprit totalitaire, a-t-il expliqué: Ceux qui n'obéissaient pas étaient punis. Par exemple, ils devaient brosser une palissade pendant toute une journée.» Alain rentre en Suisse le 6 septembre 1994. Mais il a appris qu'il devrait repartir et il a peur : «C'était la principale chose qui m'inquiétait à l'époque.» En outre, selon son frère, Alain tenait des propos délirants à propos de son nom et de sa nationalité suisse.
Esprit «obnubilé»

Schizophrène, disposant de facultés intellectuelles limitées, Alain, selon le rapport psychiatrique présentait un rétrécissement de la conscience sur l'idée du suicide. Avant de se rendre à l'avenue d'Ouchy, il est entré dans le jardin d'un homme qu'il ne connaissait pas, lui a demandé s'il possédait une arme à feu pour mettre fin à ses jours puis est reparti.»

Obnubilé par Ses idées suicidaires et par sa peur de retourner au Nouveau-Mexique, Alain ne pouvait s'imaginer les suites qu'allait avoir son geste», a admis le substitut Alexandre Feser. Concluant à l'irrespon- sabilité pénale de l'accusé, le représentant du Parquet a demandé qu'il soit libéré de l'accusation d'homicide par négligence.

Mais il a aussi requis que le tribunal ordonne la. poursuite de son traitement psychiatrique. Me Stoudmann, lui, a plaidé que son client, en raison de ses troubles, n'avait pu commettre une infration par négligence. «Alain. était incapable, a-t-il commenté, de penser à autre chose qu'à sa propre mort.» Jugement ce matin.

[Jugement voir article ci-dessous]
 

ÉPILOGUE D'UN SUICIDE MANQUÉ
 
Le Matin, 1994 (date de parution inconnue)
ap
 
[extrait]
 
Un jeune désespéré, accusé d'homicide par négligence, a été acquitté hier par le Tribunal correctionnel de Lausanne. En voulant mettre fin à ses jours, le malheureux, avait sauté d'une passerelle, était tombé sur un passant et l'avait tué. La Cour a reconnu que dans son état, il n'était pas capable de prévoir ce risque.
 
Les juges ont souligné le «désarroi total» dans lequel se trouvait le jeune homme, âgé de 21 ans. Ils n'ont pas manqué de relever que sa mère avait toujours nié l'évidence des troubles dont il souffrait depuis l'enfance. Fervente adepte de la scientologie, cette dernière y a initié le garçon à l'âge de 13 ans. Il a ensuite été placé contre son gré dans un ranch géré par la secte dans le Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis.
 
Le jeune homme a dû y rester un an, dans des conditions à la limite du supportable. A son retour, il était déjà menacé d'y retourner. Dix jours plus tard, dans la soirée du 17 septembre 1994, il a ainsi tenté de se sucider. Après avoir erré à Lausanne, il est entré chez un habitant et a demandé une arme. Puis il s'est enfui en courant jusqu'à la passerelle.
 
(...) Le Tribunal a donc acquitté le jeune homme et mis les frais à la charge de l'Etat.
LES "SP" - LES PERSONNES SUPPRESSIVES
 
«Les suppressifs»
 
"SP": signifie "Personne Suppressive". Une expression employée dans le jargon scientologue pour désigner une personne considérée comme un ennemi de la Scientologie. La scientologie prononce contre les personnes suppressives des déclaration de personne suppressive (fatwas scientologues !).
 
Un scientologue n'a pas le droit de parler à un SP et doit rompre tout lien avec lui. Des incitations à agir illégalement contre les SP sont diffusées et recommandées par la direction de la scientologie (réf : le livre de l'éthique de la scientologie. Editions New Era)
 
Les scientologues utilisent plus fréquemment l'abbréviation "SP" pour qualifier leurs ennemis. "Les SP sont ceux qui veulent nous détruire" entendrez-vous souvent dans leurs salles de cours. Cette abbréviation "SP" remplaçant le terme barbare de "PERSONNE SUPPRESSIVE" permet à la scientologie "d'adoucir" son langage et de cacher à la face du monde son intolérance pour ceux qui ne pensent pas comme elle.
 
La personne suppressive, selon Ron Hubbard, est celle qui ne récompense que les mauvaises statistiques et ne récompense jamais les bonnes. Elle fait échouer ou discrédite tout effort pour aider et détruit avec violence tout ce qui a pour but de rendre les humains plus puissants ou plus intelligents. Elle tourne immédiatement toute activité destinée à améliorer les choses en quelque chose de mal ou de mauvais.
 
Ce sont les ennemis ou les traîtres. Dans son Introduction à l'éthique de scientologie (édition de 1998), L. Ron Hubbard écrit : «Une personne ou un groupe suppressif est une personne ou un groupe qui cherche activement à endommager ou à opprimer la Scientologie.»
 
Parmi les nombreux «actes suppressifs», appelés aussi «crimes majeurs», l'ex-auteur de science-fiction détaille :
  • «Conduite sexuelle ou conduite sexuelle pervertie allant à l'encontre du bien-être ou de l'équilibre d'esprit d'un scientologue qui jouit d'une bonne réputation [...]»,
  • «témoignage hostile auprès d'enquêtes gouvernementales ou officielles sur la Scientologie, afin de l'opprimer»,
  • «quitter publiquement la Scientologie».
  • Dans l'édition de 1983 du même livre, d'autres précisions étaient apportées. En cas d'«acte suppressif», le coupable pouvait se voir exiger «le paiement de toute dette avec les organisations de la Scientologie». Aujourd'hui encore, un «rapport d'éthique» est rédigé puis versé dans le «dossier d'éthique» du fautif.
  •  

L'AUDITION DE SCIENTOLOGIE

Séance pseudo-psychanalytique, où le patient se remémore ses souvenirs, confesse ses erreurs de conduite. Les confessions sont notées par l'auditeur et soigneusement archivées. Au nouveau venu on lui propose d'abord des auditions dianétiques, relativement peu coûteuses ; puis des auditions scientolo- giques, effectuées avec l'électromètre, d'un prix exorbitant.


L'ÉLECTROMÈTRE
ou e-meter
 
 
Sorte de détecteur de mensonge. Appareil, dit "scientifique" et "religieux", mais dont le principe est de mesurer la résistance électrique du corps humain avec deux électrodes en forme de boite de conserve, que l'"interviewé" tient dans ses mains.
 
Témoignage de Jean-Luc Barbier:
 
«Les adeptes scientologues sont amenés progressivement à refouler toutes leurs émotions suite un véritable sytème inquisiteur mis en place avec l'aide de l'appareil e-meter. Quoiqu'en disent les scientologues cet e-meter n'est aucunement capable de lire la vérité. Il réagit parfaitement bien aux émotions, ce qui, selon l'humeur de celui qui applique la thérapie (l'auditeur), peuvent être interprêtées comme un soupçon de trahison. On vous punira alors à verser une donation ou à payer une nouvelle révision de votre vocabulaire scientologue...».
 
La mesure est effectuée à l'aide d'un pont de Wheatstone relié à un galvanomètre, et additionné de 2 commutateurs, 3 potentiomètres, 3 afficheurs numériques à cristaux liquides (pour l'affichage de l'heure, du chronomètre et, raffinement technologique suprême, l'affichage du déplacement de l'aiguille). Cet appareil est vendu eux adeptes à un prix nettement supérieur à son coût de revient. Grossier détecteur de mensonge que la secte fait passer pour un outil de réconfort religieux; condamné par la FDA aux USA
 
 
 Expertise de l'électromètre-Hubbard par l'institut de criminologie de l'Université de Lausanne         (www.anti-scientologie - 1991)