| ÉGLISE DE SCIENTOLOGIE DE LAUSANNE
- Le témoignage d'Alain,
ex-adepte de la scientologie lausannoise
- «Je
fus un forçat»
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- Témoignage recueilli en octobre 2004 (complété le 26 février 2006)
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- Alain (prénom d'emprunt) est
né le 12 octobre 1975. A 14 ans, entraîné par sa maman il commence la scientologie
à Lausanne. Son parcours le conduira en 1994 à un
suicide manqué causant la mort d'un passant dans sa chute.
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- Alain a insisté: il faut
rappeler dans son témoignage qu'il est classé schizophrène. Il faut dire que les
psychiatres ont respecté ses droits, mais pas les scientologues. Il tient
beaucoup à ce que je ne déforme pas ce qu'il m'a raconté de sa vie. Il aime
beaucoup discuter de Droits de l'Homme, et de statistiques.
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- Alain est intelligent, il
parle bien; il dit qu'il est grand; je ne l'ai jamais rencontré mais j'ai
discuté de nombreuses heures au téléphone avec lui. Son discours est logique, et
en ce qui me concerne, il m'a semblé qu'un de ses défauts était le manque de
patience, peut-être est-ce cette impatience qui le fait classer chez les
schizophrènes, ou d'autres choses que nous n'avons pas abordées au cours de ces
entretiens.
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- Alain tient à faire savoir
au monde entier tout ce que la scientologie lui a fait endurer, et ce qu'a subi
sa famille, en particulier sa maman, pour avoir écouté les mensonges des
scientologues.
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- La maman d'Alain est entrée
en scientologie pour aider son fils qui avait des difficultés comportementales.
Il lui arrivait de se bagarrer avec des camarades.
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- Le père d'Alain a déboursé
une fortune - plus d'un million de Francs français, (plus de 130'000 euros) dans
deux associations scientologues très connues dans la secte, celle de Lausanne et
celle du "Ranch Mace Kingsley" où quelques parents scientologues expédient leurs
enfants supposés avoir des problèmes.
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- Ce ranch n'a pas bonne
réputation, même en scientologie, depuis quelques temps. Il doit des sommes
importantes à divers clients.
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- La description que la père
d'Alain m'a faite de son fils correspondrait à celle d'un enfant turbulent,
caractériel, ayant des problèmes de sociabilité, et des difficultés de
discipline. Il explique qu'Alain a plutôt bien réussi ses études secondaires
jusqu'à un moment, probablement vers l'adolescence, la puberté.
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- Le père d'Alain est très
fatigué de toute cette histoire, qui dure depuis une quinzaine d'années, car non
seulement la scientologie a bouleversé la vie de son fils, mais aussi celle de
son épouse, des deux frères d'Alain, et d'autres gens alentour.
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- Et enfin, la scientologie a
mis indirectement fin à la vie du jeune homme qui est mort lorsqu'Alain,
désespéré de penser qu'il devrait peut-être repartir en scientologie alors qu'il
revenait de leur ranch aux USA, s'est jeté du haut d'un pont routier en pleine
nuit.
- Il tombe sur un jeune
homme
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- Il tomba malheureusement
sur un passant qu'il ne pouvait avoir vu dans l'obscurité.
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- Le tribunal, épreuve
supplémentaire pour la famille déjà très désolée et déboussolée, a acquitté
Alain de la mort de ce jeune homme. Mais, selon Alain, la présidente du tribunal
ne l'a pas laissé expliquer ce qui s'était passé en scientologie.
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- Les juges ont estimé qu'il
était impossible, vu son état d'esprit au moment de la tragédie, d'attribuer à
Alain une responsabilité dans le décès du jeune homme. Ils ont demandé qu'il se
fasse soigner en psychiatrie.
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- La vraie responsable de ce
désastre, la secte scientologie, n'a pas été inquiétée ni citée à comparaître.
Elle n'a pas remboursé les sommes dépensées par le père, ni même tenté de
s'excuser : la secte ne s'excuse jamais. Elle n'a pas versé un sou à la famille
du jeune homme tamoul qui est décédé. Elle n'a pas aidé la famille d'Alain à
surmonter cette épreuve.
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- A la même période, un
procès se déroulait contre la secte en France, au cours duquel plusieurs
responsables écopèrent de peines de prison et de fortes amendes pour homicide
involontaire, extorsion et escroquerie.
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- En Suisse, la secte avait
déjà été condamnée au moins deux fois pour abus de faiblesse.
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- Ce n'était pas le premier
procès, et de loin; Hubbard, le gourou de la secte avait déjà été condamné en
France à 4 années de prison ferme pour escroquerie et extorsion. Un autre procès
avait condamné un responsable scientologue pour non-assistance à personne en
danger. D'autres encore avaient donné tort à des pratiques
scientologues.
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- Aux Etats-Unis, la
scientologie vient de payer une somme probablement énorme à la famille de Lisa
McPherson, morte à cause de la scientologie.
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- Durant la puberté d'Alain,
ses parents ont demandé de l'aide à des psychologues et à des psychiatres. Alain
a passé quelques jours en observation, puis a repris son existence d'élève.
C'est alors que la maman d'Alain a entendu parler de la scientologie par la
branche suisse de la secte.
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- Elle s'y est engagée avec
son fils, prenant des cours et des séances d'audition, la pseudo-psychanalyse à
la mode hubbardienne.
- C'était en 1989
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- L'appartenance d'Alain à la
scientologie n'a pas vraiment arrangé les choses dans son existence: la secte
pousse ses adeptes à croire qu'ils sont supérieurs au reste de l'humanité.Cela
peut renforcer les difficultés relationnelles de certaines
personnes.
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- Alain a donc eu maille à
partir avec quelques camarades qui ne partageaient pas "ses opinions de
scientologue". La scientologie renforce souvent le sentiment de mépris ou de
condescendance envers le reste de l'humanité, en particulier chez des gens
fragilisés par les aléas de l'existence.
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- On a vu de grands timides
devenir à peine supportables pour les autres après avoir passé seulement
quelques jours en scientologie.
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- Les méthodes employées par
la secte aboutissent presque toujours à une hypertrophie de l'égo. Peut-être
est-ce ainsi que les difficultés sociales d'Alain ont continué ou ont empiré.
Alain était trop fragile ou encore trop instable pour passer au laminoir
scientologue.
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- Toujours est-il que la
maman d'Alain, convaincue par les belles paroles des scientologues, a réussi à
entraîner son mari à aller plus loin dans l'engagement. Ils allaient expédier
leur fils au loin, dans un "ranch" du Nouveau Mexique, dans la campagne
rocailleuse du sud des Etats-Unis.
- Le ranch s'appelle le Ranch Mace
Kingsley
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- Alain raconte: il y a deux
ranchs, celui d'en haut, où il y a la direction et les filles, et celui d'en
bas, où on garde les garçons. Il faut prendre la voiture pour aller de l'un à
l'autre, explique-t'il. C'est un peu loin des lieux habités,
paraît-il.
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- Le ranch a poussé le père
d'Alain à acheter une caravane qui servait de logement à son fils, arrivé peu
avant son dix-huitième anniversaire en septembre 1993. Cette dépense s'est
ajoutée aux sommes considérables engagées par la famille pour aider
Alain.
- Lausanne
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- Cela faisait quatre ans et
des dizaines de milliers de dollars que la famille avait déjà dépensés en
scientologie lausannoise, pour un résultat manifestement insatisfaisant pour la
maman comme pour Alain.
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- Lui-même ne se plaint pas
vraiment de ce qu'il a vécu à Lausanne, où "les gens étaient assez sympas". Il
faut dire qu'il était encore assez adolescent et que le concon familial était
tout proche.
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- - "Là-bas, ils m'ont fait
faire un cours de communication, un cours sur l'étude, des cours sur les gens
"suppressifs",
et j'allais souvent écouter leurs conférences, tout ça. J'y allais deux ou trois
fois par semaine, parfois plus. J'assistais à presque toutes les
conférences."
-
- - "Mon père
m'avait dit de ne plus aller en sciento, je ne l'ai pas écouté
: mes parents se
disputaient des fois à cause de ça, mon père pensait que ce sont des escrocs,
ils ont été à deux doigts de divorcer."
-
- - "Je croyais appartenir à
une élite, j'étais parti pour sauver le monde, pour faire des scientos de haut
niveau ... puis on m'a envoyé au ranch. Je suis passé par Chicago avec maman, il
a fallu signer de papiers pour entrer aux USA. On me disait que j'allais être
libre ..."
- «J'ai
fait un an de travail forcé aux USA : je fus
un forçat»
-
- Alain, accompagné de sa mère, arriva donc au Nouveau-Mexique
au Ranch Mace Kingsley. A
son arrivée il reçut
la promesse que son séjour durerait un maximum de
6
semaines. Il ne reverra sa maison qu'un
an plus tard.
-
- Lorsqu'il
reçut après quelques mois la visite de ses
parents, tout fut organisé pour leur cacher
ses conditions de vie. On lui donna congé et le
ranch fut décrassé de fond en combles avant
leur arrivée.
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- Il ne parlait guère l'anglais, et un seul jeune homme, un belge
de quatorze ou quinze ans, Tom Van Loocke, parlait français au ranch. Mais parler français était
mal vu. Une jeune américaine parlait aussi un peu le français avec
lui.
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- Peu après son arrivée, il fit connaissance de "son auditeur","technicien religieux" scientologue supposé aider Alain à y voir plus clair et à
mieux se comporter dans l'existence.
-
- "Du
lundi au samedi je devais travailler 12 heures par
jour (creuser des digues, nettoyage, vider les poubelles, construire
des murs, bûcheronnage, transporter du bois, des planches) en
plus des séances d'audition que je recevais. Certaines
fois mes séances étaient supprimées pour nous punir
d'un travail jugé mal fait"
-
- "Lors d'une punition où je
devais brosser une clôture, le surveillant pour que j'aille encore plus vite me
tapait comme un sourd sur les doigts avec une brosse. Je ne pouvais plus plier
les doigts"
-
- Mais les règles de la vie
communautaire imposée ne convenaient guère à ce jeune homme anxieux. Il tenta de
fuir au bout d'un mois, mais Steve Ambrose, officier d'éthique, le rattrappa en
voiture. Alain lui dit qu'il allait voir les cops, la police, qu'il en avait
assez du "ranch", et de la scientologie.
-
- L'officier d'éthique
descendit de voiture et le boxa à trois ou quatre reprises en pleine figure.
Alain eut "du mal à ne pas tomber dans les pommes", il dut s'assoir. Difficile
de croire les gens qui vous boxent -- mais Alain prit peur et rentra au bercail
- au ranch, qui n'était guère qu'à 500 mètres de là.
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- Alain a une fois lancé une
pierre à quelqu'un; il ne voulait plus travailler, «j'ai fait une tentative
de suicide», c'est là qu'on l'a séparé des autres et
mis dans la caravane payée par son père.
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- Il eut à subir les rigueurs de "l'éthique"
scientologue - le système punitif sectaire, sans jugement ni avocat. C'est à
ces périodes qu'il devait passer 12 ou 15 heures par jour "à repeindre des
grillages", et ne dormir que quatre heures par nuit. Il en est encore furieux.
Un des sous-cadres du ranch, Jimmy, lui jetait des pierres quand il ne
travaillait pas assez dans cette section disciplinaire inventée par Hubbard, le
gourou de la secte.
-
- Le jour
de ses 18 ans, Alain raconte que Jimmy l'a accroché à un tourniquet
et qu'il le frappait à coups de pieds pendant trois ou quatre heures; il explique qu'on voulait lui donner la
leçon, parce qu'il ne pensait pas comme "eux".
-
- En plus des obligations de
certaines journées harassantes, de l'interdiction de flirter avec les quelques
filles qu'il croisait rarement, et du peu de distraction disponible, le ranch ne
redistribuait qu'une petite somme chaque semaine au jeune adulte qu'il était
devenu.
-
- Il ne pouvait pas
téléphoner à ses parents. Il doit y avoir 7 ou 8 heures de décalage horaire
entre le Nouveau-Mexique et la Suisse. La seule fois où son père avait envoyé un
fax, on l'avait censuré : pas de courrier, pas de téléphone ...
-
- - "j'avais pas le droit de
raconter ce qui se passait au ranch. C'est la censure."
- Enfermement
graduel
-
- Les sorties étaient
réduites : cet internat du ranch ne relâche un peu la pression que le dimanche,
mais c'est vraiment difficile de dépenser quoi que ce soit à Reserve, ce village de moins de 400 âmes du
Nouveau-Mexique, siège du comté de Catron (3800 habitants), au climat désertique en dépit de ses
2000 mètres d'altitude. On voit mal comment un jeune homme parlant encore
médiocrement la langue pourrait sortir de l'enfermement graduel de la
secte.
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- D'autres fois, un certain
Jerry faisait faire des pompes à Alain - 50 à la fois, et l'avait privé
d'auditions. Pourtant, le père d'Alain payait pour tout cela. Jerry lui a aussi
dit qu'il devrait se suicider pour pouvoir quitter la scientologie.
-
- (On sait que des
scientologues expliquent aux clients potentiels que rater l'occasion
scientologue revient à se suicider... l'un des dirigeants français a écopé de
prison avec sursis et de fortes amendes et dommages après le suicide d'un père
de famille pressuré par ses soins. A Genève, un témoignage communiqué à l'AVDS
révèle qu'une scientologue n'a rien trouvé de mieux comme conseil pour une employée en détresse: "Il
faut te suicider. Avec un nouveau corps tout s'arrangera !" (sic)).
-
- Quant à l'auditeur
scientologue, Alain n'est pas sûr de ce qu'il lui voulait, mais comme cet
auditeur était juif, Alain pense qu'il avait envie de le
circoncire.
-
- - "Il y avait un certain
Tom, qui disait qu'il avait tué ses parents; à mon avis, il racontait des
salades." [les recherches effectuées démontrent en tout cas que le nom et la
nationalité de ce jeune homme parti ensuite à la Sea Org existait bien. Je n'ai
pu établir s'il avait tué ses parents, note du webmaster]
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- Au ranch, les papiers
d'Alain ont été confisqués, conformément aux habitudes de nombreuses
organisations de scientologie recevant des scientologues à l'étranger [i.e., on
confisquait mes papiers et ceux de son épouse au Danemark, dans l'organisation
scientologue -rg].
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- - Le matin, il fallait que
les internes se mettent en rang, ça pouvait durer une demi-heure, ce
rassemblement. Puis on avait un petit dejeûner. Ensuite, c'était l'audition,
ou on allait faire du nettoyage, laver la vaisselle,
ramasser les
mégots, laver le sauna, construire des murs.
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- - La nourriture n'était pas
très équilibrée; on mangeait beaucoup de crèpes, la cuisine était assez grasse,
parfois avec de la viande, mais pas souvent. C'est une "indienne", Patsy, qui
faisait la cuisine.
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- - J'avais un copain qui m'a
aidé, "Marc Ross", il m'avait dit que la scientologie l'avait kidnappé parce
qu'il avait raconté des trucs à la radio à Los Angelès.
-
- Alain était un peu amoureux
de Molly, une jeune fille d'une quinzaine d'années que ses parents scientologues
avaient expédiée au ranch.
- On prenait tout mon
argent
-
- - Une fois, j'avais
économisé sur ce qu'on me redistribuait - les 10 ou 20 dollars par semaine, et
j'avais 60 dollars. Ils m'ont tout repris; quand je ne dépensais pas tout, on me
reprenait ce que je ramenais.
-
- - Je ne supportais plus
rien, explique Alain; interdit de flirter, j'ai très mal vécu ça. C'étaient des
fascistes, ces gens-là. La sciento m'a volé tous mes droits. Ils ne veulent pas
entendre parler de la psychiatrie, mais elle au moins, elle me respecte. Bien
sûr, maintenant ...
- Des punitions
qui violent les droits de l'Homme
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- Alain
raconte : - Je refusais la discipline militaire
du ranch, et j'avais refusé l'ordre de mon auditeur,
Amnon Ben-Alon, d'aller dans la nature pour
observer des fleurs pendant des heures. 12 scientologues
m'ont amené de force dans l'étable du
ranch. Ils étaient
autour de moi, j'étais au milieu. Les scientologues me
frappaient à tour de rôle et me poussaient de
l'un à l'autre pour qu'ils me frappent à l'épaule
et au dos. Au total pendant 40 minutes. J'avais
des vertiges. Pendant ce calvaire une femme
me montrait qu'elle avait une corde fermement
en main et je croyais que le groupe allait me
pendre.
-
- - Le
12 octobre 1993. jour de ses 18 ans, Alain raconte que
Jimmy l'a accroché à un tourniquet
et qu'il le frappait à coups de pieds pendant trois ou quatre heures; il explique qu'on voulait lui donner la
leçon, parce qu'il ne pensait pas comme "eux".
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- -
Du 14 ou 18 octobre 1993 j'ai souffert comme
un chien en éthique : je brossais une clotûre
17h00 par jour et si je m'arrêtais cinq secondes,
on me lançait des pierres et on ne me donnait
pas à boire pendant toute une après-midi.
-
- -
Le 19 octobre 1993, j'ai reçu
une autre punition, c'était le lendemain
d'un jour où j'avais montré mon hostilité au
traitement que les scientologues me faisaient
subir. J'avais lancé une pierre contre Michel
Zelman
qui me traitait tellement mal. Un rancher, Jon, m'a
violemment poussé à terre, m'a tabassé pendant
10 minutes et m'a jeté dessus une grosse pierre
que j'ai reçue sur le torse en pleine poitrine.
Il me donnait de violents
coups de pied. Il se jetait sur moi comme un
fauve. J'ai eu peur de mourir. J'ai subi une
tentative de meurtre. Ils ont dû me conduire
à l'infirmerie car je saignais abondamment du
nez.
- Peur de retourner chez les
scientologues
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- - Au bout d'un an je suis
rentré en Suisse en septembre 1994. Dès la première semaine comme ma mère
voulait m'envoyer dans un autre centre de scientologie en Italie, j'ai cherché
un moyen pour quitter la scientologie.
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- - J'ai fait une tentative
de suicide en me jetant d'un pont. Je ne voulais plus aller là-bas. Mon auditeur
m'avait menacé quand je défendais les psychologues ou les psychiatres, que je
critiquais la doctrine d'Hubbard.
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- - C'est des
fascistes."
- La vie d'Alain,
maintenant
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- Alain est dans une pension
de famille, sous curatelle. Il reçoit l'aide de l'assurance invalidité suisse
(AI). Il aimerait bien sûr plus de liberté, comme nous tous.
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- La liberté d'Alain s'est
achevée en Scientologie. Peut-être la psychologie l'aidera-t'elle à en
regagner.
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- La liberté de la maman
d'Alain est aussi très en péril : elle subit encore, dix après, les séquelles de
ce drame. Elle aussi voudrait retrouver quelqu'un qui puisse la débarrasser de
ce que lui a fait subir la scientologie.
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- Nous lui souhaitons de
retrouver l'équilibre et le bonheur.
-
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- Depuis des années la scientologie refuse d'entrer
en matière pour rembourser les sommes investies par la famille
d'Alain. La scientologie semble
ignorer que sa thérapie à prix usuraire était totalement inadéquate au grave problème de santé
d'Alain.
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- Ainsi, la scientologie une
fois de plus, prouve qu'elle est totalement irresponsable.
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- Il faut que nos autorités
fassent cesser de telles pratiques, qui, à notre connaissance, sont systématiquement utilisées sur des adeptes affaiblis, malades ou
immatures.
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- L'Etat a le devoir de
protéger TOUS ses citoyens. À moins que l'Etat, et les
force politiques de plus en plus tentées par les extrêmes, aient décidé que
certaines personnes devaient être abandonnées dans de nouveaux goulags ...
-
- Jean-Luc
Barbier
- fondateur
du Centre info-sectes
- 5 octobre
2004
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