La Fraternité Blanche Universelle
(FBU
- Mickaël
Aivanhov)
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Il
suffit parfois d'un simple mail
par Julie KRASSOVSKY dans Transfert n° 18
- octobre 2001
Pour les sectes, le Net est un bon moyen pour
toucher d'éventuels adeptes.
La mère du jeune Alexandre en a fait les
frais...
Cela ressemble à une histoire de recrutement sectaire sur le
Net. Elle concerne un adolescent français, mais elle aurait pu être jugée devant
les tribunaux belges. Alexandre* est studieux et plutôt réservé. Âgé de 17 ans,
il suit avec aisance les cours de sa classe de première scientifique, dans un
lycée de l'ouest de la France. Chaque jour, à la sortie des cours, le jeune
garçon se réfugie dans sa chambre, l'œil rivé à son écran d'ordinateur. Fan des
Chevaliers du Zodiaque, une bande dessinée japonaise adaptée en dessin animé
télévisé, le jeune homme traque, sur le Réseau, des images de ses héros
mythologiques.
Au hasard de ses recherches, il sympathise avec des garçons de
son âge: trois frères qui partagent sa passion pour les chevaliers nippons et
qui résident en Belgique. Nous sommes au mois de novembre 1998, Alexandre
commence sa correspondance avec ses nouveaux amis. Après quelques trocs d'images
des chevaliers, la relation à distance prend un nouveau tour. La mère de ses
copains du Net s'immisce dans la conversation. Interloqué, Alexandre n'ose pas
réagir et poursuit ses échanges virtuels. Le mois de décembre pointant le nez,
Alexandre parle, pour la première fois, de ses nouveaux amis à sa mère: il lui
demande la permission de se rendre chez eux, en Belgique. Très surprise et un
peu méfiante, Christine, sa mère, lui explique qu'elle préférerait d'abord les
connaître et que c'est elle qui les invite. Finalement, ils déclinent
l'invitation...
Les fêtes de Noël passent. Puis, un jour de nettoyage,
Christine découvre un colis postal planqué sous le lit de son fils. Dans le
fouillis, elle trouve pêle-mêle, un poussin en peluche, une bande dessinée sur
la Guerre de Troie, une cassette de musique portant la mention «pour Alexandre
de la part de Saho», un livre en hommage à Peter Deunov écrit par Mickaël
Aivanhov, le gourou de la Fraternité blanche universelle (FBU) et une bande sur
laquelle une voix féminine murmure : « Je veux que tu saches que tu seras
toujours à mes côtés. Je t'aime, je t'aime, etc. » Sur le bureau traînent
quelques pages sur lesquelles le lycéen loue le Seigneur en évoquant son « corps
mental, serviteur de son esprit » … Il n'en faut pas plus pour que la maman
s'affole.
Soleil et mythologie
Ne sachant comment interpréter cette littérature obscure aux
accents ésotériques, elle prend contact avec l'UNADFI (Union nationale des
associations de défense de la famille et de l'individu) qui, par chance, a une
antenne dans sa ville. La responsable locale examine les objets. L'ouvrage de
Mickaël Aivanhov n'est autre qu'une apologie du fondateur de la FBU, une secte
répertoriée dans le rapport de l'Assemblée nationale. De même, la signature de
la mère de famille belge s'accompagne souvent d'un soleil et ses propos font
souvent référence à la mythologie... Autant d'indices qui orientent les soupçons
vers la FBU.
Très vite, l'UNADFI envoie un dossier à sa correspondance en
Belgique, accompagné des interrogations suivantes: «Pourrait-il s'agir d'une
tentative de recrutement sectaire ? Ou cette correspondance masque-t- elle un
réseau à caractère pédophile ? Le jeune homme paraît très influencé par cette
personne.»
Ces informations sont ensuite transmises à la police belge qui ouvre
une enquête. Entre-temps, Christine remarque, sur le bureau de son fils, un
document portant mention d'horaires de trains, à destination de la Belgique,
pour le mois de février. Craignant que l'adolescent ne fugue, sous l'influence
de ses correspondants douteux, la maman porte plainte, en France, contre la
famille belge, le 19 janvier 1999.
L'affaire n'aura toutefois pas de suites et
sera classée par le tribunal. La mère de famille belge, employée de mairie, a
bien été interrogée par la police, mais sans résultat. «Bizarrement, elle se
disait "protégée" par le maire de sa commune, un élu du parti social chrétien
qui n'est plus au pouvoir aujourd'hui», précise une correspondante belge de
l'UNADFI. Le lien entre cette employée municipale et la secte n'ayant jamais pu
être prouvé, l'enquête a pris fin. Le procureur du Roi chargé de l'affaire a
même affirmé à Transfert «ne retrouver aucune trace du dossier».
*Afin de préserver l'anonymat des personnes mentionnées, leurs
noms ont été modifiés.
La prison sans
barreaux
Mona Vasquez,
peintre
Curieusement, c'est en me retrouvant en prison, face à un juge, que s'amorça
ma libération ! C'est une longue histoire...
On m'a volé dix ans de ma vie. Je croyais être libre et j'étais une esclave
dans ma prison sans barreaux. La secte me piégea, comme une fleur, alors que je
vaquais à mes études d'art. J'avais 20 ans, l'amour de la poésie, de la philo,
et je sévissais aux Beaux-Arts où j'espérais parfaire mon coup de crayon, quand
soudain!...
Oh ! je ne poussai pas la porte d'une Église parallèle ni d'un groupe «zen». Bref, je ne suis jamais entrée dans une secte, mais elle me capta, me captura
par le biais d'un ami, comme moi grand lecteur. Pour sa propagande circulait
ainsi La Dianétique, d'un certain Hubbard. Je le dévorai; au milieu, un
marque-page « si vous voulez en savoir plus...», un numéro de téléphone à
Angers... Dix ans de goulag ! Angers ne fut que l'antichambre, la goutte de miel
(empoisonné) pour nous appâter. On est accro à une secte comme à une drogue ; au
début on vous l'offre, puis c'est l'escalade et vous tueriez père et mère pour
en avoir. La doctrine est étudiée pour vous mettre en euphorie, puis en
dépendance.
L'enfer dura ainsi sept ans; je m'enfuis, trois fois, ils me récupéraient.
Poussée à faire des prêts illégaux, je me retrouvai en prison. Là, dans un
effort mental énorme, je renversai la vapeur et la culpabilité suprême: «Vous
êtes, seul, responsable de tous vos problèmes et malheurs.» En comprenant enfin
que tout cela était de leur faute commença ma vraie libération.
Trois jours de garde à vue et donc de méditation forcée pour en arriver là !
Goût de paradis perdu, comme une douce réminiscence. Un jour, il y a longtemps,
j'étais un être libre mais n'en savais rien ! Le juge me relâcha et me sauva la
vie sans le savoir, m'apportant par le sevrage forcé la délivrance. Elle m'avait
dit: «Je vous libère, mais si j'apprends que vous avez contacté un
scientologue tant que durera l'enquête, je vous fais coffrer.» Celle-ci dura un
an.
Année noire, d'autant que j'avais reçu une lettre d'excommunication de l'ES
(l'église de scientologie). Je redevins fragile, il fallut tout réapprendre,
vivre sans sa dose, coupée de la parole du gourou (père) et de la secte (mère) ;
libre mais encore trop perdue pour en apprécier la juste saveur. Il fallut du
temps, me réinsérer dans une société indifférente ou plutôt ignorante des dégâts
des sectes. Comme toujours, c'est l'usage intensif des pinceaux qui fut ma vraie
victoire. Au lieu de devenir folle ou de rechuter, je me mis à la tâche,
j'écrivis.
Durant six mois, tout en élevant mes trois enfants, eux aussi rescapés, je
racontais tout ce que je vécus durant sept ans au coeur de l'hydre ! Tâchant
d'analyser, pour en faire une chose hors de moi, ce travail fut libératoire; il
fut ma catharsis ! Ainsi naquit Et Satan créa la secte qui se voulait une mise
en garde. Puis le manuscrit dormit dans un tiroir; en l'instant, je n'avais pas
la force de le faire publier ! Il s'agissait de survie.
Mais l'aventure n'était pas terminée; je me sentais pieds et poings liés
encore car la scientologie m'avait tant poussée aux prêts, que je travaillais
dur pour manger ! L'heure du bilan et des comptes avait sonné. La secte m'avait
escroquée de 75 000 Euro en livres et cours de tout poil. Dans l'état de stress
dans lequel j'étais, je n'appréciais pas encore d'être à l'air libre. Le juge
m'ayant blanchie, j'eus le droit de contacter la scientologie. Je leur
présentais la note, sûre de mon fait car Hubbard a écrit: «Si quelqu'un n'est
pas content des services de la scientologie, il faut le rembourser.» Mais les
petits gourous de Copenhague ne l'entendaient pas ainsi et je compris au bout de
six mois que je n'aurais rien !
Je perdis le sommeil, l'appétit, toute joie de vivre car, endettée,
travaillant jour et nuit pour rembourser ces maudits prêts. Je décidais de faire
une grève de la faim. Août 1989, j'arrivai à Paris, déterminée. Le bras de fer
dura dix jours et j'obtins gain de cause grâce au passage d'Antenne 2 qui
m'envoya une équipe de TV. Sans cela, je serais morte à Paris, devant le siège
national de l'église de scientologie.
La libération physique était accomplie. Je revivais enfin: le simple plaisir
d'acheter des glaces à mes enfants qui n'en avaient jamais mangées, paradoxe
cruel, même au pays des icebergs ! Ne plus culpabiliser si je travaillais moins
de dix-huit heures par jour, l'impression d'être en congé quand je produisais
huit heures de travail. Je repris mes pinceaux. De ce temps datent les portails
ouverts sur des jardins d'Éden, symboles de l'éternelle enfance et des paradis
perdus. Mais il fallut tout de même sept ans complets de convalescence, une cure
de sommeil, pour me défaire de tous les blocages dans mon cerveau. Un à un,
faire sauter chaque barreau de cette satanée cage dorée !
Aujourd'hui, la page est tournée, la meilleure preuve, je reprends ma vie là
où je l'avais laissée. Tous mes rêves abandonnés, je les réalise l'un après
l'autre. Je suis un être libre, libre-penseur, liberté dans mon atelier que j'ai
voulu et créé plus grand que la maison au pied de la montagne qui m'a vue
naître. Un juste retour aux sources, là où ma vraie vie, spirituelle et
artistique, avait commencé, au coeur de mon Ariège, au pied des Pyrénées. Et
Satan créa la secte a été édité à compte d'auteur certes, mais il fait son
bonhomme de chemin; au gré des rencontres, des conférences, j'informe et je dis
« oui, on peut s'en sortir », et j'affirme que les marchands de rêves vont
mourir.
Comme un ruisseau qui va à la rivière, la rivière au fleuve qui se jettera
dans la mer, j'accomplirai ma résilience !
site galerie virtuelle, commande livres: http://mona.ateliere.free.fr/
La Croix du 04/06/2004
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«Nébuleuse psy» et paramédicale
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- Quand
un divorce a pour toile de fond une
- thérapie déviante et une théorie sectaire...
Témoignage de Marianne*
(Source, psychothérapie
vigilance - 4 août 2004)
«Mon mari devint étranger à lui-même, à sa famille, à son comportement
depuis notre rencontre il y a vingt-cinq ans. Guidé par «son enfant
intérieur», il en vint à se comporter comme un adoles- cent... Toutes ses
pensées et actes étaient valorisés par la «psy», sa «bonne mère»
autopro- clamée, qui me faisait endosser le rôle de la «mauvaise mère»
castratrice qu’il fallait quitter pour évoluer .»
Région Aquitaine
J’ai rencontré Geneviève dans le cadre d’une
enquête personnelle sur une «nébuleuse psy» et paramédicale, où mon
mari, dont je suis séparée depuis deux ans, a vécu un parcours de prises en
charge diverses: psy- chothérapie, massages et stages de développement personnel.
En comparant nos expériences et nos documents, nous avons découvert des
ressemblances frappantes dans la transformation psychologique de nos maris.
Outre l’utilisation d’une nouveau langage, nous avons retrouvé aussi les mêmes
noms de personnes en charge de ces stages, formations et psychothérapies.
«Il lui fallait partir pour tomber amoureux»
C’est à partir de 2000 que mon mari a été pris en main par ces praticiens. Il
traversait une période de fragilité et de mal-être dus à des grèves très dures
dans son entreprise et à une date anniversaire liée à son histoire personnelle.
Alertée par des propos et un comportement inhabituel chez lui à la sortie de ces
stages, j’ai pris contact avec des organismes référencés dans la lutte contre
les dérives sectaires et thérapeu- tiques, la brigade départementale de recherche
de la gendarmerie, l’URSSAF, la Commission de déontologie des psychologues,
entre autres, qui ont tous reconnu que mes inquiétudes étaient
légitimes.
« Grâce à tous ces gens qui lui voulaient du bien »,
mon mari a découvert «sa vérité intérieure» , qu’il était son «
messie », son « sauveur », et qu’il «ne m’avait jamais aimée». Quand je parlais de manipulation mentale et de ressemblance avec des
sectes, il devenait violent, m’assénant gifles et insultes. Il devenait
psychorigide, plein de certitudes : «je n’étais pas évoluée ou initiée comme
lui». Etant de formation scientifique, si secte il y avait, il le saurait .
«Moi qui suis un scientifique, donne-moi des preuves que je suis manipulé !»
Lors de sa deuxième séance avec sa psy, celle-ci lui dit de faire
chambre à part «pour savoir qui il voulait dans son lit » ; neuf mois
après il a quitté le domicile conjugal, car «il lui fallait partir pour
tomber amou- reux». En même temps, il a démissionné des associations
culturelles et sportives dont il était responsable ; d'économe il est devenu
très dépensier, multipliant stages et thérapies de groupe pour son bien-être.
Compagnon constant ( vingt ans de mariage), il est parti à la rencontre de
plusieurs femmes pour retrouver un état de «fusion», dont le manque lui
donnait des envies de suicide.
Les méthodes de régression (analyse
transactionnelle et autres ) employées lors de sa thérapie lui ont donné
l‘illusion que ses désirs devaient devenir des réalités: l’émergence de son «enfant intérieur», brimé depuis trop longtemps, légitimait tout passage à
l’acte.
Geneviève et moi avons retrouvé chez nos maris les mêmes effets
générés par leur « développement personnel »: violence physique,
certitudes et orgueil, néo-langage, états de confusion alternant avec des idées
noires,... et pour le mien, refus d’aller consulter un psychiatre, sous prétexte
que je le «manipulais».
Abus de transfert
J’ai découvert que la « psy » conseillée à mon mari , que le mari de
Geneviève a également rencontrée dans sa formation, avait une pratique où des
abus de transfert, de neutralité, des implications de croyances personnelles et
ésotériques diverses parasitaient et mettaient en danger la relation d’aide.
Je m’ouvris alors de mes difficultés et préoccupations à la représentante
régionale d’un syndicat de psychothérapeutes ayant pignon sur rue que je croyais
agréé par les pouvoirs publics. Je lui fis remarquer que la « psy » de
mon mari ne figurait pas dans l’annuaire, qu’elle consultait à son domicile et
qu’elle n’avait pas de plaque professionnelle. Je m’entendis répondre ceci:
«Elle n’appartient pas à notre syndicat, mais elle est claire ». Mais,
avec le temps, je découvris que toutes ces personnes, y compris donc la
représentante régionale que j’avais interrogée pour prendre conseil,
appartenaient au même réseau, qu’elles étaient toutes partenaires dans les mêmes
conférences ou formations , se renvoyant les clients, se «supervisant»
et se cautionnant aux dépens d’une information indépendante du demandeur d’aide.
Pratique claire ? Je cite pêle-mêle l’évocation par la psy pendant les premières
séances d’éléments personnels de son passé pour créer une complicité ( patronyme
de même origine, jeunesse passée dans la même ville, et d’autres points
communs ...), puis vint le tutoiement, l'échange de livres de chevet , la
recommandation d’un stage «prière et guériso», l’envoi de carte de
voeux Je te souhaite un Chemin de Lumière , une Porte.. etc.», les
dîners partagés… La lecture du livre de Martine Maurer «Comment choisir son
psychothérapeute» me confirma que cette façon d’opérer sortait du cadre,
qu’abus de transfert il y avait.
C’était une thérapie abusive et
déviante, que viendra confirmer un avis de la Commission de déontologie des
psychologues , qui bien que cela ne concernât pas une de leurs représentantes,
a rendu un avis circon- stancié sur mon dossier; de plus, l’URSSAF a transmis,
après enquête sur cette «psychothérapeute», un dossier dans le même
sens au parquet et à la gendarmerie .
Il y a très souvent un moment où le
crible de la raison et de la loi permet de mettre en évidence un abus...Tout
comme Geneviève, accusée des mêmes maux, je n’étais donc pas folle, ni parano,
ni hystérique.
De la psy au réseau
Une fois dans ce réseau, mon mari a été pris en charge par d’autres apprentis
sorciers en thérapies diverses, dont on retrouve les traces dans l’entourage de
Geneviève. Ces divers «thérapeutes» ne s’autorisaient que d’eux-mêmes
ou d’écoles ou de formation que l’UNADFI, la MIVILUDES et le CCMM signalent
comme fantai- sistes ou dangereuses, et parfois même façades de mouvements
sectaires.
Mon mari devint étranger à lui-même, à sa famille, à son
comportement depuis notre rencontre il y a vingt- cinq ans. Guidé par «son
enfant intérieur», il en vint à se comporter comme un adolescent... Toutes
ses pensées et actes étaient valorisés par la «psy» , sa «bonne
mère» autoproclamée, qui me faisait endosser le rôle de la «mauvaise
mère» castratrice qu’il fallait quitter pour évoluer .
Mes enfants,
choqués et déstabilisés, sont sortis du système scolaire, incapables de résister
à la pression et ont décliné toute aide «psy», devenue suspecte et
dérisoire, pour traverser cette souffrance, mettant dans le même sac ces
charlatans et les psys des émissions de télé-réalités. Toutes les valeurs
antérieures ont été renversées.
En 2002, une affaire relative à «nébuleuse psy» éclata dans la presse. Nébuleuse où opère d’ailleurs le mari
de Geneviève. Mon avocate, en possession d’un dossier conséquent, obtint que mon
mari, bien que requé- rant contre moi le divorce pour fautes avant même d’avoir
bouclé sa thérapie, soit débouté, condamné aux dépens, avec versements de
dommages et intérêts. La légitimité de mon combat était reconnue. Comment
peut-on divorcer d’un homme qui ne s’appartient plus, qui n’est plus que le
fantôme de celui qui a signé «au bas du parchemi » ? Comment agir pour
ne pas se soumettre à cet étranger dans la maison ? Comment regagner une dignité
et donner à cet ex-partenaire, devenu adversaire, une pause pour retrouver sa
responsabilité, sa capacité à répondre ?
Les mois ont passé . Mes enfants
et moi, nous nous relevons lentement, comme si nous sortions de sous les
décombres, survivants mais blessés après l'écroulement de notre maison. Maison
que je continue à habiter grâce au délai obtenu par mon avocate.
"Les victimes que nous sommes deviennent coupables et bourreaux"
J’ai rencontré depuis d’autres couples et familles , qui ont été détruits par
les conséquences des pratiques de thérapeutes déviants, délirants, aux méthodes
dangereuses .
Comme moi, Geneviève fait partie des «dégâts
collatéraux». Nous sommes considérées avec suspicion ou cynisme par
certains responsables des associations de psychothérapeutes, auxquels nous avons
eu parfois la naïveté de nous adresser. Comme moi, Geneviève s’est inquiétée des
dérives d’une quête , de la trans- formation de son mari, des conséquences sur la
vie de conjugale et familiale. Elle a voulu avec ses moyens porter secours et
assistance, comme le stipule le code du mariage civil et protéger ainsi sa
famille, en se heurtant parfois à l’incompréhension ou à la suspicion de son
entourage. Elle a dû, comme moi, constituer un dossier, digne d’une thèse,
destiné à une formation rapidement assimilable par son avocate , pour recadrer
la lecture de ce qui ressemblait à une «banale» histoire de divorce:
une histoire d’amour qui se termine , un contrat conjugal qui
s’achève.
Le comble est que cette démarche de solidarité conjugale se
retourne contre nous. Les victimes que nous sommes deviennent coupables et
bourreaux. C’est là toute l’habileté et l’efficacité de la manipulation. Et nos
maris, eux-mêmes victimes consentantes ou non d’une entreprise de manipulation
mentale, deviennent agents recruteurs et acteurs de ce réseau de pensées et de
soins «très spéciaux» !
Devant le peu d’information et de
connaissance des instances judiciaires dans le domaine nébuleux des thérapies
issues du Nouvel Âge et des séquelles de ces thérapies abusives ( faux
souvenirs, suicides, dissociation…), les conjoints des personnes entraînées dans
ces dérives sont doublement victimes et impuissantes: c’est un lien conjugal et
familial rompu qui entraîne souffrances , séquelles psychologiques et
matérielles, et un sentiment de colère et d’impuissance devant des systèmes de
pensée totalitaire , masquée par le leurre de la thérapie ou du religieux, qui
sous-tendent les écrits et les théories digérées et intégrées par de nos futurs
ex-conjoints. Totalitaire, parce que si vous vous opposez, vous devez être
détruit...
L’entrée en résistance et en formation continue commence:
«Comment survivre en milieu hostile ?» Il vous faut comprendre pour ne
pas se faire prendre, comprendre que votre parole de victime « collatérale
» n’est pas reconnue, car elle dérange...
Nos futurs ex-conjoints sont dans
leur « lune de miel », tout remplis de leur Vérité Intérieure qui ne
laisse plus de place à l’Autre.
Je constate dans mes rencontres que le
temps du deuil est plus ou moins difficile à commencer. Quelqu’un est parti, il
a « disparu », celui qui reste oscille entre désespoir total et illusion
d’un retour, cela peut être un deuil impossible. Mon sentiment et mon expérience
me disent qu’il ne faut pas rester comme Pénélope sur son île, dans une attente
stérile. Il faut parler, et si vous êtes écoutée par des personnes formées,
informées, et honnêtes, ce qui est nommé sera reconnu. C’est un bon
début.
Au nom de cette solidarité, avec ces victimes non reconnues, je
tiens à porter ce témoignage à votre connaissance, en espérant que, à l’avenir,
les avocats et les juges des affaires familiales seront mieux informés et
formés, et que le législateur saura donner un cadre «clair» à l’exercice de la
psychothérapie dans notre pays.
*Témoignage mis en ligne le 4 août 2004. Les
noms ont été modifiés.
http://psyvig.com
«La
seule manière de se connaître mieux...»
(Source: Bulles n°81- 1er trimestre
2004)
M. voit une affiche de genre oriental invitant à des séances de
méditation,"seule manière de se connaître mieux, de penser sagement", et "d'user
enfin de son potentiel psychique inexploité". Elle s'y rend avec un ami, et,
déchaussée, elle se retrouve assise sur un coussin parmi une vingtaine de
personnes. Le local serait banal sauf la fumée d'encens, la bougie flambant
auprès des fleurs, et l'air "illuminé" des hôtesses, dont P.
Présentations: l'un vient "pour apprendre à méditer"; un retraité de
fraîche date ne savait que faire d'autre; B. se dit très stressé:
"Pouvez-vous m'aider ?". M. a fait de la relaxation en clinique et
voudrait continuer.
Vient l'introduction: "La méditation n'est pas une relaxation ; c'est une
voie personnelle pour approcher le Suprême, Dieu pour certains". "Le stage de
trois semaines sera gratuit? OUI gratuit, car ça n'a pas de prix, ou bien ce
serait trop cher".
Passage à la pratique
Il faut se concentrer sur la flamme "en laissant s'envoler nos
pensées". Le rendez-vous suivant est donné "près du magasin bio". Un
prospectus invite aussi dans un centre tibétain. Dans le nouveau local trône une
photo "transcendantale" de Sri Chinmoy; ses livres et cassettes
musicales, ainsi que de l'encens et des bougies sont proposées à l'achat. Là,
"on doit respirer par tous les pores de son corps, et inspirer par le chakra
du coeur, puis expirer par celui du sommet du crâne". "Je me suis sentie en
continuité avec le cosmos", écrit M.
Lors des séances suivantes, la photo de Sri Chinmoy est face aux yeux des
méditants. "Ses yeux mi-clos semblent en hypnose"."On pousse le fameux AUM
au son d'un instrument à corde hindou, qui fait vibrer la poitrine". Il faut
alors nous concentrer sur le troisième oeil situé entre le deux autres.
L'animatrice a un sourire fixe, "extatique". Sa compagne est figée, comme
dominée "scotchée" devant le portrait choisi pour "sa puissance et sa
compassion". Le gourou est alors présenté comme "surhumain", "un
avatar"; C'est un super musicien, peintre, écrivain, etc... Une vidéo montre
son visage en pleine méditation. Il est assis sur un petit trône bleu, entre
deux ventilateurs.
Séance suivante: P. est aux anges; elle vient de converser avec Sri Chinmoy
au téléphone; elle vient d'avoir l'annonce de la venue en France de "cette
conscience universelle de paix et d'amour".
Fin de stage, se décider ou non
Si c'est oui pour rejoindre le groupe, il faut donner sa photo, pour que Sri
Chinmoy, à New York, décide si nous pouvons nous joindre à lui. Il faudrait
alors suivre des règles: végétarisme strict, abstinence d’alcool et de tabac,
assistance hebdomadaire aux séances de méditation. "Tout n'est pas précisé,
notamment quant à l'argent".
Parmi les stagiaires l'un "a vu la photo lui sourire", d'autres
"ont été témoins de leurs réincarnations passées ou futures".
M. "comprend mieux la perte de contact des adeptes avec le monde
environnant, alors que le Maître regarde chacun".
Conclusion de M.
Je peux dire que j'ai constaté de visu le mode de recrutement d'une secte. Il
est classique puisqu'il propose une réponse globalisante à certaines
interrogations essentielles, certaines recherches spirituelles, certains
problèmes de santé. Et mieux, à cette "élite", il propose pour ceux qui n'ont
même aucun problème, le développement d'un potentiel soi-disant inexploité. Les
techniques de modification des états de conscience entraînent forcément vers des
dérives.
Ajoutons à cela que, d'une part, les adeptes sont soumis à des restrictions
drastiques quant à la sexualité. D'autre part, des troubles psychiques très
graves et durables ont été observés chez des adeptes, dans le sens de la
dépersonnalisation, tant en France qu'aux USA.
Dans le cas présent,
manifestement aucune mesure n'a été envisagée pour écarter d'emblée une personne
qui venait de sortir d'une clinique psychiatrique.
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Solidarité et Progrès -
Lyndon Larouche
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Un exemple
magnifique d'action marketing
15 janvier 2005
LYNDON LAROUCHE, CHEMINADE, SOLIDARITE ET PROGRES.
Laissez moi vous narrer une anecdote qui m'est arrivé pas plus tard qu'hier
alors que je me rendais chez un client.
A un feu, un homme passe parmi les voitures avec une pile de journaux et une
carton autour du cou affichant une caricature de Bush comme on en voit plein
chez les militants alter mondialistes.
Je ne sais si c'est la représentation de bush ou le titre du journal: "constitution européenne: pour nous c'est non !" qui m'a fait ouvrir ma
fenêtre mais le fait est que je me suis retrouvé à prendre le journal en
question. Le deal était simple: "monsieur, je vous donne mon journal et je
vous appelle une fois que vous l'aurez lu pour savoir ce que vous en pensez" et voilà que je donne mon numéro de portable
….
Ne riez pas, il s'agit d'un exemple magnifique d'action marketing et vous
allez mieux me comprendre.
Je suis d'un naturel curieux en ce qui concerne les mouvements politiques et
comme ma position sur la question de la constitution européenne est loin d'être
aussi tranché qu'au PS, je glane des infos. En gros, je fais comme de nombreuses
personnes qui ont survolé pas mal de question de la constitution et qui ne sont
pas convaincu…. Je suis donc un créneau marketing réceptif à ce type de campagne
et ceux qui font cette distribution le savent.
J'ai lu en entier les 8 pages de ce journal et je peux vous affirmer, malgré
ce que je vais dire par la suite, que c'est un exemple de déchiffrage parfait
d'une communauté, un modèle de manipulation marketing d'une catégorie socio
intellectuelle à étudier dans les écoles de commerce.
Outre le titre accrocheur, la démonstration qui lui est attenante est claire,
limpide et teintée de tous les petites références qui titillent le lecteur
d'extrême gauche. On y trouve des articles sur la future constitution et des
explications très réussies. Après cette démonstration, vient un texte sur les
budgets alloués aux maires de France , dénonçant la forte disparité qui existe
entre les villes puis une série d'écrits sur la Palestine où la mort de Yasser
Arafat est décrite comme un tournant de l'histoire.
En bref, il s'agit de sujets qui ne peuvent que susciter un intérêt de la
part de n'importe quelle personne un tant soit peu engagée politiquement à
gauche.
Là où les choses se gâtent, c'est quand on arrive sur un grand texte d'un
certain Lyndon Larouche qui appelle à la résistance face à l'administration
Bush. Encore une fois, le contenu ne laisse pas de doute quand à
l'orientation politique du bonhomme. Il se présente lui même comme un fervent
démocrate, bien dans son monde et bien dans son parti. Cependant quelques
termes mettent la puce à l'oreille, notamment un passage assez obscur sur le
Sublime. Cette notion reste floue, presque en filigrane, et n'est jamais
clairement explicitée mais ne demande que ça.
Quitte à me répéter, je tiens à ajouter que le contenu global est toujours de
qualité, au point où l'on en oublie que ces journalistes sont complètement
inconnus.
Puis viens un dernier texte.
Sous forme de reportage de voyage, une jeune
Larouchiste française explique son séjour aux Etats Unis au sein de la
communauté américaine. Elle a passé une dizaine de jour avec eux, participé à
toutes les actions anti-Bush menées par la cellule locale, dormit ensemble, et ,
nous glisse-t-elle, " nous avons pu participer à la préparation des
présentations des jeunes sur la musique, la lumière, la chaînette, nos projets
économiques, la création d'une cité sur mars ou encore le projet NAWAPA (grand
projet d'aménagement des eaux allant de l'Alaska au Mexique ".
Nous nageons en plein délire
Mais encore une fois, qui est allé
jusqu'au bout de la lecture ne remarque pas forcément ce "dérapage contrôlé" qui apparaît dans les dernières lignes du journal.
Raisonnons: si je
ne suis pas en accord avec le contenu du journal, je ne vais pas jusqu'à la fin.
Si je trouve le contenu intéressant, cet article un peu gnangnan, m'apparaîtra
comme dérisoire et dés les premières lignes, je le survolerai. Mais si je trouve
toute la théorie passionnante alors ce passage ne me choquera pas et pourra même
éveiller un intérêt.
De retour au taf, j'ai surfé un peu sur le net et demandé à Gogole de me
trouver des articles sur Lyndon LaRouche, le journal "Nouvelle solidarité"
ou encore la branche politique officielle française de ce mouvement à savoir
"solidarité et progrès".
Les infos sont faibles, les points de vue sont peu engagés, les articles sont
très peu nombreux en dehors des sites officiels du mouvement.
C'est en allant chercher plus loin dans les pages que l'on trouve un article
de Libé, un message sur le forum du Monde, un article d'un journal américain, un
livre dédié à ce personnage ou encore un site tunisien qui nous dévoilent la
véritable personnalité de Lyndon Larouche.
Je vous laisse ici quelques florilèges du grand humaniste qu'est LaRouche
"Selon Lyndon" la principale source d'impotence, tant chez l'homme que la
femme vient toujours de la mère", mais pire encore " la dégradation des mœurs
venait du fait que les organes féminins étaient placés près de l'anus et que
cela causait chez les femmes une confusion entre sexe et excréments"….
…"Peut-on imaginer quelqu'un de plus vicieusement sadique qu'une black
ghetto mother"…
… Quant aux Chinois, LaRouche explique : " ils approchent des espèces
animales les plus basses en manifestant une personnalité paranoïaque ".
…
Selon LaRouche "seuls 1,5 million de juifs auraient péri dans les camps du
nazisme. Et encore, en majorité à cause de la surcharge de travail, de maladie
et de famine"..
" Smash the Kosher nostra ", "balayons la casher nostra"
est un illustre jeu de mots de Lyndon. …
et je vous passe les déclarations
sur l'homosexualité et le sida. la personnalité trouble de ce gourou politicien
est décriée.
Tantôt accusé d'antisémitisme, tantôt accusé de racisme, grand
adepte de la théorie du complot sous toutes ses formes, il n'en reste pas moins
dangeureux.
Et puisque J.Cheminade se permet de représenter cet homme et ce
mouvement en France, je le met dans le même panier.
Je n'ai pas encore eu le
coup de téléphone du distributeur de journaux mais ne manquerai pas de vous
tenir informé. Je ne veux pas jouer les don Quichotte, les Zorro ou les donneurs de leçons
mais si je me suis retrouvé à lire ce journal c'est que je me suis fait avoir
par cette accroche...
En conclusion, on pourrait dire que ce n'est pas parce
que le discours est tentant que l'on ne traîne pas dans un des milieux les plus
nauséabonds qu'il soit.
La force de ces gens est l'illusion, le mirage
parfait d'un rêve de lendemains qui chantent.
Lyndon Larouche
Source:
http://www.prevensectes.com/solidarite3.htm
Né en 1922, Lyndon Larouche a commencé son activité politique dès 1947 quand
il rejoint le SWP (Socialist Wor- kers Party), principal groupe trotskiste aux
Etats-Unis. En 1965, il quitte ce parti pour rejoindre un petit groupe
trotskiste (American Commitee for the Fourth International). Tim Wohlforth voit
le début du comportement sectaire de Lyndon Larouche en 19681. Il est alors très
actif lors des grèves de Columbia University et fonde le National Caucus of
Labor Committees (NCLC), affilié au Students for a Democratic Society (SDS).
En
1973, il radicalise son mouvement, après avoir coupé ses liens avec le SDS, et
tenté de prendre le pou- voir sur la gauche, en allant jusqu'à l'utilisation de la
violence physique, lors de l'opération Mop-Up2. En 1976, il se présente à
l'élection présidentielle sous l'étiquette du U.S Labor Party et en 1984, il
crée le Schiller Institute, avec l'aide de sa femme Helga-Zepp Larouche, une
Allemande. En 1987, Lyndon Larouche est jugé devant la cour de justice de
Boston, pour une escroquerie présumée. Procès annulé en raison de délais de
procédure trop longs. Un deuxième procès, en Virginie, en 1989, pour escroquerie
financière et fraude fiscale, l'a condamné à 15 ans de détention. Il est libéré
5 ans après. Depuis, il s'est présenté régulièrement à l'investiture démocrate
pour les élections présidentielles américaines, en essayant de se faire
reconnaître comme membre du Parti Démocrate.
En France, Jacques Cheminade, dirigeant de Solidarité et Progrès et
représentant de Lyndon Larouche, s'est présenté aux élections présidentielles en
1995. N'ayant pas obtenu les 500 signatures nécessaires, il n'a pu renouveler
l'expérience en 2002. II a été, par ailleurs, déjà condamné à plusieurs reprises '
: en 1992 il a été condamné à 15 mois de prison avec sursis pour escroquerie (en
janvier 1996 la 13ème cham- bre de la cour d'appel de Paris a allégé cette peine),
en octobre 2004 le tribunal correctionnel de Lyon l'a condamné à 15000 Euros
d'amende pour diffamation publique. Ce jugement a été confirmé en février 2005
par la cour d'appel de Lyon (Jacques Cheminade aurait prévu de se pourvoir en
cassation).
Particularités
Bien qu'on puisse trouver chez le militant de base d'un parti politique des
caractéristiques d'engagement, d'enthousiasme très forts, certaines spécificités
du mouvement de Lyndon Larouche permettent de le diffé- rencier d'un parti
politique traditionnel :
- Culte de la personnalité: Lyndon Larouche est pour ainsi dire le "
Grand Homme ", dont les images et les écrits inondent les sites
larouchistes.
- Elitisme: les membres du mouvement sont les "Golden Souls"
de Lyndon Larouche.
- Diabolisation de l'extérieur: famille, amis, et
tous ceux qui attaquent Lyndon Larouche.
- Emprise sur l'individu: elle est
très forte, le changement de personnalité d'un nouveau membre est très rapide.
Sa famille ne le reconnaît plus et a du mal à communiquer avec lui.
- Théorie
du complot: fonds de commerce de Larouche, marqué par des attaques incessantes
contre les grands banquiers britanniques, un certain nombre de personnalités
juives, l'administration américaine, etc.
- Mode de recrutement:
prosélytisme basé sur la séduction (" Tu as toutes les capacités pour
améliorer le monde ") et le sentiment de culpabilité des personnes
approchées (" Si tu ne viens pas avec nous, cela veut dire que tu ne veux
rien faire pour améliorer le monde ").
- Occupations quotidiennes: tous
les jours, le membre s'auto-persuade du bien-fondé et de la haute valeur des
idées larouchistes, simplement en pratiquant sa démarche prosélyte. L'occupation
intellectuelle est permanente, 12 à 15 heures/jour, même le week-end.
- Mode
de vie: les membres sont regroupés dans des appartements, d'où un contrôle plus
facile.
A la lecture des ces éléments, l'aspect coercitif de ce mouvement est
clair.
Utilisation de la culture par
Larouche
Lyndon Larouche s'est toujours intéressé de près à la culture et aux
sciences. Le Schiller Institute est le bras culturel du mouvement. "Fidelio",
et "21st Century Science & Technology", sont des parutions larouchistes.
De même que "Fusion" revue française vendue en kiosque au rayon
scientifique.
L'année 2004 a vu la sortie de leur pamphlet "Children of
Satan 1113", dans lequel Larouche s'en prend au Congrès pour la Liberté de la
Culture.
Ce qui suit est une tentative pour mettre à jour l'utilisation par Lyndon
Larouche de la culture comme instrument de propagande largement utilisé en
interne.
Le culte de la personnalité
A lire les écrits de Lyndon Larouche, on ne peut nier la culture profonde de
l'individu, même si son interpré- tation des faits
historiques/scientifiques/culturels pourrait certainement faire l'objet de
critiques d'experts. Tout est organisé autour de Lyn. Dans les articles écrits
par ses collaborateurs, la référence est toujours Lyn, ce qu'il a dit, écrit ou
fait.
Lyndon Larouche est un grand communicateur. En 2003, le Schiller
Institute a organisé 8 conférences ou écoles de cadre aux Etats-Unis, et 6 en
2004. Il faudrait y ajouter celles données en Europe et ailleurs. Lyndon
Larouche intervient longuement dans chacune de ces conférences. L'ego
surdimensionné du per- sonnage éclate dans cet extrait de son article " Insanity
as Geometry: Rumsfeld as Stangelove II" où il explique que la société
actuelle a besoin d'un leader exceptionnel aussi bien politique que scientifique
ou artistique et qu'il se voit obligé de jouer ce rôle.
Le site des jeunes larouchistes est un lieu privilégié de propagande. La page
des "Classics" met en référence des auteurs, artistes, écrivains,
scientifiques des siècles passés, avec un certain nombre de leurs écrits, à côté
de Lyndon Larouche, le présentant ainsi comme un grand homme ayant sa place aux
côtés de personnages illustres. Par ailleurs, sa biographie interne le présente
comme un économiste de renommée internationale.
L'utilisation de la musique comme
instrument de recrutement des jeunes larouchistes
Dans le mouvement des jeunes larouchistes, l'utilisation de la musique est
permanente, par le biais de chorales. Le but de l'apprentissage de chants est
leur utilisation ultérieure, dans la rue, afin d'attirer l'attention des
passants. Ces chants sont aussi l'occasion de présentations lors de leurs
nombreuses conférences.
Ces chorales sont aussi un moyen pour ancrer
l'individu dans un groupe soudé autour d'un certain nombre de valeurs, en lui
donnant le sentiment d'être important, de faire partie d'une élite. Faire en
sorte que les jeunes larouchistes se sentent importants est un des moyens de
séduction utilisé pour les attirer dans le mouvement.
Des choix culturels manichéens
Lyndon Larouche rejette un certain nombre de formes artistiques. Tout ce qui
n'est pas "classique" est considéré comme de l'art dégénéré, ce qui rappelle
un discours abondamment produit sous des régimes totalitaires. Un petit nombre
de compositeurs trouvent grâce aux yeux de Lyndon Larouche, comme Beethoven,
J.S. Bach, Mozart, Brahms, Verdi par exemple. Sont rejetés les compositeurs
baroques, les contemporains, entre autres, les peintres impressionnistes ou
fauvistes.
Beethoven tient une place particulière dans l'esprit de Lyndon
Larouche. En effet, selon Dennis Tourish et Tim Wohlforth, il a utilisé, dans
les années 70, la musique de ce compositeur pour "déprogrammer" un membre, Alice
Weitzman, qu'il pensait être un agent de la CIA, en la maintenant captive et en
lui faisant écouter la musique de ce compositeur à fort volumes.
Le pamphlet
larouchiste "Children of Satan-11f" montre bien la virulence avec laquelle
des peintres contemporains, des compositeurs ou des écrivains sont rejetés. Des
mots très durs sortent de la plume ou de la bouche du "larouchiste" Jeffrey
Steinberg quand il en parle ("bruit hideux" pour qualifier un extrait du "Sacre
du Printemps " de Stravinsky).
Les jeunes membres voient leurs choix
culturels se restreindre. Les " bons " choix culturels viennent d'en-haut.
Le rejet des artistes juifs
Le complot juif mondial étant le fonds de commerce de Lyndon Larouche, il
n'est pas étonnant que les artistes juifs soient stigmatisés dans ses écrits.
Quand on les examine, on réalise très vite que ses attaques envers les
personnalités politiques ou artistiques visent la plupart du temps des
personnalités juives (exemple, les néo-conservateurs américains Paul Wolfowitz,
Richard Perle, ou H. Kissinger). De la même façon, les artistes juifs sont
stigmatisés. "Le Congrès pour la Liberté de la Culture" comprenant un certain
nombre d'artistes juifs10, on ne s'étonnera pas que cette institution ait été la
cible des larouchistes.
Lyndon Larouche rejette même l'idée d'une culture
juive. Comme il l'écrit en 1973, dans le dossier "The case of Ludwig Feuerbach", inclus dans la revue larouchiste "Campaigner" : il n'y a pas de culture juive
autonome mais seulement une variété particulière de culture chrétienne.
Là encore, il s'agit d'un exemple parmi d'autres.
Stratégie
sectaire
1. Larouche est présenté comme le
grand penseur-philosophe-politiciens-économiste-musicologue du siècle, et
il est mis en parallèle avec des personnalités incontestables, Martin Luther
King, Théodore Roosevelt, etc.
2. Le " grand homme " annonce un
cataclysme économique sans précédent, mais il a La solution.
3. Son
infaillibilité est présentée ainsi aux jeunes membres: " Larouche ne s'est
jamais trompé. "
4. Les sites larouchistes sont inondés des écrits du
"grand homme" pour donner l'illusion d'une importance immense de l'individu.
Le jeune larouchiste croit que toute cette communication est faite à destination
de la planète entière, car c'est bien ce que mérite un "grand homme": la
diffusion de ses idées. C'est d'ailleurs ce qu'on lui demande de faire tous les
jours dans la rue.
5. Les jeunes larouchistes n'ont plus qu'un seul
horizon: Larouche. Tout ce qui est externe est diabolisé, en particulier
parents et amis, ainsi que toutes les idées artistiques, scientifiques,
politiques qui n'auraient pas reçu l'estampille "Larouche".
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