Témoignages de victimes de mouvements sectaires

Solidarité et Progrès et Lyndon Larouche (ADFI-Bulles - 15 janvier 2005)

Sahaja Yoga - Shri Mataji (Le Matin - 14 janvier 1996)

Ordre du Temple solaire (OTS) (Le Matin - 14 janvier 1996)

Témoins de Jéhovah (Le Matin - 14 janvier 1996)

Cela ressemble à une histoire de recrutement sectaire sur le Net. Elle concerne un adolescent français, mais elle aurait pu être jugée devant les tribunaux belges. Alexandre* est studieux et plutôt réservé. Âgé de 17 ans, il suit avec aisance les cours de sa classe de première scientifique, dans un lycée de l'ouest de la France. Chaque jour, à la sortie des cours, le jeune garçon se réfugie dans sa chambre, l'œil rivé à son écran d'ordinateur. Fan des Chevaliers du Zodiaque, une bande dessinée japonaise adaptée en dessin animé télévisé, le jeune homme traque, sur le Réseau, des images de ses héros mythologiques.

Au hasard de ses recherches, il sympathise avec des garçons de son âge: trois frères qui partagent sa passion pour les chevaliers nippons et qui résident en Belgique. Nous sommes au mois de novembre 1998, Alexandre commence sa correspondance avec ses nouveaux amis. Après quelques trocs d'images des chevaliers, la relation à distance prend un nouveau tour. La mère de ses copains du Net s'immisce dans la conversation. Interloqué, Alexandre n'ose pas réagir et poursuit ses échanges virtuels. Le mois de décembre pointant le nez, Alexandre parle, pour la première fois, de ses nouveaux amis à sa mère: il lui demande la permission de se rendre chez eux, en Belgique. Très surprise et un peu méfiante, Christine, sa mère, lui explique qu'elle préférerait d'abord les connaître et que c'est elle qui les invite. Finalement, ils déclinent l'invitation...

Les fêtes de Noël passent. Puis, un jour de nettoyage, Christine découvre un colis postal planqué sous le lit de son fils. Dans le fouillis, elle trouve pêle-mêle, un poussin en peluche, une bande dessinée sur la Guerre de Troie, une cassette de musique portant la mention «pour Alexandre de la part de Saho», un livre en hommage à Peter Deunov écrit par Mickaël Aivanhov, le gourou de la Fraternité blanche universelle (FBU) et une bande sur laquelle une voix féminine murmure : « Je veux que tu saches que tu seras toujours à mes côtés. Je t'aime, je t'aime, etc. » Sur le bureau traînent quelques pages sur lesquelles le lycéen loue le Seigneur en évoquant son « corps mental, serviteur de son esprit » … Il n'en faut pas plus pour que la maman s'affole.

Soleil et mythologie

Ne sachant comment interpréter cette littérature obscure aux accents ésotériques, elle prend contact avec l'UNADFI (Union nationale des associations de défense de la famille et de l'individu) qui, par chance, a une antenne dans sa ville. La responsable locale examine les objets. L'ouvrage de Mickaël Aivanhov n'est autre qu'une apologie du fondateur de la FBU, une secte répertoriée dans le rapport de l'Assemblée nationale. De même, la signature de la mère de famille belge s'accompagne souvent d'un soleil et ses propos font souvent référence à la mythologie... Autant d'indices qui orientent les soupçons vers la FBU.

Très vite, l'UNADFI envoie un dossier à sa correspondance en Belgique, accompagné des interrogations suivantes: «Pourrait-il s'agir d'une tentative de recrutement sectaire ? Ou cette correspondance masque-t- elle un réseau à caractère pédophile ? Le jeune homme paraît très influencé par cette personne.»

Ces informations sont ensuite transmises à la police belge qui ouvre une enquête. Entre-temps, Christine remarque, sur le bureau de son fils, un document portant mention d'horaires de trains, à destination de la Belgique, pour le mois de février. Craignant que l'adolescent ne fugue, sous l'influence de ses correspondants douteux, la maman porte plainte, en France, contre la famille belge, le 19 janvier 1999.

L'affaire n'aura toutefois pas de suites et sera classée par le tribunal. La mère de famille belge, employée de mairie, a bien été interrogée par la police, mais sans résultat. «Bizarrement, elle se disait "protégée" par le maire de sa commune, un élu du parti social chrétien qui n'est plus au pouvoir aujourd'hui», précise une correspondante belge de l'UNADFI. Le lien entre cette employée municipale et la secte n'ayant jamais pu être prouvé, l'enquête a pris fin. Le procureur du Roi chargé de l'affaire a même affirmé à Transfert «ne retrouver aucune trace du dossier».

*Afin de préserver l'anonymat des personnes mentionnées, leurs noms ont été modifiés.


La Scientologie

La prison sans barreaux
Mona Vasquez, peintre

Curieusement, c'est en me retrouvant en prison, face à un juge, que s'amorça ma libération ! C'est une longue histoire...

On m'a volé dix ans de ma vie. Je croyais être libre et j'étais une esclave dans ma prison sans barreaux. La secte me piégea, comme une fleur, alors que je vaquais à mes études d'art. J'avais 20 ans, l'amour de la poésie, de la philo, et je sévissais aux Beaux-Arts où j'espérais parfaire mon coup de crayon, quand soudain!...

Oh ! je ne poussai pas la porte d'une Église parallèle ni d'un groupe «zen». Bref, je ne suis jamais entrée dans une secte, mais elle me capta, me captura par le biais d'un ami, comme moi grand lecteur. Pour sa propagande circulait ainsi La Dianétique, d'un certain Hubbard. Je le dévorai; au milieu, un marque-page « si vous voulez en savoir plus...», un numéro de téléphone à Angers... Dix ans de goulag ! Angers ne fut que l'antichambre, la goutte de miel (empoisonné) pour nous appâter. On est accro à une secte comme à une drogue ; au début on vous l'offre, puis c'est l'escalade et vous tueriez père et mère pour en avoir. La doctrine est étudiée pour vous mettre en euphorie, puis en dépendance.

L'enfer dura ainsi sept ans; je m'enfuis, trois fois, ils me récupéraient. Poussée à faire des prêts illégaux, je me retrouvai en prison. Là, dans un effort mental énorme, je renversai la vapeur et la culpabilité suprême: «Vous êtes, seul, responsable de tous vos problèmes et malheurs.» En comprenant enfin que tout cela était de leur faute commença ma vraie libération.

Trois jours de garde à vue et donc de méditation forcée pour en arriver là ! Goût de paradis perdu, comme une douce réminiscence. Un jour, il y a longtemps, j'étais un être libre mais n'en savais rien ! Le juge me relâcha et me sauva la vie sans le savoir, m'apportant par le sevrage forcé la délivrance. Elle m'avait dit: «Je vous libère, mais si j'apprends que vous avez contacté un scientologue tant que durera l'enquête, je vous fais coffrer.» Celle-ci dura un an.

Année noire, d'autant que j'avais reçu une lettre d'excommunication de l'ES (l'église de scientologie). Je redevins fragile, il fallut tout réapprendre, vivre sans sa dose, coupée de la parole du gourou (père) et de la secte (mère) ; libre mais encore trop perdue pour en apprécier la juste saveur. Il fallut du temps, me réinsérer dans une société indifférente ou plutôt ignorante des dégâts des sectes. Comme toujours, c'est l'usage intensif des pinceaux qui fut ma vraie victoire. Au lieu de devenir folle ou de rechuter, je me mis à la tâche, j'écrivis.

Durant six mois, tout en élevant mes trois enfants, eux aussi rescapés, je racontais tout ce que je vécus durant sept ans au coeur de l'hydre ! Tâchant d'analyser, pour en faire une chose hors de moi, ce travail fut libératoire; il fut ma catharsis ! Ainsi naquit Et Satan créa la secte qui se voulait une mise en garde. Puis le manuscrit dormit dans un tiroir; en l'instant, je n'avais pas la force de le faire publier ! Il s'agissait de survie.

Mais l'aventure n'était pas terminée; je me sentais pieds et poings liés encore car la scientologie m'avait tant poussée aux prêts, que je travaillais dur pour manger ! L'heure du bilan et des comptes avait sonné. La secte m'avait escroquée de 75 000 Euro en livres et cours de tout poil. Dans l'état de stress dans lequel j'étais, je n'appréciais pas encore d'être à l'air libre. Le juge m'ayant blanchie, j'eus le droit de contacter la scientologie. Je leur présentais la note, sûre de mon fait car Hubbard a écrit: «Si quelqu'un n'est pas content des services de la scientologie, il faut le rembourser.» Mais les petits gourous de Copenhague ne l'entendaient pas ainsi et je compris au bout de six mois que je n'aurais rien !

Je perdis le sommeil, l'appétit, toute joie de vivre car, endettée, travaillant jour et nuit pour rembourser ces maudits prêts. Je décidais de faire une grève de la faim. Août 1989, j'arrivai à Paris, déterminée. Le bras de fer dura dix jours et j'obtins gain de cause grâce au passage d'Antenne 2 qui m'envoya une équipe de TV. Sans cela, je serais morte à Paris, devant le siège national de l'église de scientologie.

La libération physique était accomplie. Je revivais enfin: le simple plaisir d'acheter des glaces à mes enfants qui n'en avaient jamais mangées, paradoxe cruel, même au pays des icebergs ! Ne plus culpabiliser si je travaillais moins de dix-huit heures par jour, l'impression d'être en congé quand je produisais huit heures de travail. Je repris mes pinceaux. De ce temps datent les portails ouverts sur des jardins d'Éden, symboles de l'éternelle enfance et des paradis perdus. Mais il fallut tout de même sept ans complets de convalescence, une cure de sommeil, pour me défaire de tous les blocages dans mon cerveau. Un à un, faire sauter chaque barreau de cette satanée cage dorée !

Aujourd'hui, la page est tournée, la meilleure preuve, je reprends ma vie là où je l'avais laissée. Tous mes rêves abandonnés, je les réalise l'un après l'autre. Je suis un être libre, libre-penseur, liberté dans mon atelier que j'ai voulu et créé plus grand que la maison au pied de la montagne qui m'a vue naître. Un juste retour aux sources, là où ma vraie vie, spirituelle et artistique, avait commencé, au coeur de mon Ariège, au pied des Pyrénées. Et Satan créa la secte a été édité à compte d'auteur certes, mais il fait son bonhomme de chemin; au gré des rencontres, des conférences, j'informe et je dis « oui, on peut s'en sortir », et j'affirme que les marchands de rêves vont mourir.

Comme un ruisseau qui va à la rivière, la rivière au fleuve qui se jettera dans la mer, j'accomplirai ma résilience !

site galerie virtuelle, commande livres: http://mona.ateliere.free.fr/

La Croix du 04/06/2004


«Nébuleuse psy» et paramédicale

Quand un divorce a pour toile de fond une
thérapie déviante et une théorie sectaire...

Témoignage de Marianne*

(Source, psychothérapie vigilance - 4 août 2004)

«Mon mari devint étranger à lui-même, à sa famille, à son comportement depuis notre rencontre il y a vingt-cinq ans. Guidé par «son enfant intérieur», il en vint à se comporter comme un adoles- cent... Toutes ses pensées et actes étaient valorisés par la «psy», sa «bonne mère» autopro- clamée, qui me faisait endosser le rôle de la «mauvaise mère» castratrice qu’il fallait quitter pour évoluer .»

Région Aquitaine

J’ai rencontré Geneviève dans le cadre d’une enquête personnelle sur une «nébuleuse psy» et paramédicale, où mon mari, dont je suis séparée depuis deux ans, a vécu un parcours de prises en charge diverses: psy- chothérapie, massages et stages de développement personnel. En comparant nos expériences et nos documents, nous avons découvert des ressemblances frappantes dans la transformation psychologique de nos maris. Outre l’utilisation d’une nouveau langage, nous avons retrouvé aussi les mêmes noms de personnes en charge de ces stages, formations et psychothérapies.

«Il lui fallait partir pour tomber amoureux»

C’est à partir de 2000 que mon mari a été pris en main par ces praticiens. Il traversait une période de fragilité et de mal-être dus à des grèves très dures dans son entreprise et à une date anniversaire liée à son histoire personnelle. Alertée par des propos et un comportement inhabituel chez lui à la sortie de ces stages, j’ai pris contact avec des organismes référencés dans la lutte contre les dérives sectaires et thérapeu- tiques, la brigade départementale de recherche de la gendarmerie, l’URSSAF, la Commission de déontologie des psychologues, entre autres, qui ont tous reconnu que mes inquiétudes étaient légitimes.

« Grâce à tous ces gens qui lui voulaient du bien », mon mari a découvert «sa vérité intérieure» , qu’il était son « messie », son « sauveur », et qu’il «ne m’avait jamais aimée». Quand je parlais de manipulation mentale et de ressemblance avec des sectes, il devenait violent, m’assénant gifles et insultes. Il devenait psychorigide, plein de certitudes : «je n’étais pas évoluée ou initiée comme lui». Etant de formation scientifique, si secte il y avait, il le saurait . «Moi qui suis un scientifique, donne-moi des preuves que je suis manipulé !»

Lors de sa deuxième séance avec sa psy, celle-ci lui dit de faire chambre à part
«pour savoir qui il voulait dans son lit » ; neuf mois après il a quitté le domicile conjugal, car «il lui fallait partir pour tomber amou- reux». En même temps, il a démissionné des associations culturelles et sportives dont il était responsable ; d'économe il est devenu très dépensier, multipliant stages et thérapies de groupe pour son bien-être. Compagnon constant ( vingt ans de mariage), il est parti à la rencontre de plusieurs femmes pour retrouver un état de «fusion», dont le manque lui donnait des envies de suicide.

Les méthodes de régression (analyse transactionnelle et autres ) employées lors de sa thérapie lui ont donné l‘illusion que ses désirs devaient devenir des réalités: l’émergence de son «enfant intérieur», brimé depuis trop longtemps, légitimait tout passage à l’acte.

Geneviève et moi avons retrouvé chez nos maris les mêmes effets générés par leur
« développement personnel »: violence physique, certitudes et orgueil, néo-langage, états de confusion alternant avec des idées noires,... et pour le mien, refus d’aller consulter un psychiatre, sous prétexte que je le «manipulais».

Abus de transfert

J’ai découvert que la « psy » conseillée à mon mari , que le mari de Geneviève a également rencontrée dans sa formation, avait une pratique où des abus de transfert, de neutralité, des implications de croyances personnelles et ésotériques diverses parasitaient et mettaient en danger la relation d’aide.

Je m’ouvris alors de mes difficultés et préoccupations à la représentante régionale d’un syndicat de psychothérapeutes ayant pignon sur rue que je croyais agréé par les pouvoirs publics. Je lui fis remarquer que la « psy » de mon mari ne figurait pas dans l’annuaire, qu’elle consultait à son domicile et qu’elle n’avait pas de plaque professionnelle. Je m’entendis répondre ceci: «Elle n’appartient pas à notre syndicat, mais elle est claire ». Mais, avec le temps, je découvris que toutes ces personnes, y compris donc la représentante régionale que j’avais interrogée pour prendre conseil, appartenaient au même réseau, qu’elles étaient toutes partenaires dans les mêmes conférences ou formations , se renvoyant les clients, se «supervisant» et se cautionnant aux dépens d’une information indépendante du demandeur d’aide.

Pratique claire ? Je cite pêle-mêle l’évocation par la psy pendant les premières séances d’éléments personnels de son passé pour créer une complicité ( patronyme de même origine, jeunesse passée dans la même ville, et d’autres points communs ...), puis vint le tutoiement, l'échange de livres de chevet , la recommandation d’un stage «prière et guériso», l’envoi de carte de voeux Je te souhaite un Chemin de Lumière , une Porte.. etc.», les dîners partagés… La lecture du livre de Martine Maurer «Comment choisir son psychothérapeute» me confirma que cette façon d’opérer sortait du cadre, qu’abus de transfert il y avait.

C’était une thérapie abusive et déviante, que viendra confirmer un avis de la Commission de déontologie des psychologues , qui bien que cela ne concernât pas une de leurs représentantes, a rendu un avis circon- stancié sur mon dossier; de plus, l’URSSAF a transmis, après enquête sur cette
«psychothérapeute», un dossier dans le même sens au parquet et à la gendarmerie .

Il y a très souvent un moment où le crible de la raison et de la loi permet de mettre en évidence un abus...Tout comme Geneviève, accusée des mêmes maux, je n’étais donc pas folle, ni parano, ni hystérique.

De la psy au réseau

Une fois dans ce réseau, mon mari a été pris en charge par d’autres apprentis sorciers en thérapies diverses, dont on retrouve les traces dans l’entourage de Geneviève. Ces divers «thérapeutes» ne s’autorisaient que d’eux-mêmes ou d’écoles ou de formation que l’UNADFI, la MIVILUDES et le CCMM signalent comme fantai- sistes ou dangereuses, et parfois même façades de mouvements sectaires.

Mon mari devint étranger à lui-même, à sa famille, à son comportement depuis notre rencontre il y a vingt- cinq ans. Guidé par
«son enfant intérieur», il en vint à se comporter comme un adolescent... Toutes ses pensées et actes étaient valorisés par la «psy» , sa «bonne mère» autoproclamée, qui me faisait endosser le rôle de la «mauvaise mère» castratrice qu’il fallait quitter pour évoluer .

Mes enfants, choqués et déstabilisés, sont sortis du système scolaire, incapables de résister à la pression et ont décliné toute aide
«psy», devenue suspecte et dérisoire, pour traverser cette souffrance, mettant dans le même sac ces charlatans et les psys des émissions de télé-réalités. Toutes les valeurs antérieures ont été renversées.

En 2002, une affaire relative à
«nébuleuse psy» éclata dans la presse. Nébuleuse où opère d’ailleurs le mari de Geneviève. Mon avocate, en possession d’un dossier conséquent, obtint que mon mari, bien que requé- rant contre moi le divorce pour fautes avant même d’avoir bouclé sa thérapie, soit débouté, condamné aux dépens, avec versements de dommages et intérêts. La légitimité de mon combat était reconnue. Comment peut-on divorcer d’un homme qui ne s’appartient plus, qui n’est plus que le fantôme de celui qui a signé «au bas du parchemi » ? Comment agir pour ne pas se soumettre à cet étranger dans la maison ? Comment regagner une dignité et donner à cet ex-partenaire, devenu adversaire, une pause pour retrouver sa responsabilité, sa capacité à répondre ?

Les mois ont passé . Mes enfants et moi, nous nous relevons lentement, comme si nous sortions de sous les décombres, survivants mais blessés après l'écroulement de notre maison. Maison que je continue à habiter grâce au délai obtenu par mon avocate.

"Les victimes que nous sommes deviennent coupables et bourreaux"

J’ai rencontré depuis d’autres couples et familles , qui ont été détruits par les conséquences des pratiques de thérapeutes déviants, délirants, aux méthodes dangereuses .

Comme moi, Geneviève fait partie des
«dégâts collatéraux». Nous sommes considérées avec suspicion ou cynisme par certains responsables des associations de psychothérapeutes, auxquels nous avons eu parfois la naïveté de nous adresser. Comme moi, Geneviève s’est inquiétée des dérives d’une quête , de la trans- formation de son mari, des conséquences sur la vie de conjugale et familiale. Elle a voulu avec ses moyens porter secours et assistance, comme le stipule le code du mariage civil et protéger ainsi sa famille, en se heurtant parfois à l’incompréhension ou à la suspicion de son entourage. Elle a dû, comme moi, constituer un dossier, digne d’une thèse, destiné à une formation rapidement assimilable par son avocate , pour recadrer la lecture de ce qui ressemblait à une «banale» histoire de divorce: une histoire d’amour qui se termine , un contrat conjugal qui s’achève.

Le comble est que cette démarche de solidarité conjugale se retourne contre nous. Les victimes que nous sommes deviennent coupables et bourreaux. C’est là toute l’habileté et l’efficacité de la manipulation. Et nos maris, eux-mêmes victimes consentantes ou non d’une entreprise de manipulation mentale, deviennent agents recruteurs et acteurs de ce réseau de pensées et de soins
«très spéciaux» !

Devant le peu d’information et de connaissance des instances judiciaires dans le domaine nébuleux des thérapies issues du Nouvel Âge et des séquelles de ces thérapies abusives ( faux souvenirs, suicides, dissociation…), les conjoints des personnes entraînées dans ces dérives sont doublement victimes et impuissantes: c’est un lien conjugal et familial rompu qui entraîne souffrances , séquelles psychologiques et matérielles, et un sentiment de colère et d’impuissance devant des systèmes de pensée totalitaire , masquée par le leurre de la thérapie ou du religieux, qui sous-tendent les écrits et les théories digérées et intégrées par de nos futurs ex-conjoints. Totalitaire, parce que si vous vous opposez, vous devez être détruit...

L’entrée en résistance et en formation continue commence:
«Comment survivre en milieu hostile ?» Il vous faut comprendre pour ne pas se faire prendre, comprendre que votre parole de victime « collatérale » n’est pas reconnue, car elle dérange... Nos futurs ex-conjoints sont dans leur « lune de miel », tout remplis de leur Vérité Intérieure qui ne laisse plus de place à l’Autre.

Je constate dans mes rencontres que le temps du deuil est plus ou moins difficile à commencer. Quelqu’un est parti, il a
« disparu », celui qui reste oscille entre désespoir total et illusion d’un retour, cela peut être un deuil impossible. Mon sentiment et mon expérience me disent qu’il ne faut pas rester comme Pénélope sur son île, dans une attente stérile. Il faut parler, et si vous êtes écoutée par des personnes formées, informées, et honnêtes, ce qui est nommé sera reconnu. C’est un bon début.

Au nom de cette solidarité, avec ces victimes non reconnues, je tiens à porter ce témoignage à votre connaissance, en espérant que, à l’avenir, les avocats et les juges des affaires familiales seront mieux informés et formés, et que le législateur saura donner un cadre «clair» à l’exercice de la psychothérapie dans notre pays.

*Témoignage mis en ligne le 4 août 2004. Les noms ont été modifiés. http://psyvig.com


Stages Sri Chinmoy

«La seule manière de se connaître mieux...»

(Source: Bulles n°81- 1er trimestre 2004)

M. voit une affiche de genre oriental invitant à des séances de méditation,"seule manière de se connaître mieux, de penser sagement", et "d'user enfin de son potentiel psychique inexploité". Elle s'y rend avec un ami, et, déchaussée, elle se retrouve assise sur un coussin parmi une vingtaine de personnes. Le local serait banal sauf la fumée d'encens, la bougie flambant auprès des fleurs, et l'air "illuminé" des hôtesses, dont P.

Présentations: l'un vient "pour apprendre à méditer"; un retraité de fraîche date ne savait que faire d'autre; B. se dit très stressé: "Pouvez-vous m'aider ?". M. a fait de la relaxation en clinique et voudrait continuer.

Vient l'introduction: "La méditation n'est pas une relaxation ; c'est une voie personnelle pour approcher le Suprême, Dieu pour certains". "Le stage de trois semaines sera gratuit? OUI gratuit, car ça n'a pas de prix, ou bien ce serait trop cher".

Passage à la pratique

Il faut se concentrer sur la flamme "en laissant s'envoler nos pensées". Le rendez-vous suivant est donné "près du magasin bio". Un prospectus invite aussi dans un centre tibétain. Dans le nouveau local trône une photo "transcendantale" de Sri Chinmoy; ses livres et cassettes musicales, ainsi que de l'encens et des bougies sont proposées à l'achat. Là, "on doit respirer par tous les pores de son corps, et inspirer par le chakra du coeur, puis expirer par celui du sommet du crâne". "Je me suis sentie en continuité avec le cosmos", écrit M.

Lors des séances suivantes, la photo de Sri Chinmoy est face aux yeux des méditants. "Ses yeux mi-clos semblent en hypnose"."On pousse le fameux AUM au son d'un instrument à corde hindou, qui fait vibrer la poitrine". Il faut alors nous concentrer sur le troisième oeil situé entre le deux autres. L'animatrice a un sourire fixe, "extatique". Sa compagne est figée, comme dominée "scotchée" devant le portrait choisi pour "sa puissance et sa compassion". Le gourou est alors présenté comme "surhumain", "un avatar"; C'est un super musicien, peintre, écrivain, etc... Une vidéo montre son visage en pleine méditation. Il est assis sur un petit trône bleu, entre deux ventilateurs.

Séance suivante: P. est aux anges; elle vient de converser avec Sri Chinmoy au téléphone; elle vient d'avoir l'annonce de la venue en France de "cette conscience universelle de paix et d'amour".

Fin de stage, se décider ou non

Si c'est oui pour rejoindre le groupe, il faut donner sa photo, pour que Sri Chinmoy, à New York, décide si nous pouvons nous joindre à lui. Il faudrait alors suivre des règles: végétarisme strict, abstinence d’alcool et de tabac, assistance hebdomadaire aux séances de méditation. "Tout n'est pas précisé, notamment quant à l'argent".

Parmi les stagiaires l'un "a vu la photo lui sourire", d'autres "ont été témoins de leurs réincarnations passées ou futures".

M. "comprend mieux la perte de contact des adeptes avec le monde environnant, alors que le Maître regarde chacun".

Conclusion de M.

Je peux dire que j'ai constaté de visu le mode de recrutement d'une secte. Il est classique puisqu'il propose une réponse globalisante à certaines interrogations essentielles, certaines recherches spirituelles, certains problèmes de santé. Et mieux, à cette "élite", il propose pour ceux qui n'ont même aucun problème, le développement d'un potentiel soi-disant inexploité. Les techniques de modification des états de conscience entraînent forcément vers des dérives.

Ajoutons à cela que, d'une part, les adeptes sont soumis à des restrictions drastiques quant à la sexualité. D'autre part, des troubles psychiques très graves et durables ont été observés chez des adeptes, dans le sens de la dépersonnalisation, tant en France qu'aux USA.

Dans le cas présent, manifestement aucune mesure n'a été envisagée pour écarter d'emblée une personne qui venait de sortir d'une clinique psychiatrique.

 


Solidarité et Progrès - Lyndon Larouche

Un exemple magnifique d'action marketing

15 janvier 2005

LYNDON LAROUCHE, CHEMINADE, SOLIDARITE ET PROGRES.

Laissez moi vous narrer une anecdote qui m'est arrivé pas plus tard qu'hier alors que je me rendais chez un client.

A un feu, un homme passe parmi les voitures avec une pile de journaux et une carton autour du cou affichant une caricature de Bush comme on en voit plein chez les militants alter mondialistes.

Je ne sais si c'est la représentation de bush ou le titre du journal: "constitution européenne: pour nous c'est non !" qui m'a fait ouvrir ma fenêtre mais le fait est que je me suis retrouvé à prendre le journal en question. Le deal était simple: "monsieur, je vous donne mon journal et je vous appelle une fois que vous l'aurez lu pour savoir ce que vous en pensez" et voilà que je donne mon numéro de portable ….

Ne riez pas, il s'agit d'un exemple magnifique d'action marketing et vous allez mieux me comprendre.

Je suis d'un naturel curieux en ce qui concerne les mouvements politiques et comme ma position sur la question de la constitution européenne est loin d'être aussi tranché qu'au PS, je glane des infos. En gros, je fais comme de nombreuses personnes qui ont survolé pas mal de question de la constitution et qui ne sont pas convaincu…. Je suis donc un créneau marketing réceptif à ce type de campagne et ceux qui font cette distribution le savent.

J'ai lu en entier les 8 pages de ce journal et je peux vous affirmer, malgré ce que je vais dire par la suite, que c'est un exemple de déchiffrage parfait d'une communauté, un modèle de manipulation marketing d'une catégorie socio intellectuelle à étudier dans les écoles de commerce.

Outre le titre accrocheur, la démonstration qui lui est attenante est claire, limpide et teintée de tous les petites références qui titillent le lecteur d'extrême gauche. On y trouve des articles sur la future constitution et des explications très réussies. Après cette démonstration, vient un texte sur les budgets alloués aux maires de France , dénonçant la forte disparité qui existe entre les villes puis une série d'écrits sur la Palestine où la mort de Yasser Arafat est décrite comme un tournant de l'histoire.

En bref, il s'agit de sujets qui ne peuvent que susciter un intérêt de la part de n'importe quelle personne un tant soit peu engagée politiquement à gauche.

Là où les choses se gâtent, c'est quand on arrive sur un grand texte d'un certain Lyndon Larouche qui appelle à la résistance face à l'administration Bush. Encore une fois, le contenu ne laisse pas de doute quand à l'orientation politique du bonhomme. Il se présente lui même comme un fervent démocrate, bien dans son monde et bien dans son parti. Cependant quelques termes mettent la puce à l'oreille, notamment un passage assez obscur sur le Sublime. Cette notion reste floue, presque en filigrane, et n'est jamais clairement explicitée mais ne demande que ça.

Quitte à me répéter, je tiens à ajouter que le contenu global est toujours de qualité, au point où l'on en oublie que ces journalistes sont complètement inconnus.

Puis viens un dernier texte. Sous forme de reportage de voyage, une jeune Larouchiste française explique son séjour aux Etats Unis au sein de la communauté américaine. Elle a passé une dizaine de jour avec eux, participé à toutes les actions anti-Bush menées par la cellule locale, dormit ensemble, et , nous glisse-t-elle, " nous avons pu participer à la préparation des présentations des jeunes sur la musique, la lumière, la chaînette, nos projets économiques, la création d'une cité sur mars ou encore le projet NAWAPA (grand projet d'aménagement des eaux allant de l'Alaska au Mexique ".

Nous nageons en plein délire

Mais encore une fois, qui est allé jusqu'au bout de la lecture ne remarque pas forcément ce "dérapage contrôlé" qui apparaît dans les dernières lignes du journal.

Raisonnons: si je ne suis pas en accord avec le contenu du journal, je ne vais pas jusqu'à la fin. Si je trouve le contenu intéressant, cet article un peu gnangnan, m'apparaîtra comme dérisoire et dés les premières lignes, je le survolerai. Mais si je trouve toute la théorie passionnante alors ce passage ne me choquera pas et pourra même éveiller un intérêt.

De retour au taf, j'ai surfé un peu sur le net et demandé à Gogole de me trouver des articles sur Lyndon LaRouche, le journal "Nouvelle solidarité" ou encore la branche politique officielle française de ce mouvement à savoir "solidarité et progrès".

Les infos sont faibles, les points de vue sont peu engagés, les articles sont très peu nombreux en dehors des sites officiels du mouvement.

C'est en allant chercher plus loin dans les pages que l'on trouve un article de Libé, un message sur le forum du Monde, un article d'un journal américain, un livre dédié à ce personnage ou encore un site tunisien qui nous dévoilent la véritable personnalité de Lyndon Larouche.

Je vous laisse ici quelques florilèges du grand humaniste qu'est LaRouche

"Selon Lyndon" la principale source d'impotence, tant chez l'homme que la femme vient toujours de la mère", mais pire encore " la dégradation des mœurs venait du fait que les organes féminins étaient placés près de l'anus et que cela causait chez les femmes une confusion entre sexe et excréments"….

…"Peut-on imaginer quelqu'un de plus vicieusement sadique qu'une black ghetto mother"…

… Quant aux Chinois, LaRouche explique : " ils approchent des espèces animales les plus basses en manifestant une personnalité paranoïaque ".

… Selon LaRouche "seuls 1,5 million de juifs auraient péri dans les camps du nazisme. Et encore, en majorité à cause de la surcharge de travail, de maladie et de famine"..

" Smash the Kosher nostra ", "balayons la casher nostra" est un illustre jeu de mots de Lyndon. …

et je vous passe les déclarations sur l'homosexualité et le sida. la personnalité trouble de ce gourou politicien est décriée.

Tantôt accusé d'antisémitisme, tantôt accusé de racisme, grand adepte de la théorie du complot sous toutes ses formes, il n'en reste pas moins dangeureux.

Et puisque J.Cheminade se permet de représenter cet homme et ce mouvement en France, je le met dans le même panier.

Je n'ai pas encore eu le coup de téléphone du distributeur de journaux mais ne manquerai pas de vous tenir informé. Je ne veux pas jouer les don Quichotte, les Zorro ou les donneurs de leçons mais si je me suis retrouvé à lire ce journal c'est que je me suis fait avoir par cette accroche...

En conclusion, on pourrait dire que ce n'est pas parce que le discours est tentant que l'on ne traîne pas dans un des milieux les plus nauséabonds qu'il soit.

La force de ces gens est l'illusion, le mirage parfait d'un rêve de lendemains qui chantent.

Lyndon Larouche

Source: http://www.prevensectes.com/solidarite3.htm

Né en 1922, Lyndon Larouche a commencé son activité politique dès 1947 quand il rejoint le SWP (Socialist Wor- kers Party), principal groupe trotskiste aux Etats-Unis. En 1965, il quitte ce parti pour rejoindre un petit groupe trotskiste (American Commitee for the Fourth International). Tim Wohlforth voit le début du comportement sectaire de Lyndon Larouche en 19681. Il est alors très actif lors des grèves de Columbia University et fonde le National Caucus of Labor Committees (NCLC), affilié au Students for a Democratic Society (SDS).

En 1973, il radicalise son mouvement, après avoir coupé ses liens avec le SDS, et tenté de prendre le pou- voir sur la gauche, en allant jusqu'à l'utilisation de la violence physique, lors de l'opération Mop-Up2. En 1976, il se présente à l'élection présidentielle sous l'étiquette du U.S Labor Party et en 1984, il crée le Schiller Institute, avec l'aide de sa femme Helga-Zepp Larouche, une Allemande. En 1987, Lyndon Larouche est jugé devant la cour de justice de Boston, pour une escroquerie présumée. Procès annulé en raison de délais de procédure trop longs. Un deuxième procès, en Virginie, en 1989, pour escroquerie financière et fraude fiscale, l'a condamné à 15 ans de détention. Il est libéré 5 ans après. Depuis, il s'est présenté régulièrement à l'investiture démocrate pour les élections présidentielles américaines, en essayant de se faire reconnaître comme membre du Parti Démocrate.

En France, Jacques Cheminade, dirigeant de Solidarité et Progrès et représentant de Lyndon Larouche, s'est présenté aux élections présidentielles en 1995. N'ayant pas obtenu les 500 signatures nécessaires, il n'a pu renouveler l'expérience en 2002. II a été, par ailleurs, déjà condamné à plusieurs reprises ' : en 1992 il a été condamné à 15 mois de prison avec sursis pour escroquerie (en janvier 1996 la 13ème cham- bre de la cour d'appel de Paris a allégé cette peine), en octobre 2004 le tribunal correctionnel de Lyon l'a condamné à 15000 Euros d'amende pour diffamation publique. Ce jugement a été confirmé en février 2005 par la cour d'appel de Lyon (Jacques Cheminade aurait prévu de se pourvoir en cassation).

Particularités

Bien qu'on puisse trouver chez le militant de base d'un parti politique des caractéristiques d'engagement, d'enthousiasme très forts, certaines spécificités du mouvement de Lyndon Larouche permettent de le diffé- rencier d'un parti politique traditionnel :

  • Culte de la personnalité: Lyndon Larouche est pour ainsi dire le " Grand Homme ", dont les images et les écrits inondent les sites larouchistes.
  • Elitisme: les membres du mouvement sont les "Golden Souls" de Lyndon Larouche.
  • Diabolisation de l'extérieur: famille, amis, et tous ceux qui attaquent Lyndon Larouche.
  • Emprise sur l'individu: elle est très forte, le changement de personnalité d'un nouveau membre est très rapide. Sa famille ne le reconnaît plus et a du mal à communiquer avec lui.
  • Théorie du complot: fonds de commerce de Larouche, marqué par des attaques incessantes contre les grands banquiers britanniques, un certain nombre de personnalités juives, l'administration américaine, etc.
  • Mode de recrutement: prosélytisme basé sur la séduction (" Tu as toutes les capacités pour améliorer le monde ") et le sentiment de culpabilité des personnes approchées (" Si tu ne viens pas avec nous, cela veut dire que tu ne veux rien faire pour améliorer le monde ").
  • Occupations quotidiennes: tous les jours, le membre s'auto-persuade du bien-fondé et de la haute valeur des idées larouchistes, simplement en pratiquant sa démarche prosélyte. L'occupation intellectuelle est permanente, 12 à 15 heures/jour, même le week-end.
  • Mode de vie: les membres sont regroupés dans des appartements, d'où un contrôle plus facile.

A la lecture des ces éléments, l'aspect coercitif de ce mouvement est clair.

Utilisation de la culture par Larouche

Lyndon Larouche s'est toujours intéressé de près à la culture et aux sciences. Le Schiller Institute est le bras culturel du mouvement. "Fidelio", et "21st Century Science & Technology", sont des parutions larouchistes. De même que "Fusion" revue française vendue en kiosque au rayon scientifique.

L'année 2004 a vu la sortie de leur pamphlet "Children of Satan 1113", dans lequel Larouche s'en prend au Congrès pour la Liberté de la Culture.

Ce qui suit est une tentative pour mettre à jour l'utilisation par Lyndon Larouche de la culture comme instrument de propagande largement utilisé en interne.

Le culte de la personnalité

A lire les écrits de Lyndon Larouche, on ne peut nier la culture profonde de l'individu, même si son interpré- tation des faits historiques/scientifiques/culturels pourrait certainement faire l'objet de critiques d'experts. Tout est organisé autour de Lyn. Dans les articles écrits par ses collaborateurs, la référence est toujours Lyn, ce qu'il a dit, écrit ou fait.

Lyndon Larouche est un grand communicateur. En 2003, le Schiller Institute a organisé 8 conférences ou écoles de cadre aux Etats-Unis, et 6 en 2004. Il faudrait y ajouter celles données en Europe et ailleurs. Lyndon Larouche intervient longuement dans chacune de ces conférences. L'ego surdimensionné du per- sonnage éclate dans cet extrait de son article " Insanity as Geometry: Rumsfeld as Stangelove II" où il explique que la société actuelle a besoin d'un leader exceptionnel aussi bien politique que scientifique ou artistique et qu'il se voit obligé de jouer ce rôle.

Le site des jeunes larouchistes est un lieu privilégié de propagande. La page des "Classics" met en référence des auteurs, artistes, écrivains, scientifiques des siècles passés, avec un certain nombre de leurs écrits, à côté de Lyndon Larouche, le présentant ainsi comme un grand homme ayant sa place aux côtés de personnages illustres. Par ailleurs, sa biographie interne le présente comme un économiste de renommée internationale.

L'utilisation de la musique comme instrument de recrutement des jeunes larouchistes

Dans le mouvement des jeunes larouchistes, l'utilisation de la musique est permanente, par le biais de chorales. Le but de l'apprentissage de chants est leur utilisation ultérieure, dans la rue, afin d'attirer l'attention des passants. Ces chants sont aussi l'occasion de présentations lors de leurs nombreuses conférences.

Ces chorales sont aussi un moyen pour ancrer l'individu dans un groupe soudé autour d'un certain nombre de valeurs, en lui donnant le sentiment d'être important, de faire partie d'une élite. Faire en sorte que les jeunes larouchistes se sentent importants est un des moyens de séduction utilisé pour les attirer dans le mouvement.

Des choix culturels manichéens

Lyndon Larouche rejette un certain nombre de formes artistiques. Tout ce qui n'est pas "classique" est considéré comme de l'art dégénéré, ce qui rappelle un discours abondamment produit sous des régimes totalitaires. Un petit nombre de compositeurs trouvent grâce aux yeux de Lyndon Larouche, comme Beethoven, J.S. Bach, Mozart, Brahms, Verdi par exemple. Sont rejetés les compositeurs baroques, les contemporains, entre autres, les peintres impressionnistes ou fauvistes.

Beethoven tient une place particulière dans l'esprit de Lyndon Larouche. En effet, selon Dennis Tourish et Tim Wohlforth, il a utilisé, dans les années 70, la musique de ce compositeur pour "déprogrammer" un membre, Alice Weitzman, qu'il pensait être un agent de la CIA, en la maintenant captive et en lui faisant écouter la musique de ce compositeur à fort volumes.

Le pamphlet larouchiste "Children of Satan-11f" montre bien la virulence avec laquelle des peintres contemporains, des compositeurs ou des écrivains sont rejetés. Des mots très durs sortent de la plume ou de la bouche du "larouchiste" Jeffrey Steinberg quand il en parle ("bruit hideux" pour qualifier un extrait du "Sacre du Printemps " de Stravinsky).

Les jeunes membres voient leurs choix culturels se restreindre. Les " bons " choix culturels viennent d'en-haut.

Le rejet des artistes juifs

Le complot juif mondial étant le fonds de commerce de Lyndon Larouche, il n'est pas étonnant que les artistes juifs soient stigmatisés dans ses écrits. Quand on les examine, on réalise très vite que ses attaques envers les personnalités politiques ou artistiques visent la plupart du temps des personnalités juives (exemple, les néo-conservateurs américains Paul Wolfowitz, Richard Perle, ou H. Kissinger). De la même façon, les artistes juifs sont stigmatisés. "Le Congrès pour la Liberté de la Culture" comprenant un certain nombre d'artistes juifs10, on ne s'étonnera pas que cette institution ait été la cible des larouchistes.

Lyndon Larouche rejette même l'idée d'une culture juive. Comme il l'écrit en 1973, dans le dossier "The case of Ludwig Feuerbach", inclus dans la revue larouchiste "Campaigner" : il n'y a pas de culture juive autonome mais seulement une variété particulière de culture chrétienne.

Là encore, il s'agit d'un exemple parmi d'autres.

Stratégie sectaire

1. Larouche est présenté comme le grand penseur-philosophe-politiciens-économiste-musicologue du siècle, et il est mis en parallèle avec des personnalités incontestables, Martin Luther King, Théodore Roosevelt, etc.

2. Le " grand homme " annonce un cataclysme économique sans précédent, mais il a La solution.

3. Son infaillibilité est présentée ainsi aux jeunes membres: " Larouche ne s'est jamais trompé. "

4. Les sites larouchistes sont inondés des écrits du "grand homme" pour donner l'illusion d'une importance immense de l'individu. Le jeune larouchiste croit que toute cette communication est faite à destination de la planète entière, car c'est bien ce que mérite un "grand homme": la diffusion de ses idées. C'est d'ailleurs ce qu'on lui demande de faire tous les jours dans la rue.

5. Les jeunes larouchistes n'ont plus qu'un seul horizon: Larouche. Tout ce qui est externe est diabolisé, en particulier parents et amis, ainsi que toutes les idées artistiques, scientifiques, politiques qui n'auraient pas reçu l'estampille "Larouche".

Sahaja Yoga - Shri Mataji

«Ma femme méditait»

Source: Le Matin - 14 janvier 1996
[Texte intégral]

Michel B., 50 ans, comptable, Lausanne

«Tout a commencé en 1987. Plusieurs fois de suite, les week-ends, ma femme s'est absentée pour ne rentrer que tard le soir. A mes questions, elle répondait vaguement qu'elle était avec des amis, qu'ils avaient bu du thé et qu'elle n'avait, pas vu le temps passer. Puis elle s'enfermait dans le bureau de notre appartement, «pour méditer», disait-elle.

Un jour où elle avait oublié de fermer la porte, j'ai découvert des, photos d'un gourou, des vases, des bracelets. Ma femme était en train de chanter... Elle a alors admis avoir trouvé quelque chose qui lui plaisait. En fait, il s'agissait du mouvement Shri Matagi, connu en Suisse sous le nom de Shaaja Yoga.

Métamorphosée

A partir de ce moment, rien d'autre n'avait d'importance. «Débrouille-toi avec nos enfants !» m'a-t-elle dit. Elle emmenait les deux grands de 18 et 15 ans aux réunions et aux stages de la secte, mais elle laissait tranquilles les petits, âgés de 8 et 12 ans.

Nous nous sommes séparés et j'ai commencé à faire des recherches sur la secte. Les adeptes se réunissent souvent, ils versent beaucoup d'argent au mouvement qui leur demande de se détourner des conjoints et de leurs enfants pour ne s'intéresser qu'à lui.

Complètement métamorphosée ma femme a dit à sa sœur en la vouvoyant: «Entre vous et moi, il y a un mur.»

Aujourd'hui, je suis divorcé. Nos deux aînés ont été mariés en Inde par le gourou de la secte, quant aux plus jeunes ils sont sous la garde conjointe de mon ex-femme et de moi.

Je peux dire que j'ai passé huit ans au téléphone à chercher des renseignements sur la secte. Mon aaction, maintenant, consiste à empêcher le mouvement de faire des réunions une fois par année à Genève. Mais j'ai vraiment l'impression de me battre dans le vide.

Et je n'oublierai jamais le regard de mon ex-femme qui me transperçait la tête comme si elle avait voulu me tuer avec ses yeux.»


L'Ordre du temple solaire (OTS)

«On me disait que je n'avais pas besoin de famille»

Source: Le Matin - 14 janvier 1996
[Texte intégral]

«J'ai vécu l'enfer.» Nathalie, 44 ans, secrétaire, Genève

«Pendant plusieurs années, j'ai été membre de l'Ordre du temple solaire. A cette époque, on ne parlait pas de la mort ni de «départs» collectifs... C'est mon mari, membre de l'OTS, qui m'a entraînée dans cette histoire. Au début, j'étais extrêmement sceptique. Nous recevions de la documentation, les membres se réunissaient chez nous, ils discutaient, faisaient la fête, méditaient. Ils parlaient d'autres valeurs, de la nature et du bien-être. Pendant une année, j'ai côtoyé ces personnes que j'ai fini par trouver bien sympathiques. Puis j'ai accepté de participer à des chorales de la communauté... C'est ainsi que j'ai adhéré à l'OTS.»

En douceur

«Le lavage de cerveau se fait en douceur: au début tout le monde est charmant et les relations entre lesmembres sont merveilleuses. On m'écoutait et on me disait que je n'avais pas besoin de famille ni d'amis: la communauté devait être tout pour mot

Une fois que j'étais complètement prise dans ses filets, l'entreprise de démolition a commencé. Jo Di Mambro (responsable de l'OTS, mort en 1994) nous dressait les uns contre les autres et favorisait la délation. Finies l'amitié et les belles relations ! Il fallait casser les gens par peur qu'ils ne se parlent et, surtout, qu'ils ne s'expriment à l'extérieur. En une année, j'étais isolée de tous. Puis j'ai divorcé et on m'a envoyée de 1986 à fin 1989 dans une ferme au Canada. J'y ai vécu l'enfer... Je devenais folle, je n'avais pas d'amis, pas d'argent. Je demandais à partir: en vain. On punissait mon franc-parler par des tortures morales et ma mise à l'écart: J'ai donc joué la comédie. Mon objectif ? Récupérer mes deux enfants restés en Suisse avec mon ex-mari et sa nouvelle femme.»

«J'ai finalement été envoyée dans le Midi où j'ai rencontré un homme qui était membre de la secte depuis un an. Nous avons décidé ensemble de la quitter et nous en avons fait part aux responsables. Quel cauchemar ! Pendant huit mois, le temps de trouver un travail et un appartement, nous avons vécu avec la peur d'être tués. Les portes de la communauté étaient verrouillées chaque nuit pour qu'on ne puisse pas s'enfuir, on vivait dans une tension perpétuelle. Puis, un jour, ce fut la délivrance. Ebahis d'être dans notre nouvel appartement, nous nous sommes, mis à pleurer. Et c'est en prenant nos premières vacances que nous avons vraiment réalisé qu'une page était tournée.»


Les Témoins de Jéhovah

«Elle n'a pas le choix»

Source: Le Matin - 14 janvier 1996
[Texte intégral]
Un baptême chez les Témoins de Jéhovah. (Gamma)

Suzanne, 68. ans, retraitée, Sion

«Ma fille ne mentionne qu'occasionnellement, ses contacts avec les Témoins de Jéhovah. C'est, semble-t -il, une déception d'ordre affectif qui l'a incitée à s'en rapprocher. Son baptême, je l'ai appris par des tiers.

Lorsque nous parlons de son engagement, elle m'assure trouver l'équilibre auquel elle aspire depuis longtemps, ce qui est d'autant plus important qu'elle a une fille. Nous ne parlons jamais d'argent. Je sais que les adeptes en versent passablement et, surtout, qu'ils donnent leurs temps sans compter. Séances d'information, réunions, congrès, prédications, rédactions de textes, des heures et des heures consacrées au porte-à-porte... Les adeptes en feraient encore davantage, pourvu qu'ils figurent en bonne place parmi les élus !

Ma petite-fille n'a pa droit à la parole, elle doit tout accepter, elle n'a pas le choix. Ses réactions et ses réponses lui sont dictées. Par affection et par amour, je maintiens le contact avec ma fille. D'autant plus que, après la vie, nous ne nous retrouverons pas au même paradis: elle sera en haut et moi en dessous, puisque nous ne sommes pas du même bord...»

Un livre à lire, un témoignage à connaître

DANS L'ENFER DES
TEMOINS DE JEHOVAH

par Dany Bouchard

aux éditions du Rocher - 2001

1953. Les Témoins de Jehovah sonnent à la porte du domicile familial. La petite Dany a quatre ans et s'apprête à connaître près de quarante ans de réclusion. Interdiction de jouer comme les autres enfants, de fêter les anniversaires, d'écouter de la musique "païenne", de mener la vie d'une adolescente ordinaire. Le moindre écart entraîne des sanctions d'autant plus sévères que son père a des responsabilités au sein de la communauté et veut montrer l'exemple. Punitions violentes et mise en quarantaine répondent aux tentatives de Dany de vivre une vie plus libre.

Mariée, il lui faudra encore de nombreuses années avant de réussir à quitter les Témoins de Jéhovah. Et les brimades qu'elle a subies dans son enfance, elle va à son tour les imposer à ses enfants, incapable de rompre avec une communauté en dehors de laquelle elle a le sentiment de ne pas exister. Les barreaux de la prison que la secte construit petit à petit dans l'esprit de ses disciples sont les plus difficiles à franchir.

C'est au terme d'un long combat qu'elle réussira finalement à s'extraire de sa cage, et pas à pas à reconquérir ce qu'elle croyait à jamais perdu: liberté et joie de vivre.

Aujourd'hui, Dany ne veut plus se taire. Pour donner la force à d'autres de sortir de l'engrenage, et pour prévenir le plus grand nombre, elle a choisi de livrer son histoire. Au cours de son long combat contre la secte et contre elle-même, elle a rencontré des mains secourables et a su trouver la force de vivre autrement. C'est cette force qu'elle veut transmettre aujourd'hui.

 
Comment faire face lorsqu'un proche
a été happé par un groupe sectaire
 
Recommandations et remarques
de Gaston Goumaz, psychologue
  • Il faut parler et ne pas rester seul avec sa souffrance. Il est bon d'informer les autres de la situation car tout le monde peut être un jour directement concerné.
  • Plutôt que de juger, il faut s'intéresser à l'argumentation de l'adepte et essayer de le comprendre.
  • L'aide fournie par certaines associations ou certains spécialistes peut être précieuse.
  • La remise en cause personnelle est douloureuse. Mais elle permet aussi de changer. Ce passage peut être facilité par une thérapie de famille.