La croyance religieuse

CROIRE ou NE PAS CROIRE: that 's the question ! par Michel Thys

Commentaires d'internautes

«Approche psycho-neuro-physio-génético-éducative de la foi»
Conférence de Michel THYS le 24 février 2006
CROIRE ou NE PAS CROIRE: that 's the question !
Choisit-on vraiment ?
 
par Michel Thys, ancien président de la Libre pensée de Schaerbeek-Bruxelles,
membre d'une loge du Grand Orient de Belgique
 
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20 QUESTIONS à débattre, ad libitum (quitte à simplifier à outrance…):

1. Si l’on estime que la «vérité» n’est jamais que personnelle, partielle et provisoire, n’est-il pas légitime de pouvoir choisir effectivement, c’est-à-dire aussi librement que possible, ses conceptions philosophiques ou religieuses ?

2. Mais un libre choix n’implique-t-il pas de disposer de toutes les alternatives ?

3. Au-delà de l’approche traditionnelle (philosophique, voire théologique) du phénomène religieux, pourquoi ne pas tenir compte aussi, avant de choisir, des récentes découvertes psycho-neuro-physio-génético- éducatives à propos de la foi ? (DAMASIO, P.JEAN-BAPTISTE, M. BEAUREGARD, RAMACHANDRAN,…)

4. Bien qu’il soit impossible de démontrer l’existence ou l’inexistence de Dieu, y aurait-il actuellement des arguments probants en faveur de son existence imaginaire et illusoire, (ceci dit sans chercher à convaincre qui que ce soit) ?

5. L’éducation religieuse précoce est certes un droit constitutionnel, mais étant forcément affective puisque fondée sur la confiance et l’exemple des parents pratiquants et des éducateurs, ne laisserait-elle pas des traces ineffaçables dans le cerveau émotionnel de l’enfant (par plasticité neuronale et synaptique), et ne perturberait- elle pas, à des degrés divers, l'esprit critique de l’adulte, fût-il scientifique ou intellectuel, dès qu’il est question de religion ?

6. Dire: «Mes enfants choisiront plus tard…», n’est-ce pas méconnaître ou minimiser, évidemment de bonne foi, l’importance de cette influence affective ?

7. Toutes les religions et toute éducation religieuse (surtout l’éducation coranique, potentiellement à l'origine de dérives, même si elles sont minoritaires) ne sont-elles pas basées sur la soumission, (fût-elle, ailleurs, rationalisée a posteriori), plutôt que sur l’autonomie et sur la responsabilité individuelle ?

8. Face aux prodiges de la nature (par exemple le génome, les différents stades embryonnaires, le cerveau, l'oeil,…), et aux lacunes de nos connaissances actuelles, n’est-il pas quand même un peu rapide, simpliste et sécurisant de conclure qu’il existe nécessairement un dieu, dont on a la révélation et auquel on se soumet, ou un grand architecte de l’univers, euphémisme du précédent…?

9. Ne serait-ce pas parce qu’il est très difficile de prendre conscience de l’influence que l’évolution animale a exercée pendant des millions d’années sur le néocortex, devenu capable d’imaginer, par anthropomor- phisme et grâce au langage, un «Père protecteur, agrandi et substitutif» (R.P. Antoine VERGOTE professeur à l'U.C.L.), en réponse à la peur de l’inconnu, dont la mort, et aux besoins d’amour, d’espérance, d’identité et de sens à donner à l’existence ?

10. A contrario, les parents incroyants n’ont-ils pas constaté depuis toujours qu’en l’absence d’éducation religieuse et/ou d’un milieu culturel religieux, la foi n’apparaît pas ?

11. Pour qu’un libre choix ait les meilleures chances de se concrétiser, ne faudrait-il pas d’abord que les parents croyants, à l’instar des incroyants, n’ inspirent pas à leurs enfants de faux problèmes métaphy- siques et visent plutôt à développer davantage leur esprit critique à tous égards et une force intérieure suffisante ?

12. Bien que la religion soit une affaire privée, ne faudrait-il pas ensuite que les enseignants, croyants ou non, idéalement réunis en un seul réseau pluraliste, acceptent  honnêtement et sans prosélytisme, de faire découvrir aux enfants et aux adolescents, à leur rythme, toutes les options : croyance, déisme, agnosticisme, incroyance, athéisme, morale laïque, libre pensée, franc-maçonnerie, etc … ?

13. Enseigner (intellectuellement) «le fait religieux», ne serait-ce pas le moyen de compenser l’influence familiale unilatérale et de réduire ainsi les inégalités socioculturelles, voire de remettre en question ou de nuancer la légitimité d’un enseignement confessionnel élitiste, perçu de plus en plus comme un ghetto anachronique, au profit d’un enseignement officiel (belge) de meilleure qualité ?

14. Au lieu de laisser les sectes et autres évangéliques harponner de plus en plus de croyants déçus par les religions traditionnelles, et même certains incroyants, n’est-il pas urgent de rendre illégal l’abus de faiblesse et la manipulation mentale et de promouvoir la morale laïque, même si elle est rétive à tout prosélytisme ?

15. A présent en effet que les valeurs morales ne peuvent plus être imposées dogmatiquement, ne faudrait -il pas faire en sorte qu’elles soient concrètement et librement découvertes et acceptés par le plus grand nombre ?

16. N’est-il pas temps aussi de faire comprendre à tous ceux qui l’ignorent que - comme le prouve par l'absurde la délinquance juvénile - la conscience morale, le respect de l’autre et de sa différence, la tolé- rance, le sens des limites, l’autonomie, l’esprit critique, la responsabilité individuelle, etc…, ne peuvent apparaître qu'au prix d’une éducation «humanisante» précoce, fondée sur l’exemple et sur des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario ?

17. Enfin, n’est-il pas urgent de faire découvrir que l’on peut donner à l’existence  un sens non aliénant, moins individualiste, et comportant une spiritualité laïque aux multiples facettes, tant individuelles que collectives, visant à la fois l’épanouissement individuel, la solidarité et la recherche d’un consensus de valeurs communes, bien au-delà des conflits économico-politiques ?

18. La tolérance, dont il faut veiller à ce qu’elle ne tolère jamais l’intolérable, ne consiste-t-elle pas à respecter les individus (et ce, d’autant plus s’ils ont remis en question leurs conceptions, s’ils sont tolérants et respectent les valeurs humanistes telles que la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant), mais pas nécessairement leurs idées, toujours critiquables ?

19. Ne serait-ce pas une manière - soyons optimistes à long terme - d’inciter les humains, sous toutes les latitudes, à l’apprentissage des relations humaines, à la citoyenneté, à la coexistence pacifique entre les cultures, et de freiner l’actuelle islamisation de la modernité au profit de l’adaptation de l’islam à la modernité ?

20. Même si une telle optique est utopique, ne mérite-t-elle pas d’être débattue ?

Michel THYS, 1180 BRUXELLES, 25 octobre 2006

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Article mis en ligne le 1 janvier 2006 par le Centre Info-sectes du canton du Jura

Croire ou ne pas croire
commentaires


djwinch a écrit le 29/09/2009 à 10h33
Plusieurs fois je me suis demandé pourquoi les critères applicables
aux sectes ne sont pas appliqués à l'islam ?
L'islam actuel de par sa masse et son enseignement me semble révéler
bien plus d'aspects dangereux que les petites sectes exotiques.
Et ce n'est pas évoqué sur info-sectes. Pourquoi donc ?

Libertus a écrit le 18/02/2007 à 13h40
Bonjour à vous,

De formation scientifique, je pense que la notion de dieu est très subjective, elle n'est à mon avis qu'un instrument permettant aux humains de suivre un fil d'Ariane dans l'inconnu, bref, la croyance sert à rassurer les humains face à leurs peurs (la mort, la solitude etc). Certains l’ont bien compris et exploite ces faiblesses à des fins peu honorables, à l’instar de l’église au moyen-âge.

Personnellement, je pense pouvoir répondre de façon sans équivoque à la question "dieu existe-t-il?":

-Si dieu est l'Univers, la matière, le temps, l'énergie et l'ensemble des lois de la physique, connues ou à découvrir, alors dieu existe et il partout, tout le temps et aussi en chacun de nous-

Dieu n'est qu'une question de définition, celle du barbu dans les nuages nous observant ou de St-Pierre jugeant les défunts sont particulièrement réductrices pour ne pas dire absurdes.
Ce que je réfute, c'est l'instrumentalisation que les religions, sectes, organismes secrets et autres en fait pour obliger l'humain à croire en telle ou telle variante, se comporter de telle ou telle façon empêchant ainsi la vraie liberté de penser, bref, l'esprit critique illimité et la créativité intellectuelle.

Je pense que le destin de l'homme est l'accroissement infini de son potentiel, de sa maîtrise sur la matière et le savoir. Si l'humanité ne s'autodétruit pas d'ici là, son destin est de conquérir la galaxie et d'essaimer sa civilisation vers d'autres systèmes solaires grâce à sa technologie future.

En espérant n'avoir choqué personne, bien cordialement, Libertus

THYS Michel a écrit le 01/01/2007 à 21h07
Merci à Critico pour ses
commentaires. Je les commente à mon tour en trois points:
-les "réponses multiples et contradictoires" sont enrichissantes, du fait précisément de leurs différences.
-Si un fait ou un argument nouveau, vraiment probant, survenait en faveur de l'existence réelle et non subjective de l'existence de Dieu, je serais le premier à reconnaître que je me suis trompé. Mais, ancien croyant protestant jusqu'à 21 ans, je reste dans l'expectative depuis 46 ans ... Et pourtant je cherche ...
- Le but, quoi qu'il en soit, n'est pas de chercher à convaincre que l'on a raison ou tort, mais, me semble-t-il, de faire en sorte que chacun ait le plus de chances possibles de choisir en connaissance de cause les convctions qui répondent le mieux à ses attentes et à ses choix existentiels.

critico a écrit le 01/01/2007 à 19h27
Votre question centrale me paraît biaisée puisqu'elle concerne une palette très vaste d'individus, dont l'éducation,la culture,l'expérience,etc...( sans oublier l'âge et l'environnement socio-familial),vont donner des réponses multiples et certainement contradictoires .

Rationaliste et tolérant, je me permets de souligner que ma "libre pensée" peut à tout moment se transformer en croyance si des arguments pertinents me sont fournis .
En attendant, je ne crois en rien, .., sauf dans la Nature .

THYS Michel a écrit le 01/01/2007 à 19h06
Auteur de l'article, dois-je préciser que je m'exprime en mon nom personnel, et non en celui des membres du Grand Orient de Belgique, même s'ils ont en commun le respect des valeurs et des principes que je défends, chacun y apportant heureusement ses propres nuances.

Stopsectes a écrit le 01/01/2007 à 17h14
Le Centre Info-sectes vous remercie de participer à ce débat important car le fanatisme et l'intolérance ne cessent de montrer le bout de leur nez ...

«Approche psycho-neuro-physio-génético-éducative de la foi»

Résumé de la conférence de Michel THYS le 24 février 2006

Après avoir expliqué les motivations de sa conférence, le conférencier, s’appuyant sur les observations d'un psychologue religieux, constate qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas. Il observe d’ailleurs que tous les scientifiques et intellectuels qui, à des degrés divers, sont restés croyants ou déistes ont reçu une telle éducation. D’où l’hypothèse qu’elle laisserait des traces dans le cerveau «émotionnel» pouvant altérer l’esprit critique ultérieur en matière de religion, et qu’elle constituerait donc une malhonnêteté intellectuelle, fût-elle inconsciente, de la part des parents et éducateurs croyants.

Il est à noter d’ailleurs que les hallucinogènes, les phénomènes de mort imminente, la méditation, et les crises d’épilepsie siégeant dans cette partie du cerveau n’ont une connotation religieuse que s’il existe un passé religieux.

Le conférencier a dénoncé par ailleurs le manque d’objectivité scientifique de la plupart des neurophysiolo- gistes dont les expérimentations, tronquées en l’absence de sujets athées, visent à conforter leur propre croyance.

Il s’est aussi inquiété des recherches visant à manipuler les cerveaux à distance par de puissants champs magnétiques.

Il a enfin déploré l’attitude de certains journalistes scientifiques dont les articles constituent un plaidoyer démagogique en faveur de la foi et de son origine soi-disant exclusivement génétique.


«Approche psycho-neuro-physio-génético-éducative de la foi»

Conférence de Michel THYS

24 février 2006, dans un cercle de libres penseurs, 1180 Bruxelles

Aborder un sujet aussi vaste, sans trop dépasser la demie-heure, est à la fois téméraire et simplificateur. D'autant plus que je ne suis ni psychologue, ni médecin, ni généticien, ni enseignant, pas plus que biolo- giste, sociologue ou anthropologue, ni quoi que ce soit qui me donnerait la moindre compétence en la matière. D’ailleurs, si j’avais été l’un de ces spécialistes, je m’en serais sans doute abstenu. Je ne suis qu'un modeste observateur candide qui va tenter de résumer ce qu’il pense avoir compris et qui serait heureux de susciter commentaires, points de vue différents et critiques. Rares sont d’ailleurs les spécia- listes qui se hasardent à s’engager dans un domaine aussi complexe et aussi délicat, aux confins des sciences exactes et des sciences cognitives, et donc à la limite de l’objectif et du subjectif. De plus, les religions continuent à bénéficier d’un tabou, d’un préjugé de respectabilité. On invoque encore le blasphè- me ou le sacrilège. Parler des religions et a fortiori les critiquer est jugé intolérant.

La tolérance consiste pourtant à respecter les personnes, mais pas nécessairement leurs idées, toujours susceptibles d’être critiquées, sans heurter bien sûr ceux qui les soutiennent. Mais, au fil du temps, toutes les religions, bien qu’à des degrés divers, commencent à être perçues comme plus nocives que bénéfiques, à tous points de vue: individuel, collectif et historique. Ce qui n’enlève évidemment rien au droit de croire en Dieu, l’idéal étant que chacun ait la possibilité de choisir effectivement, aussi librement que possible, de croire ou de ne pas croire.

Et, à cet égard, il est heureux que l’éternel problème de savoir qui fut le premier, la poule ou l’œuf, commence à évoluer: la question n’est plus de savoir si c’est Dieu qui a créé le cerveau, ou si c’est le cerveau qui a créé Dieu, mais d’abord: pourquoi pense-t-on l’un plutôt que l’autre ?

Depuis plus de 40 ans, je cherche à comprendre pourquoi d’éminents scientifiques ou intellectuels, anciens ou contemporains, pourtant au courant d’alternatives non aliénantes, sont restés croyants ou déistes, en tous cas à des degrés divers. Alors que l’agnosticisme est l’attitude la plus cohérente pour un scientifique.

Serait-ce parce que l’intelligence et l’intellect sont parfois subjugués par l’affectif, dès qu’il est question de religion ?

Quoi qu’il en soit, il est pour le moins gênant, et cela peut paraître intolérant, de mettre en doute le libre arbitre de qui que ce soit, même si ce n’est que dans le domaine de la foi.

Rappelons-nous quand même que la liberté individuelle, sans être une illusion, comme le pensait Henri LABORIT, est grevée par de multiples facteurs, que l’on soit croyant ou incroyant.

En 1966, je suis donc allé rendre visite, à l’ULB, au professeur de psychologie Paul OSTERRIETH, qui était protestant et, tout de go, je lui ai demandé si l’éducation religieuse précoce, forcément affective puisque fondée sur l’exemple et la confiance envers les parents, ne laisserait pas des «traces» neuroniques dans le cerveau «affectif», et dans d’autres régions corticales, dont je me doutais qu’elles étaient concernées, traces qui pourraient alors perturber, à des degrés divers, le sens critique ultérieur, du moins dès qu’il est question de religion.

J’ai aussi écrit en 1969 au neurophysiologiste catholique Paul CHAUCHARD, ainsi qu’ au neuropsychiatre juif Henri BARUK pour leur poser les mêmes questions.

Leurs trois réponses furent sibyllines, mitigées et donc décevantes.

Mais j’ai heureusement approché depuis de nombreux scientifiques libres penseurs qui, eux, avaient le souci de la probité et en particulier de l’honnêteté intellectuelle et qui avaient entendu parler, entre autres, de Claude BERNARD et de Karl POPPER.

Bien que scientifiquement profane, je me permettrai donc, le cas échéant, de dénoncer notamment le manque parfois flagrant d’objectivité scientifique de certains neurophysiologistes croyants, surtout améri- cains et canadiens, et aussi de déplorer les distorsions que certains journalistes scientifiques font parfois subir à l’information.

Louis PASTEUR disait: «Quand j’entre dans mon laboratoire, je laisse mes convictions au vestiaire». C’était méritoire à l’époque pour le croyant qu’il était. De fait, il aurait dit aussi: «Un peu de science éloigne de Dieu; beaucoup en rapproche».

«Il ne faut pas s’imaginer, écrit l’anthropologue Victor STOCKOFSKI, que les scientifiques, même les plus éminents, échappent à l’irrationnel, une fois franchies les portes de leur laboratoire». Fin de citation.

Même Albert EINSTEIN, qui condamnait le dogmatisme et les religions, ne pouvait concevoir que le hasard fût à l’origine de l’univers («Dieu ne joue pas aux dés», disait-il) ou encore: «Le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de la recherche scientifique».

Je suis bien conscient que la foi, comme tout phénomène humain, est d’une telle complexité que toute tentative de la comprendre, ne fût-ce que très partiellement et aussi brièvement, est forcément réductrice et simplificatrice, pour ne pas dire symbolique.

A fortiori lorsqu’on aborde successivement ses différents aspects, alors qu’en fait, ils sont intiment liés et qu’ils agissent conjointement. Comme l’ont bien montré par ailleurs Edgar MORIN et Henri LABORIT, des disciplines jadis juxtaposées se décloisonnent enfin, se complémentent et s’enrichissent mutuellement.

Pour clore cette introduction, est-il besoin de préciser que je ne ferai ici qu’émettre des hypothèses de travail, et que je ne cherche évidemment pas à convaincre, ni à prouver quoi que ce soit, ce qui ne m'empêchera pas de vous soumettre quelques idées personnelles.

Abordons l’APPROCHE PSYCHOLOGIQUE de la foi

Le LAROUSSE définit la foi comme «le fait de croire en Dieu, en des vérités religieuses révélées». Le petit ROBERT ajoute: «en un dogme, par une adhésion profonde de l’esprit ET du cœur». C’est un bon point de départ, car toute la question sera de se demander dans quelle proportion.

Je n’évoquerai pas toutes les formes de croyances qui ont existé depuis la nuit des temps selon les cultures. Disons seulement que les premiers témoignages d’une forme de croyance sont fournis par les sépultures et les rites funéraires, l’art, les parures, etc… qui apparaissent vers 100.000 ans avant l’ère chrétienne. C’est sans doute en observant les grands cycles de la nature et en particulier la course du soleil et de la lune que les hommes ont bâti leurs mythes fondamentaux. Ainsi la grotte de Lascaux est-elle devenue une grotte sacrée parce que la lumière du soleil solsticial d’été y pénétrait chaque année.

Mais les premières divinités n’apparaissent que bien plus tard, vers moins 10.000, au Proche-Orient. Il fallait sans doute que le cerveau des primates hominidés se soit complexifié, qu’il ait compensé, par une lente adaptation, ou par une mutation, la faiblesse corporelle du corps humain et qu’il soit devenu capable, par ce mécanisme de défense, d’imaginer des dieux protecteurs anthropomorphiques pour tenter d’apaiser leur colère par des sacrifices ou de gagner leurs faveurs.

En simplifiant à outrance par un bond de plusieurs millénaires, disons que, de nos jours, l’animisme, le chamanisme, le polythéisme, le panthéisme sont devenus exceptionnels, au profit de la croyance en un dieu personnel, ce monothéisme devenant hélas la source de toutes les intolérances.

On estime qu’il y a 85 % de croyants dans le monde, dont 35 % de chrétiens, 20 % de musulmans, et seulement 1 % de juifs. Il n’y a donc que 15 % de sans religions, essentiellement dans les pays européens.

Sans minimiser, tant s’en faut, l’influence des philosophes, depuis les Grecs notamment, dans l'appréhen- sion des inquiétudes existentielles et dans l’évolution des mentalités, il m’apparaît quand même que les sciences cognitives, qui sont les filles de la philosophie, apportent un éclairage complémentaire et fonda- mental. Notamment les neurosciences.

Un sociologue attribuera sans doute la croyance généralisée hors de l’Europe au fait que les croyants pratiquants (les chrétiens, surtout américains, les juifs et les musulmans) baignent du matin au soir, et sans alternative, dans leur religion et ne mettent donc pas en doute, ne fût-ce qu’un instant, l’existence d'un dieu créateur et omnipotent auquel ils trouvent normal de se soumettre.

Par contre, dans les démocraties modernes, les religions ont perdu leur emprise sur la vie morale des individus et, l’individualisme aidant, on s’affranchit de plus en plus, le cas échéant, de son éducation religieuse.

Les lieux de culte se vident, chacun préférant, comme l’a bien montré la sociologue Danielle HERVIEU- LEGER, se concocter un amalgame de croyances pouvant inclure la superstition et l’astrologie, à moins de se faire harponner par les sectes, expertes en récupération, prosélytisme, abus de faiblesse, conditionnement,  manipulation mentale et escroquerie morale.

Mais comment répondre à mon éternelle question: pourquoi d’éminents scientifiques et intellectuels, tels qu'EINSTEN, TEILHARD DE CHARDIN, Alexis CARREL, Carl JUNG, Paul CLAUDEL, Albert JACQUARD, Françoise DOLTO, Christian de DUVE et quantité d’autres, sont-ils restés croyants ou déistes, même si ce fut avec d'importantes nuances, critiques ou rationalisations ?

En fait, leur biographie est révélatrice: je constate qu’ils ont TOUS reçu une éducation religieuse, ou alors subi des influences judéo-chrétiennes ultérieures, ou enfin, mais c’est théorique et rarissime, parce qu’ils auraient réagi a contrario à une éducation laïque trop exclusive. Quoi qu’il en soit, la corrélation me paraît flagrante.

Hélas, les facteurs éducatifs et culturels qui sont à mon avis à l’origine de la foi sont à peine envisagés par les chercheurs, et sont aussitôt occultés au profit de facteurs neurophysiologiques ou génétiques.

Vous devinez pourquoi: ils sont presque tous croyants ou déistes, surtout outre-atlantique, et ils ont donc eux-mêmes reçu une éducation religieuse… Citons une exception célèbre: Sigmund FREUD qui, lui, s’en est affranchi et pour qui la religion était une névrose obsessionnelle collective.

A mes yeux, la toute puissance de l’éducation religieuse a été notamment démontrée - paradoxalement – par l’ouvrage «Psychologie Religieuse» paru en 1966 du R. P. Antoine VERGOTE, professeur à l’Université Catholique de Louvain.

Il y explique les motivations psychologiques de la foi et l’influence du milieu familial et culturel. Il reconnaît, quasi explicitement, qu’en l’absence d’éducation religieuse, la foi n’apparaît pas, ce que tous les parents incroyants savent depuis toujours. Ainsi il écrit: «La disponibilité religieuse de l’enfant ne prend forme qu’à la condition d’être précocement éduquée.» (…) «Les gestes et le langage religieux des parents (..), la célébration des fêtes religieuses marquent de façon INDELEBILE les souvenirs d’enfance de nombreux adultes et déterminent leurs sentiments d’appartenance religieuse».

J’y reviendrai à propos de l’approche éducative.

Et bien entendu, le Révérend VERGOTE ne suggère pas que Dieu pourrait n’«exister», que par l’aptitude du cerveau humain, seul capable de langage et de créativité, à imaginer par anthropomorphisme ce dieu «Père protecteur, agrandi et substitutif , authentique, Présence Opérante du Tout-Autre» etc …

Merci quand même, Rév. Père, d’avoir accéléré l’évolution du croyant (protestant) que j’étais jusqu’à 21 ans vers l’athéisme, il y a 46 ans !

Passons à l’ APPROCHE NEUROLOGIQUE de la foi:

Pendant longtemps, pour des raisons religieuses, on a entretenu le dualisme de DESCARTES, la séparation entre le corps et l’esprit, estimant que les sentiments n’avaient rien à voir avec la biologie. Le neurologue Antonio DAMASIO, dans ses livres «L’erreur de Descartes» et «Spinoza avait raison» a eu le mérite de montrer que ce philosophe hollandais avait pressenti certaines découvertes de la neurophysiologie moderne.

1. / C’est dans les années 70 que l’étude du cerveau a connu son essor, avec notamment en 1977, le psychologue Julian JAYNES qui avança la théorie de l’ «esprit bicaméral». Il estimait qu’à l’origine, les deux hémisphères cérébraux fonctionnaient de concert, aucun des deux ne dominant l’autre, comme c’est le cas aujourd’hui pour l’hémisphère gauche.

2. /Par la suite, on a estimé que, statistiquement et avec des variations individuelles, l’hémisphère gauche, dit scientifique, est analytique, verbal et temporel, tandis que l’hémisphère droit, dit artistique, est synthé- tique, émotionnel, non verbal et spatial, et cela sous l’influence directe des hormones (testostérone, oestrogènes, etc …), dès les premières semaines de la vie intra-utérine.

3. /Il est peut-être utile de rappeler brièvement la théorie du triple cerveau du neurologue Paul Mac LEAN. On peut même dire que ce n’est plus une théorie mais un fait. Tout comme est un fait la théorie de l'évo- lution d’ailleurs. Je vais bien sûr simplifier à l’extrême.

Le cerveau humain est constitué de trois fonctions évolutives bien différentes anatomiquement et psychologiquement: le cerveau reptilien, le cerveau mammalien ou limbique et le cerveau humain ou néo-cortex.

Le cerveau reptilien, le plus ancien dans l’évolution et le plus profond, est le siège des fonctions vitales et des comportements stéréotypés, comme la fuite. Il est le lieu de la routine, des rituels, des cérémonies,…

Le cerveau mammalien ou limbique s’y est superposé et est le siège des émotions, mais aussi, selon Mac LEAN, des certitudes quant aux révélations et aux croyances. La foi, à la base de toutes les idéologies, se situe à ce niveau. Il est relié à l’hypothalamus, au tronc cérébral et aux cortex. Il permet l’adaptation au milieu social par l’empathie, l’intégration à un groupe, les convictions et croyances, l’amour… Mais il est imperméable à toute logique.

Enfin est apparu le cerveau humain ou néocortex, dont dépend l’esprit rationnel, etc… Le néocortex est conscient de ses automatismes et de ses pulsions et il peut les gérer par sa fonction imaginaire. Il représente la conscience, la capacité symbolique, et le langage, base de la pensée abstraite.

4./Depuis quelques années, des neurologues, surtout américains et canadiens, explorent les soubassements neurobiologiques de ce qu’ils ont appelé les «expériences religieuses, spirituelles et mystiques».

Bien des découvertes ont été faites lors et à la suite de traumatismes crâniens, d’opérations ou de maladies mais actuellement, on utilise notamment trois techniques:

  • l’ IRM, imagerie par résonance magnétique, où on polarise par un électroaimant les atomes d’hydrogène du cerveau,
  • l’IRM fonctionnelle, qui mesure l’augmentation d’oxygène dans le cerveau lorsque les neurones deviennent très actifs.
  • et la tomographie par une caméra à émission de positons qui détecte l’accroissement de radioactivité autour des neurones lorsque la vasodilatation provoque une augmentation du débit sanguin. Des religieuses ont servi de cobayes.

Il est clair que la plupart de ces chercheurs, espéraient, consciemment ou inconsciemment, conforter leur propre croyance, par la découverte de l’antenne, du récepteur que Dieu aurait placé dans leur cerveau, sans se rendre compte de leur a priori déterministe et finaliste, ni qu’ils escamotaient allègrement tout ce qui n’allait pas dans le sens de leur thèse !

Où ont-ils cherché ce récepteur ?

Puisque le sentiment religieux relève de l’affectivité, (même si tous les scientifiques croyants voudraient bien l’attribuer tout autant à l’intelligence, fierté oblige), c’est essentiellement du côté du «cerveau émo- tionnel», donc du système limbique, à la base du cerveau antérieur et sous les lobes temporaux, qu’ils ont commencé à chercher cette antenne dans les années 80.  

Ce système limbique comprend les amygdales, les hippocampes, mais aussi plusieurs régions corticales, comme le cortex préfrontal, le cingulum, le septum et certaines zones de l’hypothalamus.

L’HIPPOCAMPE est important, de notre point de vue, car il reçoit notamment les messages sensoriels (visuels, auditifs, olfactifs, gustatifs et tactiles).

Ce n’est évidemment pas un hasard si, depuis toujours dans les lieux de culte, nos cinq sens sont solli- cités: immensité des cathédrales, décorum, dorures, œuvres d’art; grandes orgues (ou chants rythmés); encens; vin de messe ou hostie; attouchement sur le front ou génuflexion. No comment…

Ce qui va suivre me paraît fondamental parce que cela pourrait expliquer le mécanisme neurologique de l'apparition de la foi et de sa persistance: c’est que l’hippocampe va mémoriser ces messages sensoriels. Mais nous verrons que des neurotransmetteurs interviennent également.

Le neurophysiologiste français Patrick JEAN-BAPTISTE, auteur de «La Biologie de Dieu» nous explique que «suivant la fréquence des informations, l’activité électrique de ces neurones change de façon durable. C'est, dit-il, la seule trace physique connue laissée par le processus d’apprentissage. Contrairement à d'autres, ajoute-t-il, ce complexe fonctionnel qu’est l’hippocampe est totalement dépourvu du moindre mécanisme modulateur. Aucun neurone inhibiteur, ce qui explique pourquoi les crises d’épilepsie y débu- tent si souvent.».

Or les hippocampes sont anatomiquement en contact direct avec les AMYGDALES (pas celles de la gorge, bien entendu). Celles-ci sont très richement connectées au cortex frontal et au cortex préfrontal: elles sont en quelque sorte l’articulation de l’esprit avec le corps, telle que l’envisageaient les philosophes, même si cet esprit, pour les neurologues matérialistes, n’est qu’un état particulier de la matière.

Autre découverte importante: chez l’enfant, les circuits de l’amygdale deviennent matures AVANT les circuits de l’hippocampe.

La mémoire émotive implicite , notamment religieuse, pourrait alors s’implanter sans qu’aucun souvenir explicite lui soit associé.

Avec le temps, écrit le neurophysiologiste JEAN-BAPTISTE, «l’information finira d’ailleurs par s’imprimer à l'intérieur du cortex cérébral, probablement sous forme de nouvelles connexions neuronales». C’est ce qu'on appelle la plasticité synaptique.

Voilà qui expliquerait peut-être la persistance du sentiment religieux et la phrase d’Henri LABORIT: «Je suis effrayé, dit-il, par les automatismes qu’il est possible de créer, à son insu, dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’en détacher, s’il y parvient jamais. (…) Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et finalement, c’est une illusion, la liberté».

5. /Deux sortes d’altérations cérébrales ont été étudiées comme pouvant être à l’origine de certaines manifestations religieuses:

l’EPILEPSIE et l’ EXPERIENCE DE MORT IMMINENTE.

Lorsqu’une crise d’ EPILEPSIE se produit à la base du cerveau, en particulier dans le lobe temporal et les structures sous-jacentes comme le système limbique, les symptômes sont d’ordre émotionnels: une extase intense, ou un profond désespoir, ou des terreurs extrêmes, la sensation d’une présence divine et de communiquer directement avec Dieu.

Suprême récompense divine si l’on peut dire: il arrive que des femmes aient des orgasmes pendant ces crises. Espérons que c’est vrai aussi pour ces malheureuses religieuses !

Ceci dit, on ignore pourquoi les hommes qui ont des crises d’épilepsie localisées à ces endroits ne sont pas sujets à des orgasmes. Peut-être parce que les femmes sont psycho-physiologiquement beaucoup plus compliquées que les hommes.

Mais l’épilepsie ne rend pas religieux: il faut que préexiste une attente d’ordre religieux, comme ce fut le cas pour Saint Paul, Moïse, Mahomet, Bouddha, Dostoïevski, Jeanne d’Arc, Bernadette Soubirous, et consorts. SAVER et RABIN l’avaient bien compris en 1997: «Le teinte religieuse d’une crise dépend du contexte culturel du malade.»

Et savez-vous pourquoi les femmes sont globalement plus croyantes que les hommes ? C’est parce que leur cerveau présenterait plusieurs différences: surtout dans le système limbique, à l’intérieur des amygdales, peut-être en raison de l’imprégnation hormonale durant la vie fœtale. Chez les femmes, le corps calleux qui réunit les deux hémisphères, y est plus épais de 18 % (il y passe plus de fibres nerveuses que chez les hommes).

D’où peut-être notamment une plus grande affectivité, un besoin constant d’être rassurées, et donc aussi par Dieu…

Je viens de recevoir, avant sa publication par la Fondation protestante canadienne TEMPLETON qui l’a financée (100.000 dollars en deux ans sur les 40 millions qu’ils distribuent par an !), les conclusions de l'étude menée sur des religieuses carmélites par le neurophysiologiste canadien Mario BEAUREGARD, avec qui je suis en correspondance. Il a utilisé trois techniques: l’imagerie par résonance magnétique, la tomographie par émission de positons, et l’électroencéphalographie.

Après la précaution oratoire pro forma selon laquelle «la réalité objective de Dieu ne peut être ni confirmée ni infirmée par les neurosciences», il cite d’abord la conclusion de SAVER et RABIN qui écrivaient: «L’un des postulats de base des neurosciences spirituelles est qu’ il existe des mécanismes neurobiologiques rendant possibles les expériences religieuses, spirituelles et mystiques», et que «la démonstration de ces mécanismes peut renforcer la foi en Dieu, dans la mesure où ils suggèrent qu’un pouvoir supérieur a donné aux êtres humains la capacité de communiquer avec le monde spirituel».

On y subodore ce que pensent ces chercheurs intellectuellement matérialistes mais qui restent manifes- tement influencés par leur foi…

Mario BEAUREGARD, également croyant, regrette l’idéologie matérialiste de certains chercheurs, tels que feu Francis CRICK. C’est le co-découvreur de la structure en double hélice de l’ADN, et un des seuls athées que j’aie trouvé.

Pour CRICK, les facultés mentales supérieures, la conscience, le libre arbitre sont générés par des proces- sus cérébraux de nature électrique et chimique.

Francis CRICK «est allé jusqu’à affirmer, écrit Mario BEAUREGARD, que la croyance en l’existence de Dieu pourrait être due à des molécules mutantes dans le cerveau, qu’il a moqueusement baptisées «théoto- xines».

On perçoit bien la désapprobation. Et ça continue: « Dans la même veine, dit-il, le neuropsychologue Michael PERSINGER affirme haut et fort que la croyance religieuse est un virus cognitif.

«Pour Persinger, poursuit Beauregard, les expériences religieuses, spirituelles et mystiques sont des hallu- cinations résultant de fluctuations électriques anormales, ou micro-crises, dans le lobe temporal. Cette hypothèse s’appuie sur l’observation que certains individus souffrant d’épilepsie du lobe temporal ressen- tent une déréalisation, une aura extatique ainsi qu’une altération de la perception du temps et de l’espace.»

Mario BEAUREGARD mentionne aussi une expérience du neurologue croyant RAMACHANDRAN, l’auteur du «Fantôme Intérieur», qui a comparé un groupe d’ individus soufrant d’épilepsie du lobe temporal à un groupe d’individus religieux et qui a conclu qu’ «il existe un module cérébral de Dieu localisé dans le lobe temporal et sous-tendant la croyance au religieux et au spirituel». BEAUREGARD le conteste, mais pas, comme je l’aurais apprécié, en invoquant que l’échantillon étudié aurait dû comporter des athées.

Il est vrai que c’est une espèce rarissime outre-atlantique…

SAVER et RABIN, en 1997, contestaient déjà ce genre de localisations simplistes. Ils écrivaient en effet: «Il n’existe aucune structure propre au discours religieux dans l’hémisphère gauche, à sa teneur prosodique ou émotionnelle dans l’hémisphère droit, ou aux discussions scolastiques ou talmudiques dans le lobe frontal» . Et ils ajoutaient: «Le substrat neural de la prépondérance d’une pensée ou d’un affect est donc l'ensemble du cerveau.

Et de fait, mais c’est moi qui vais tenter de résumer: ce sont les interconnexions entre les deux hémis- phères, et celles entre le cortex et les zones sous-jacentes du cerveau affectif, c’est-à-dire le système limbique dont l’hypothalamus qui commande le système hormonal etc, ce sont ces interconnexions qui sont responsables de l’équilibre fonctionnel du cerveau. Son fonctionnement, dont on ne cesse pas de découvrir la complexité, est en effet la résultante d’influences multiples: psychologiques, neuro-physiologiques, hormonales, génétiques, éducatives, etc…, et qui sont en équilibre instable.

Passons à l’APPROCHE NEURO-PHYSIOLOGIQUE de la foi:

Toute expérience religieuse procure un sentiment de satisfaction, qui va de la béatitude au plaisir mitigé fait de peur et de fascination. Sans plaisir, pas de religion.

La DOPAMINE est un des principaux neurotransmetteurs du cerveau, ainsi que notamment la sérotonine, l'ocytocine, l’histamine et la noradrénaline qui sont produites dans le cerveau moyen ou mésencéphale et dont le rôle est de modifier l’activité générale du cerveau antérieur, cortex et régions profondes.

La dopamine nous intéresse car c’est le neurotransmetteur de la récompense, du contentement, du plaisir. C’est pourquoi les promesses sont si souvent crues, même celle du paradis.

Les pratiquants du yoga tantrique l’avaient compris: la sanctification de l’acte sexuel pour atteindre une plénitude de l’énergie vitale, supposent bien sûr une activation mésolimbique. Mais là, je sors du sujet.

Revenons-y: il paraît qu’un peu de sucre suffit à augmenter la sécrétion de dopamine.

L’usage débridé des couleurs dans les églises et temples bouddhiques résulteraient de cette tendance naturelle de chaque être humain à apprécier le sucre ou la couleur d’un fruit…

Il en va de même pour les formes géométriques utilisées comme symboles religieux (et maçonniques).

La consonance en musique en est un autre exemple: 4 % des auditeurs d’un morceau de musique ressen- tent un transport extatique: rappelez-vous la conversion de Paul CLAUDEL, ancien croyant, en entendant le Magnificat.

Je voudrais à présent dire quelques mots à propos de la méditation, des états mystiques, du nirvana, des transes chamaniques, des rituels et de l’expérience de la mort imminente.

D’AQUILI et NEWBERG ont étudié l’action de la MEDITATION sur le cerveau. La déconnexion des aires cérébrales se fait soit en fixant un objet brillant (c’est une sorte d’auto-hypnose), soit en ne pensant à rien. La méditation est un exercice de pensée et ce sont d’abord les régions du cortex qui travaillent, mais le fonctionnement cérébral se modifie jusqu’à l’hypothalamus et le tronc cérébral, siège des fonctions végétatives, en passant évidemment par la case limbique, le siège des émotions.

L’état de transcendance ne serait alors qu’un effet collatéral de la méditation, un épiphénomène, en somme.

Ce qui pour moi est révélateur, c’est que la méditation n’est pas nécessairement associée à la religion: pour qu’elle le soit, il faut s’attendre à un Au-delà, donc avoir baigné dans un milieu culturel religieux, mais cela, aucun neurophysiologiste croyant ou déiste ne le reconnaît…

Dans les ETATS MYSTIQUES, les valeurs contraires comme le bien et le mal, la justice et l’injustice, sont abolies. Toutes les choses tendent vers une unité indifférenciée et panthéiste: Dieu est en chacun de nous et tout l’univers est Dieu. Et, on s’en doute, un athée ne deviendra jamais mystique, sauf peut-être par opportunisme, à l’approche de la mort, conformément au pari de PASCAL.

Le NIRVANA des bouddhistes, lui, est atteint lorsque la méditation entraîne la déconnexion, on dit aussi la dé-afférentation, des deux systèmes nerveux végétatifs para et orthosympathiques.

La perte d’orientation due à la déconnexion des lobes pariétaux droits et gauches donne un sensation d'espace infini, d’une dissolution totale de la séparation entre le monde et soi, une impression de vide et de grand calme.

La TRANSE CHAMANIQUE des indiens de Haute Amazonie est un état de conscience qui résulterait d’une modification du taux de sérotonine dans le cerveau. Ils fabriquent une décoction contenant plusieurs alcaloïdes, qui provoque non pas des hallucinations mais qui exacerbe un sentiment divin, évidemment préexistant.

Quant au RITUEL, action répétitive stéréotypée, c’est le comportement anti-stress le plus fréquent. Tout rituel apporte un certain apaisement, qui diminue le stress, l’angoisse et le taux de glucocorticoïdes.

La religion regorge de rites à la limite de la compulsion, depuis les conduites superstitieuses jusqu’aux prières et signes de croix.

On a même montré que la fréquence des TOC était supérieure à la normale chez les catholiques pratiquants. Ils vivraient même plus vieux.

Afin de déterminer si les expériences religieuses vécues par des religieuses sont le fruit de processus imaginaires ou hallucinatoires, ou bien s’ils ont une réalité objective, Mario BEAUREGARD a étudié le phénomène de l’ EXPERIENCE DE MORT IMMINENTE.

Cette expérience survient lorsque la personne sait ou entend qu’elle va mourir. Elle s’accompagne d'halluci- nations visuelles et auditives, mais parfois aussi de visions affreuses de l’enfer. Le sujet a limpression de se détacher de son corps, il a un sentiment d’intemporalité, d’harmonie et d’unité avec l’univers, et de voir un point lumineux au bout d’un tunnel etc ..

BEAUREGARD semble convaincu par certains cas vécus que «les expériences religieuses, spirituelles et mystiques peuvent survenir même lorsque le cerveau ne fonctionne plus» et donc lorsque l’EEG est plat. Si tel est bien le cas, écrit-il, alors nous pouvons affirmer que chez des individus neurologiquement et psychologiquement sains, ces expériences sont corrélées à des modifications neurologiques et neurochi- miques, mais qu’elles ne sont PAS le produit de processus hallucinatoires générés par le cerveau.

Il ne l’écrit évidemment pas, mais cela semble sous-entendre pour lui la réalité objective de Dieu.

Patrick JEAN-BAPTISTE au contraire, estime que les expériences de mort imminente, tout comme l'épilepsie, dépendent du contexte culturel, ce qui suggère une fois encore l’importance de l’éducation religieuse et du contexte culturel, mais lui non plus ne le précise pas.

Quelles sont les implications morales de la neurophysiologie ?

Toute science, d’abord fondamentale, finit par dépasser le stade de la compréhension des phénomènes pour passer à celui de l’application. Il était donc prévisible que des neurophysiologistes croyants, prosé- lytes et néopositivistes, cherchent à faire en sorte que la science se substitue à la religion, ou au moins la conforte, par des moyens techniques.

Non plus par telle ou telle substance psychotrope, le LSD par exemple, mais par une intervention extérieure sur le cerveau, et cela depuis que PENFIELD leur en a donné l’idée en appliquant des électrodes sur le cortex lors d’interventions chirurgicales.

Plutôt que des gaz ou des sons appropriés, on utilise la «stimulation magnétique transcrânienne» : elle se base sur le fait que le tissu nerveux est, chez l’homme comme chez les oiseaux migrateurs par exemple, sensible au magnétisme.

C’est à première vue surprenant puisque les tissus biologiques ne sont pas métalliques et qu’un champ magnétique ne devrait pas y induire un courant électrique. Mais on a découvert en 1992 que chaque gramme de cerveau humain contient 5 millions de cristaux de magnétite, un oxyde de fer magnétisé, et qu'il y en aurait jusqu’à 100 millions par gramme dans les méninges. Les perturbations magnétiques modifie- raient donc la réactivité de la membrane du neurone, un peu comme le champ magnétique induit par un cours d’eau souterrain active sans doute les neurones du cortex moteur d’un sourcier, (lequel n’est pas nécessairement un charlatan), ce qui provoque une légère contraction de ses muscles, amplifiée par sa baguette.

Le premier stimulateur magnétique transcrânien a été réalisé par le Canadien Michael PERSINGER qui a mis au point son casque OCTOPUS, parce que constitué de 8 électroaimants placés perpendiculairement au-dessus des huit lobes cérébraux.

Cela me fait penser à Edgar P. JACOBS, dans la Marque Jaune, lorsque le professeur Septimus, avec son télé-encéphalographe, téléguidait Olrik vers Blake et Mortimer. Inquiétante anticipation de ce qui pourrait un jour devenir une réalité.

Selon Michael PERSINGER, le contrôle à distance de chaque cerveau humain serait réalisable dans un proche avenir, lorsqu’on aura mis au point de puissants émetteurs.

Certains neurophysiologistes cherchent déjà à agir à plus grande distance que PERSINGER sur les cerveaux. D’abord à des fins militaires et commerciales évidemment, mais aussi pour renforcer la foi par telle fréquen- ce, ou même, tant qu’à faire, pour rendre un athée croyant, par telle autre fréquence !

A ce sujet, un article de Mario BEAUREGARD m’a fait bondir: «Une fois que nous aurons découvert les diverses corrélations neurobiologiques de l’union mystique, et, par conséquent, de la transformation spirituelle, on peut imaginer que, dans un avenir proche, nous aurons assez de connaissances pour pouvoir favoriser la transformation spirituelle des individus, en combinant la métacognition et la stimu- lation interne et externe du cerveau».

Je lui ai écrit pour m’indigner d’un tel manque de respect de l’éthique. Il m’a évidemment répondu que telle n’était pas son intention…

Quant à Patrick JEAN-BAPTISTE, il est très difficile de découvrir ce qu’il pense vraiment: ce neurophysio- logiste de formation, actuellement journaliste à «Sciences et Avenir» exprime-t-il une opinion générale ou bien la sienne lorsqu’il pousse l’agnosticisme scientifique jusqu’au scepticisme radical: il estime par exemple que l’évolution ne serait pas un fait sous prétexte qu’on n’a pas pu en vérifier la théorie. Et pour cause ! «Comme cette théorie va à l’encontre de nos attentes immédiates, elle est contre-intuitive et ne peut donc qu’être fausse», écrit-il. !

Et voici sa conclusion: «Les observations des neuro-physiologistes peuvent apparaître comme un plaidoyer positiviste, une inquisition anti-divine ou même un évangile de l’athéisme définitif». Notez qu’il n’a rien compris à l’athéisme, qu’il juge froid et inhumain. Il poursuit: «Montrer que les voix entendues par les prophètes ne sont qu’hallucinations auditives, résultats d’une activité anormale dans le lobe temporal gauche, que le Nirvana n’est qu’une conséquence de la déafférentation d’une région du lobe pariétal droit, ou que Dieu n’est qu’une illusion affective de l’intellect – un trompe-l’œil de la pensée humaine – sont autant d’arguments en faveur d’un monde profané au sens où toute sacralité rejoindrait les limbes du cerveau, comme un aberration neuropsychologique».

Cependant, «il n’en est rien», dit-il: «Les neurophysiologistes gardent tous plus ou moins conscience du sacré et de la nécessité pour l’être humain de ne pas complètement se couper de ses croyances en un Au-delà plutôt bénéfique, en tout cas ancestral». J’en conclus que Patrick JEAN-BAPTISTE est au moins déiste.

Et enfin, mieux vaut en rire, voici ce que pense le neuropsychiatre Rhawn JOSEPH, croyant néo-gnostique, de tendance raélienne (voir secte de Raël) qui pense que nous avons été créés par des généticiens extraterrestres: il prétend même le prouver parce qu’à ses yeux, tenez-vous bien, les géoglyphes dans les champs mésopotamiens ont la forme de deux serpents qui s’enroulent (le caducée des médecins), et forment un symbole qui ressemble à la double hélice de l’ADN !!!

Tordant, n’est-ce pas ?: c’est le cas de le dire !

Venons-en à l’APPROCHE GENETIQUE de la foi:

Steven PINKER, dans son livre «The Blank Slate», (La table rase) écrit: «La neurologie moderne nous apprend que la conduite sociale, les conceptions philosophiques et religieuses, la préférence sexuelle, le sentiment d’honnêteté, même le choix d’un style de musique, sont définis par les circonvolutions nerveuses et la répartition de la matière grise dans les différents domaines du cortex». Je suis désolé, mais il semble ignorer le rôle du système limbique, celui des neurotransmetteurs etc …

Steve PINKER démontre de façon «irréfutable que la construction héréditaire est primordiale dans le fonc- tionnement de l’esprit humain». Désolé, mais en sciences, surtout humaines, rien n’est jamais démontré de façon irréfutable. Il continue: «On a ainsi déjà identifié le gène qui fait qu’un être possède ou non le senti- ment religieux». Ou encore: «Comme être humain, nous possédons une logique qui sépare le bien du mal».

Désolé, mais pour moi, ce n’est pas une logique, c’est la conscience morale. Et elle n’est pas inscrite dans nos gènes ! A mes yeux, loin d’apparaître spontanément, la conscience morale, le sens des valeurs, le respect de l’autre, etc… ne s’acquièrent que par une éducation «humanisante», fondée essentiellement sur l’exemple, sur des expériences affectives, vécues par empathie, parfois a contrario, sur l’autonomie, l’esprit critique et sur la responsabilité individuelle.

Pourquoi diable faut-il donc toujours que tout soit noir ou blanc ?

Ce n’est pas parce que science et religion sont contradictoires que deux thèses différentes sont nécessai- rement inconciliables: elles peuvent être complémentaires: l’inné et l’acquis coexistent, me semble-t-il, même si les proportions sont variables !

Certains journalistes scientifiques ne sont pas en reste. Vous avez peut-être lu le magazine SCIENCE ET VIE d’août 2005, intitulé «Pourquoi Dieu ne disparaîtra jamais». C’est un plaidoyer inacceptable, j’allais dire démagogique, en faveur de la croyance. Les sous-titres sont révélateurs: «Notre cerveau est programmé pour croire. Une molécule de la foi aurait été identifiée. La foi, remède miracle contre l’anxiété. L'irrésis- tible ascension de Dieu depuis les origines. La peur de la mort existera toujours. Dieu ne peut donc pas disparaître» ! Et, bien sûr, «le sentiment religieux aurait aussi une base génétique». J’apprécie quand même le conditionnel.

Le comble, c’est Dean HAMER, celui qui pensait avoir trouvé en 1993 un soi-disant gène de l’homosexualité, et qui a prétendu ensuite avoir trouvé le gène de Dieu, le gène VM AT2, mais il a dû reconnaître qu’il y en a sans doute bien d’autres… On se croirait revenu à l’époque de la découverte des diastases (on dit à présent enzymes), lorsqu’on aurait bien expliqué le fonctionnement d’une horloge en inventant une «horlo-gease» !

Personnellement, il me semble probable que, par complexifications successives, et/ou par mutation, la psychophysiologie de notre cerveau se soit adaptée génétiquement au cours de l'évolution, de manière à mettre en place un mécanisme de défense hédoniste, imaginaire et illusoire, dénommé notamment Dieu.

A mes yeux, notre cerveau hérite seulement de potentialités, de virtualités, certes inégales, et qui seront plus ou moins actualisées, par l’éducation, l’esprit critique et les expériences personnelles, face au milieu ambiant.

Reste donc à aborder l’approche EDUCATIVE de la foi :

J’ai émis l’hypothèse que l’éducation religieuse précoce pourrait laisser des traces neuroniques non seule- ment dans le système limbique mais aussi dans les lobes temporaux et frontaux. Se pourrait-il dès lors que ces traces d’éducation religieuses puissent hypothéquer, plus qu’on ne le pense bien qu’à des degrés divers, l’acquisition ultérieure de l’esprit critique, de la liberté de pensée, et du libre choix ultérieur des convictions ?

Aucune étude n’a encore été réalisée à ce sujet mais, en toute logique, et toutes religions confondues, si l'hypothèse d’une «imprégnation affective» s’avérait fondée, l’éducation religieuse, du moins à mes yeux, pourrait constituer dans le chef des parents et des éducateurs religieux, bien que sincères et de toute bonne foi jusqu’à preuve du contraire, une malhonnêteté intellectuelle et morale inconsciente… Ne leur en déplaise.

On pourrait m’objecter que, très légitimement, croyants comme incroyants, nous influençons tous nos enfants. Sans doute, mais, à mon avis, chez les parents croyants, c’est de manière plus affective et plus profonde, puisqu’ils s’engagent en témoignant physiquement de leur foi et de leurs certitudes.

Les parents incroyants, eux, témoignent de leurs doutes.

Les deux styles d’éducation ne sont pas comparables: il n’est pas du tout équivalent d’affirmer l’existence d’une «puissance supérieure» qui a toutes les chances d’être rapidement perçue comme imaginaire et illusoire, ou de s’en abstenir.

La justification habituelle: «Ils choisiront plus tard» me paraît dès lors une solution de facilité pour le moins contestable.

Au contraire, l’optique éducative laïque qui consiste à ne pas susciter ni à amplifier de faux problèmes métaphysiques, mais à répondre au fur et à mesure aux interrogations des enfants, permet de développer leur esprit critique à tous points de vues et de faire apparaître chez eux une force intérieure leur permet- tant de supporter sereinement les incertitudes par une confiance raisonnable en la science.

Alors, l’inconnu (ce qui n’est pas encore compris actuellement), n’est plus attribué à un dieu, et la foi n'apparaît pas. Les adultes qu’ils deviendront pourront effectivement et librement décider s’ils restent laïques ou si une forme de croyance, découverte consciemment, répond mieux à leurs attentes.

Je rêve notamment d’un débat télévisé qui tenterait de faire découvrir aux parents croyants leur respon- sabilité morale… D’autant plus que ce sont les mêmes parents, dont 10% seulement fréquentent encore les églises, qui mettent leurs enfants dans l’enseignement «libre», estimant sans doute que le niveau socio- culturel y est supérieur à celui de l’enseignement officiel, non élitiste lui, puisqu’ouvert à tous.

Je rêve aussi de voir le jour où nos deux réseaux d’enseignements fusionneront en un réseau unique, mixte et pluraliste, et où il n’y aurait même plus de cours de religion, ceux-ci se donnant dans les lieux de culte. La religion est en effet une affaire privée dont la place est dans les lieux de culte et pas dans les espace publics.

Par contre, ce qui devrait être instauré pour tous, c’est un «cours» entre guillemets d’humanisme englo- bant en priorité TOUS les aspects des relations humaines et de la vie en commun, à tous points de vue ?

En bref, apprendre à penser, à être libre, ouvert aux autres et au monde.

Michel THYS
23 février 2006.
 

Bibliographie

Références bibliographiques de Michel Thys

Mes hypothèses explicatives quant à l’origine psychologique et éducative de la foi, ainsi que sa fréquente persistance neuronale sont le résultat de nombreuses lectures. Notamment:

Antoine VERGOTE, chanoine: «Psychologie religieuse», du, Ed. Dessart 1966. (ancien professeur à l'Université catholique de Louvain.1966)

Vassilis SAROGLOU (son successeur) & HUTSEBAUT D: «Religion et développement humain» - 2001.

Patrick JEAN-BAPTISTE: «La biologie de dieu» - Agnès Viénot 2003.

Jean-Didier VINCENT: «Voyage extraordinaire au centre du cerveau» - Odile Jacob 2007.

V.S. RAMACHANDRAN: «Le fantôme intérieur» - Odile Jacob 2002.

Jean-Pierre CHANGEUX: «L’homme neuronal» - 1993, «L’homme de vérité» - 1994

Pascal BOYER: «Et l’homme créa les dieux».

Antonio DAMASIO: «L’erreur de Descartes» 2001 et «Spinoza avait raison».

Henri LABORIT: «Une vie» 1996 «Derniers entretiens»

Mario BEAUREGARD: «Du cerveau à Dieu» «The spiritual brain»

Michaël PERSINGER: «On the possibility of directly accessing every human brain by electromagnetic induction of fundamental algorythms».- 1995.

Paul d. Mac LEAN: «Les trois cerveaux de l’homme» - 1990.

Joseph LEDOUX: «Emotion, mémoire et cerveau» - 1994.

John SAVER & John RABIN: «The neural substrates of religion experience» - 1997.

Francis CRICK: «Une vie à découvrir»

Via internet: «Le cerveau à tous les niveaux»

Etc…

Michel Thys

Source:http://michel.thys.over-blog.org/